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Mandela : Un long chemin vers la liberté

Mandela : Un long chemin vers la liberté

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Film de Justin Chadwick (Etats-Unis - 2013 - 2h19) avec Idris Elba et Naomie Harris...


 

Film proposé en VF ou VOST selon les séances


 

Mandela affiche uneNé et élevé à la campagne, dans la famille royale des Thembus, Nelson Mandela gagne Johannesburg où il va ouvrir le premier cabinet d’avocats noirs et devenir un des leaders de l’ANC.
Son arrestation le sépare de Winnie, l’amour de sa vie qui le soutiendra pendant ses longues années de captivité et deviendra à son tour une des figures actives de l’ANC.
À travers la clandestinité, la lutte armée, la prison, sa vie se confond plus que jamais avec son combat pour la liberté, lui conférant peu à peu une dimension mythique, faisant de lui l’homme clef pour sortir son pays, l’Afrique du Sud, de l’impasse où l’ont enfermé quarante ans d’apartheid. Il sera le premier Président de la République d’Afrique du Sud élu démocratiquement.

 

 

Critique "La Croix"




La nouvelle de la mort de Nelson Mandela le 5 décembre a bouleversé le monde entier. De partout ont surgi hommages et louanges, comme rarement homme en a suscité. Récit épique et intime, le film de Justin Chadwick retrace ce parcours d’exception à partir de son livre Un long chemin vers la liberté.

Nelson Mandela rédigea clandestinement cette autobiographie à la prison de Robben Island où il passa près de vingt ans, avant d’être transféré à Pollsmoor, dans la banlieue du Cap. Le texte est exfiltré du centre pénitentiaire en 1976. Il ne paraîtra qu’en 1995, alors que Madiba (du nom de son clan) est devenu le premier président élu démocratiquement de l’Afrique du Sud.

Le projet d’une adaptation cinématographique est né avant même sa publication. Issu d’une lignée d’immigrants indiens (donc « citoyen de couleur » selon la nomenclature du régime), le producteur Anant Singh a commencé sa carrière en diffusant à l’étranger des films contre l’apartheid.

Dès la sortie de prison de Mandela en 1990, il le rencontre et ils deviennent amis. Invité par Mandela à lire le manuscrit de Un long chemin vers la liberté, Anant Singh envisage aussitôt de le transposer au cinéma et obtient l’exclusivité des droits d’adaptation. Il choisit William Nicholson pour écrire le scénario, mais condenser ces 80 années d’une vie hors du commun exigera 16 ans de travail et 34 versions…

Au terme de cette patiente élaboration, le film échappe aux écueils de l’hagiographie compassée, de l’hommage pontifiant, du portrait asphyxié par un désir d’exhaustivité. Mandela détestait qu’on le décrive comme un saint.

Le long métrage raconte l’homme derrière le héros, ses défauts, les sacrifices qu’a impliqués son engagement, sans perdre de vue son destin singulier dans un contexte politique terrible. À Johannesburg, en 1942, Nelson Mandela est l’un des tout premiers avocats noirs.

Mais s’il peut obtenir un non-lieu en faveur d’une domestique noire manifestement accusée à tort de vol, il échoue quand il dénonce un passage à tabac par la police d’un Noir dont la mort est attribuée à une syphilis congénitale… Beau et charismatique, il enchaîne les conquêtes amoureuses, se marie, rejoint l’ANC au détriment de sa vie de couple et de famille.

Impossible de tracer l’histoire de Nelson Mandela sans esquisser celle de Winnie, sa seconde épouse. Ces militants se connaissent de réputation avant même de s’être rencontrés : il est l’un des principaux leaders de l’ANC, elle est la première travailleuse sociale noire.

Impossible également de faire l’impasse sur la question, centrale, de la violence comme moyen d’action politique. Le massacre de Sharpeville le 21 mars 1960, dans lequel près d’une centaine d’hommes, de femmes et d’enfants sont tués par balles dans leur fuite, sonne le glas du militantisme pacifique. « Nous n’acceptons pas l’autorité d’un État qui mène la guerre contre son peuple, déclare Mandela, qui brûle ses papiers d’identité comme ses camarades de l’ANC. Je passe à la clandestinité. Le mouvement a toujours été non-violent. Il ne l’est plus. »

Si Winnie, pasionaria radicale restée seule pour élever leurs deux filles, humiliée et arrêtée à plusieurs reprises, tient ferme au moyen de la haine, Mandela révise ses positions pendant ses longues années de détention. C’est par ce retour à la non-violence et la permanence de cette ligne qu’il s’impose parmi les plus grands hommes de ce monde, avec Gandhi et Martin Luther King.

Qui mieux que lui pourra appeler à la paix quand la vengeance après des années d’oppression paraît à portée de main ? « J’ai passé vingt-sept ans de ma vie en prison. Je leur ai pardonné. Si je peux le faire, vous le pouvez aussi. Nous ne pouvons pas gagner une guerre, mais nous pouvons gagner une élection », explique-t-il à la télévision quand les violences déchirent le pays.

Sans se soucier d’être son sosie, l’acteur Idris Elba, élégant et digne, incarne merveilleusement, par son charisme paisible, la profondeur et la bienveillance de Nelson Mandela, de sa jeunesse à son accession à la présidence.

Son jeu sobre s’accorde parfaitement à un récit plein de souffle ponctué de scènes bouleversantes, autant que l’a été l’existence de cet homme d’exception. Cette magnifique épopée porte haut son message : « L’Afrique du Sud n’est pas un pays voué à être une terre de haine. Les hommes apprennent à haïr. On doit aussi leur enseigner l’amour. »

 


 

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Je fais le mort

Je fais le mort

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Film de Jean-Paul Salomé (France - 2013 - 1h45) avec François Damiens, Géraldine Nakache, Lucien Jean-baptiste et Anne Le Ny...


 

je fais le mort affiche uneA 40 ans, Jean, comédien, est dans le creux de la vague...
Il court le cachet sans succès. Au Pôle Emploi Spectacle, sa conseillère lui propose un job un peu particulier : prendre la place du mort pour permettre à la justice de reconstituer les scènes de crime.
Son obsession du détail bluffe les enquêteurs et va permettre à Jean de revenir sur le devant de la scène dans une affaire délicate à Megève, hors saison, suite à une série de meurtres...

 


 

Critique "aVoir-aLire.com"




Je fais le mort part d’une idée de scénario toute simple, mais pourtant très originale. Jean, ancienne vedette de cinéma, aujourd’hui devenu un comédien raté qui peine à enchaîner les contrats, accepte la drôle de proposition que lui offre son conseiller Pôle emploi : jouer la victime, et donc le cadavre, lors des reconstitutions de crimes sordides organisées par la police. Très rapidement, son appétit d’investigation va s’avérer être un atout précieux pour la police, qui piétine dans son enquête.Jean-Paul Salomé, qui renoue ici avec la comédie, l’affirme lui-même sans détour : en réalisant Je fais le mort, le réalisateur souhaitait mettre en avant un métier totalement inconnu du grand public, et étonnement très peu porté sur les écrans, alors que celui-ci possède toutes les spécificités nécessaires à en faire l’habit d’un personnage de cinéma. Transposé dans le contexte d’un crime ayant eu lieu à la montagne en été, le film s’oriente alors autant vers le polar que la comédie puisque, de manière fort habile, l’univers dans lequel il évolue est en parfaite conformité avec les classiques rouages du film à rebondissements – multiples personnages, lieu reculé, ambiance inquiétante, crimes mystérieux. Le principal dilemme pour Salomé fut alors de trouver ce précieux équilibre entre les deux registres dans lequel évolue son long-métrage – dont le scénario est, par ailleurs, inédit.


Pour trouver cet équilibre, Jean-Paul Salomé effectue un choix judicieux : celui du casting. En choisissant François Damiens, devenu depuis peu l’une des étoiles montantes de la comédie hexagonale, pour incarner le rôle principal, le cinéaste offre à son film les moyens de faire évoluer son intrigue sans négliger sa matière principale, à savoir la comédie. L’acteur belge, habité par la dérision et le cynisme, parvient en effet à insuffler à de multiples scènes une ambition comique qui pourtant ne leur était pas forcément destinée. Il faut dire qu’armé de ses mimiques volontairement chancelantes, Francois Damiens désamorce autant qu’il alimente les portées dramatico-comiques de nombreuses séquences. Las, on ne peut pas en dire autant sur Géraldine Nakache qui, par des expressions terriblement figées, ne paraît que très peu convaincante dans son rôle de jeune juge d’instruction.



Parallèlement à son intrigue principale, Je fais le mort développe une intrigue sentimentale assez terne, mais qui réussit néanmoins à agrémenter le récit d’un certain rythme. Si les traditionnelles balourdises du genre – principalement la naissance d’une histoire d’amour incongrue entre deux êtres que tout sépare – sont évidemment de la partie, celles-ci viennent tout-de-même saupoudrer le récit d’une dose pas forcément désagréable d’ironie – l’acteur raté qui charme la charmante juge débutante. Car force est de constater que l’usage des artifices comiques simplistes sur lesquels se repose le film – les séquences absurdes s’enchaînent – fonctionne à merveille, notamment grâce à des répliques savoureuses et, évidemment, à un comique de situation qui constitue l’essence-même du long-métrage. Ne vous fiez donc ni à son casting peu risqué, ni au nom de son réalisateur qui ne laisse généralement pas de très bons souvenirs dans la mémoire des cinéphiles que nous sommes : Je fais le mort est une belle surprise, une agréable comédie de fin d’année qui parviendra sans difficulté à distraire et faire rire le plus grand nombre.


 

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Le manoir magique

Le manoir magique

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Film d'animation de Ben Stassen (Belgique - 2013 - 1h30)


 

manoir magique uneTonnerre, un jeune chat, a été abandonné par sa famille. Seul et perdu il trouve refuge dans un mystérieux manoir appartenant à Lorenz, un magicien retraité. Très vite, Tonnerre se sent comme chez lui dans cette maison enchantée, remplie de petits personnages aussi étranges qu'amusants.... Mais lorsque son hôte, Lorenz est envoyé à l'hôpital, son neveu essaie par tous les moyens de vendre la maison sans que son oncle ne s'en aperçoive. C'est alors que Tonnerre a une idée des plus surprenantes : transformer leur manoir en maison hantée ! La résistance s'organise avec l'aide de ses petits compagnons.

 

 

Critique "aVoir-aLire.com"


Comme film de Noël, les enfants ne pouvaient pas rêver mieux. « Le Manoir magique », qui sort aujourd’hui sur plus de 400 copies, accumule des ingrédients qui en font le spectacle idéal pour un 25 décembre : un héros animalier attachant, une histoire pleine de suspense, des gags à gogo, un univers de fête foraine d’antan truffé d’automates et de jouets délirants et, cerise sur le gâteau, une 3D qui, pour une fois, n’a rien d’un simple gadget mais donne une dimension enchanteresse à ce formidable dessin animé.

Le film suit le destin de Tonnerre, adorable chaton rouquin abandonné qui trouve refuge dans une grande bâtisse étrange, habitée par un vieux prestidigitateur entouré d’automates qu’il a construits, d’un lapin et d’une souris. Quand il ne raconte pas de belles histoires de son passé, le vieillard fait, avec ses compagnons animaux et mécaniques, la tournée des hôpitaux pour distraire les enfants malades à coups de tours de magie.

Une 3D jaillissante


Mais le bel équilibre de la maisonnée est menacé par le neveu du magicien, arrogant agent immobilier qui souhaite virer le vieil homme, vendre le manoir et expédier aux ordures les antiques automates de son oncle. C’est là qu’intervient le chaton : d’abord rejeté par les autres animaux du manoir, il va mener la fronde contre le méchant héritier, ralliant à sa cause les folles machines de son nouveau maître et les enfants malades des hôpitaux voisins…

Si le film est si réussi, c’est non seulement grâce à ce scénario très original, mais aussi parce qu’il décline un univers étrange et loufoque peuplé de personnages épatants : le chat Tonnerre, trop mignon, et ces robots bricolés à base d’ampoules lumineuses, de distributeurs de bonbons vintage, d’antiques phonographes ou de boîtes aux lettres rouillées.

Un univers de fête foraine bringuebalante sublimé par la 3D : le film est coréalisé par Ben Stassen, l’homme qui a signé en 2007 le tout premier long-métrage d’animation jamais produit en 3D, « Fly me to the Moon ». Et il a fait des progrès : pour « le Manoir magique », il a conçu une 3D « jaillissante », où les voitures, les oiseaux ou les céréales semblent sortir de l’écran pour sauter à la figure du spectateur. Un vrai cadeau de Noël…

 

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Le Hobbit : La désolation de Smaug (2D)

Le Hobbit : La désolation de Smaug (2D)

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Film de Peter Jackson (Etats-Unis - 2013 - 2h41) avec Martin Freeman, Ian Mckellen, Orlando Bloom, Cate Blanchett, Benedict Cumberbatch...


 

 

Hobbit 2 affiche epee uneLe Hobbit : La désolation de Smaug raconte la suite des aventures de Bilbon Sacquet, parti reconquérir le Mont Solitaire et le Royaume perdu des Nains d'Erebor, en compagnie du magicien Gandalf le Gris et des 13 nains, dont le chef n'est autre que Thorin Écu-de-Chêne.
Après avoir survécu à un périple inattendu, la petite bande s'enfonce vers l'Est, où elle croise Beorn, le Changeur de Peau, et une nuée d'araignées géantes au cœur de la Forêt Noire qui réserve bien des dangers. Alors qu'ils ont failli être capturés par les redoutables Elfes Sylvestres, les Nains arrivent à Esgaroth, puis au Mont Solitaire, où ils doivent affronter le danger le plus terrible – autrement dit, la créature la plus terrifiante de tous les temps qui mettra à l'épreuve le courage de nos héros, mais aussi leur amitié et le sens même de leur voyage : le Dragon Smaug.

 

 

Critique "aVoir-aLire.com"


Il y a plusieurs clans : les bergmaniens et les frigides esthétiques, qui ne voient en Peter Jackson qu’un maître-confiseur, et ressortent des salles les yeux ballonnés ; les comptables clairvoyants ou les indépendantistes aux lèvres humides, qui lui taillent une réputation d’escroc à la rente facile ; les nolaniens convaincus ou les handicapés de l’imaginaire, qui rêvent d’un hobbit sous xanax dans les rues de Gotham-Guldur ; les réformateurs militants, qui exigent, en piaillant devant Hunger Games, qu’on boucle Tolkien au musée ; les paranoïaques antifa, qui voient des svastikas à tous ses coins de chapitres ; vos grands-parents, qui vous mettent la main devant la bouche quand vous l’ouvrez pour dire « hobbit » ; tous ceux qui ont de bonnes raisons de ne pas aimer JRR ou Saint-Peter, mais pourraient faire l’effort de rentrer dans nos cases, et enfin nous, des enfultes persuadés que des émissaires de Jackson viennent sonder chaque nuit nos imageries intérieures pour faire de son hexalogie l’adaptation de Tolkien la plus classe – et le plus exacte – possible.



Pourtant, dieu sait que la Team Jackson ne donne pas dans le fondamentalisme. Pour se débarrasser des gentillesses nécessaires du premier volet, donner de l’ampleur à leur trilogie et noircir un tableau qu’ils voulaient plus grand que celui du premier livre saint, Philippa Boyens, Fran Walsh et big Pete accélèrent les cadences ici (la traversée de la forêt noire de Mirkwood réduite à l’essentiel), injectent des frissons là (le long apprivoisement de Beorn l’ours-garou transformé en course-poursuite), multiplient les orques comme des fournées de pain noir, et placent généralement l’ensemble de ce deuxième volet sous le signe de la nuit gangréneuse (cf, entres autres choses, les prophéties anxieuses de Gandalf ou sa visite de Dol Guldur, les fréquentes irruptions de Sauron - le mantra du mal - l’ambivalence de Thorin, ou la lumière lunaire qui remplace celle du soleil à rayon nommé pour dévoiler la serrure d’Erebor). Non, on ne baigne évidemment pas dans un sous-texte pétrifiant de subtilité, mais ce n’est pas l’objet ici, puisque le boulot est fait, et bien fait : d’une extrémité à l’autre de ce second volet, Peter et ses ouailles tendent une passerelle entre les deux trilogies, sur- impriment leur œuvre sur celle du maitre sans jamais trahir son esprit, maintiennent les cohérences parallèles des deux récits, offrent à leurs adeptes un fan-service plutôt légitime, et soufflent dans les bronches de la Désolation de Smaug des envies de fresque tranche-cynisme.



Seulement, une fresque, ça ne se pond pas les ailes croisées, et pour Jackson, le meilleur moyen de passer du point A au point E (comme émerveillement, ce gros mot qu’on ne prononce plus) reste encore une bonne traversée de son bac à sable CGI. Parce que l’animal est généreux, la séquence de la fuite en tonneaux, chorégraphiée au poil de nain près, relève du miracle et plane d’emblée un ton au-dessus des autres. Découpage assassin, fluidité rare, exploitation surdouée de l’espace, points de vue subjectifs, travellings à raz de torrent ou à fleur d’orque, bastons exponentielles mais abouties, sens du détail quasi-déviant : PJ et ses équipes se la jouent grands princes, donnent beaucoup, et on prend ce que l’on peut. Un principe qui vaut d’ailleurs pour les autres séquences d’action, dont la colère de Smaug et l’attaque de Laketown façon Assaut par des orques chasseurs de prime ne sont pas les exemples les moins probants. Tabassés de bonheur plastique, on irradie, mais il faudra revoir tout ça, et si possible en HFR (High Frame Rate), pour en saisir tous les mérites.



Cette Désolation de Smaug n’est pourtant pas qu’artillerie totale et spectacle lourd. Au-delà des belles lumières froides de Laketown –venise hivernale- et du travail de fond, dans tous les sens du terme, qui fait littéralement pousser des citadelles ou des bois maudits dans vos lunettes 3D, PJ adosse à l’intelligence méticuleuse de ses temps-forts la contre-danse souvent pertinente - mais pas toujours reconnue - de ses temps supposés faibles, et fait briller sur les séquences les plus anodines, comme celle qui voit l’égarement psychique des visiteurs de la forêt noire se déclarer en un seul plan, l’évidente clarté d’une mise en scène qui fonctionne en toute circonstance, que l’on remarque ou non ses rouages. Oui, c’est de l’anti-esbroufe, et oui, on parle toujours de Peter Jackson, un homme qui continue, breloque après breloque, trilogie après trilogie, de servir à genoux une certaine idée du divertissement prestige, et le monde d’un autre, sur lequel il laissera pourtant l’empreinte immortelle de sa grosse patte kiwi. Rendez-vous l’année prochaine Peter, parce qu’on a faim, et Smaug aussi, mais pas de la même chose.

 

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Angélique

Angélique

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Film de Ariel Zeitoun (France - 2013 - 1h53) avec Nora Arnezeder et Gérard Lanvin...


 

 

angelique affiche allocine uneLe destin incroyable d’Angélique : une jeune fille aussi belle qu’insoumise, qui trouvera dans son amour pour Joffrey de Peyrac la force de combattre l’injustice et la soumission dans un siècle en proie aux luttes de pouvoir, aux inégalités et à l’oppression…

 

 

Entretien avec Ariel Zeitoun (CommeauCinema.com)



Presque soixante ans après le film de Bernard Borderie, pourquoi avoir souhaité adapter à nouveau Angélique, marquise des anges, le roman d’Anne et Serge Golon ?

C’est un désir qui m’est arrivé par vagues. Je me suis toujours senti proche de La Cour des Miracles qui est un peu le théâtre de mon adolescence. J’ai travaillé la nuit, entre mes 15 et 20 ans dans le « ventre de Paris », dans le quartier des Halles, (où l’une des Cours des Miracles les plus importantes y avait prospéré). Les gens qu’on y rencontrait, l’ambiance qui y régnait m’ont beaucoup marqué et cette proximité que j’ai eu très jeune avec ce milieu m’a forcément mis en sympathie avec celui décrit par Anne Golon et son mari. Mais il y a évidemment d’autres raisons qui m’ont poussé vers cette aventure. Faire un film est une chose à la fois légère et profonde, et les raisons qui nous amènent vers tel ou tel sujet sont toujours nichées au fond de nous mêmes. Chacun de nous est le fruit d’une « histoire ». La mienne (celle de mes parents qui m’a inspiré Le Nombril du monde) a le même point de départ que l’histoire d’Angélique : comme elle, ma mère a été achetée et mariée contre son gré à mon père. Et, comme elle, elle a commencé par refuser cette union. Non, ma rencontre avec Angélique n’est vraiment pas le fruit du hasard.

Comment Anne Golon a-t-elle réagi lorsque vous lui avez fait part de votre désir ?

J’ai d’abord dû battre des montagnes pour la retrouver. Au début des années 2000, Anne, qui était depuis des années en conflit avec Hachette pour essayer de récupérer les droits de ses livres, vivait quasiment cachée et dans la hantise des procès. J’ai fini par la retrouver en Suisse. Anne s’est d’abord montrée très méfiante: elle doutait de la sincérité de mes intentions - Il m’a fallu du temps pour la convaincre.

Justement, pourquoi vouloir en offrir une autre lecture ?

D’abord, je ne peux vous cacher que mon « moteur » principal a été le plaisir ludique de faire un film spectaculaire en costumes, sur une période historique que j’adore, avec action, sentiments, duels, poisons et trahisons. Le plaisir aussi de retrouver les parfums d’enfance, du Capitan à Cartouche, et de m’adonner à cette merveilleuse alchimie de l’Histoire et du romanesque. Mais aussi tout simplement parce que j’ai un questionnement différent de celui des précédents films auxquels j’applaudis par ailleurs. Le point de départ est la raison pour laquelle Angélique se refuse à Peyrac : une femme n’a évidemment pas besoin de raison pour refuser un homme qu’elle n’a pas choisi et auquel elle a même été vendue, même si les mariages de raison, ou d’affaires, étaient traditionnels dans la Noblesse. Angélique est censée refuser Peyrac à cause de sa disgrâce physique, sur laquelle Anne Golon insiste dans son livre : Il y a, écrit-elle, quelque chose d’insoutenable à le regarder. Mais je ne pouvais y croire en voyant Hossein. Il était jeune, beau, il boitait à peine et n’avait, pour seule infirmité, qu’une cicatrice qui ressemble au début à un ectoplasme et qui s’efface d’ailleurs au fur et à mesure du film.

La vision que vous proposez est en effet beaucoup plus nuancée.

Dans mon adaptation, si Angélique refuse le mariage, c’est tout d’abord parce qu’elle a un autre dessein : elle veut retrouver son frère, disparu des années plus tôt. Et la disgrâce physique de Peyrac qui est bien réelle dans mon film, n’arrange évidemment pas les choses. Avec Gérard Lanvin, nous avons joué le jeu. Ses cicatrices ne s’effacent pas, elles marquent sa peau. Il les porte depuis l’enfance à la suite des incidents qui l’ont rendu également boiteux. Mais ce n’est qu’un élément et certainement pas la seule raison du refus d’Angélique.

Oui, en fait, non seulement vous prêtez un projet de vie à Angélique mais vous faites de Peyrac un homme réellement marqué et beaucoup plus âgé que chez Anne Golon.

C’est une liberté que j’ai prise : il me semblait impossible qu’un homme ayant fait plusieurs fois le tour du monde, mené autant de combats et inventé tant de choses puisse être aussi jeune. Il m’a fallu du temps pour comprendre que pour moi, Peyrac, c’est Ulysse, revenant à Ithaque, encore une lecture d’enfance ! Ainsi, avec Gérard, un autre élément venait nourrir l’attitude d’Angélique : celui de la différence d’âge. Et grâce à cela, j’ai commencé à croire au refus obstiné d’Angélique... Mais je n’ai pas fait ce film en réaction. Je l’ai fait pour le plaisir dont je parlais précédemment et aussi parce qu’il me permettait de parler de la différence, celle d’un homme comme Peyrac comparé à ceux qui n’ont jamais souffert. Il me permettait aussi de parler de l’amour, de la naissance de l’amour. Comment la séduction, l’intelligence, peuvent transformer le regard que l’on pose sur l’autre.

Le film développe une dimension profondément humaniste et reprend à son compte certains aspects du livre passés relativement inaperçus à leur sortie.

Oui. Angélique parle des forces du bien et du mal, de la condition féminine, des femmes d’hier et d’aujourd’hui vendues, achetées légalement, de l’éphémère illusion du pouvoir, des destins qui se brisent, des naissances et des renaissances, de la (pré) détermination des êtres, de l’incroyable capacité d’adaptation de l’être humain aux situations les plus inattendues, de la gloire et de la misère, des peuples souterrains, de ceux qui n’ont plus rien et qui rêvent demain de changer le monde. C’est une magnifique histoire d’espoir et d’amour, le voyage rêvé entre le romanesque et la vie, une traversée entre désespoir et rage de vivre, semblable à celle de tant de gens d’hier à aujourd’hui. Angélique et Peyrac, c’est la science face à l’ignorance, c’est l’opposition des pouvoirs, celui qui est inné et celui qui est acquis, Angélique et Peyrac, c’est une force de vie insubmersible, intelligente et belle, dès lors qu’on y porte le bon et juste regard.

Avez-vous consulté Anne Golon pour le scénario ?

Sa fille, Nadine Golon, a écrit un premier traitement qui a permis de nous mettre d’accord sur un cadre. Ce cadre posé, Anne Golon nous a ensuite laissé toute latitude, à Philippe Blasband et à moi, pour revisiter l’histoire à notre manière.

Comment avez-vous travaillé ?

Nous étions conscients de la « fatalité » de trahir les livres ! A partir du moment où nous avons trouvé l’organisation de l’histoire, nous avons cessé de les consulter. Tout en respectant, bien sûr, le substrat de l’œuvre, toute cette masse d’informations indispensable. Mais nous n’avons jamais trahi l’esprit des livres d’Anne Golon. Et si nous nous sommes permis certaines fugues, les personnages d’Anne avaient suffisamment de force pour nous résister. A l’arrivée, Angélique (on pourrait en dire autant des autres personnages) n’est ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre.

Il y a une véritable dimension politique dans la version que vous proposez. Impossible, par exemple, de ne pas penser aux Indignés, quand vous filmez la Cour des Miracles

Oui. A eux et à tous les exclus de la société, tous ces gens qui ne savent plus où aller et se retrouvent d’ailleurs dans les mêmes endroits que les gueux de la Cour des Miracles. En me lançant dans cette aventure, je savais que le sujet n’était pas sans rapport avec les problèmes actuels. Je voulais que le lien se fasse naturellement, sans de lourds discours.

Autre clin d’œil à notre époque, la manière dont vous insistez sur le fanatisme religieux dont Peyrac est une des victimes.

Oui. Le fanatisme, quelle que soit la religion qui le porte, a hélas traversé les siècles. Il est évident qu’on peut faire un parallèle avec ce que nous vivons- et applaudir les auteurs pour la prémonition dont ils ont fait preuve car tout cela était déjà présent dans les livres. Pour autant, je n’ai pas voulu faire un film didactique. J’ouvre la porte : à chacun de creuser si il le veut.

On vous sent, depuis toujours, un penchant pour les films d’époque. En tant que producteur, on vous doit La Banquière, Lacenaire, Chouans ! Jean Galmot...

Truffaut a dit un jour que le cinéma avait cessé d’être poétique le jour où on était passé du noir et blanc à la couleur parce qu’en rendant le quotidien des gens avec la couleur, le cinéma ne faisait plus rêver. Je trouve que les films d’époque apportent la poésie que la couleur ne nous permet plus d’avoir : ils nous apportent une part de rêve. Nous voyons des choses sur l’écran que nous ne pouvons retrouver dans notre vie de tous les jours. Et sans qu’il y ait la moindre préméditation de ma part, il se trouve que la majorité des films que j’ai réalisés sont des films d’époque. Non pas que je ne m’intéresse pas à la mienne mais je trouve qu’ils procurent des émotions différentes.

Parlez-nous du choix de Nora Arnezeder pour interpréter Angélique.

Un ami m’a appelé un jour en me disant : « Ariel, j’ai trouvé votre Angélique ; une jeune fille formidable qui joue dans Faubourg 36, de Christophe Barratier. Allez voir ce film ! » J’y suis allé et je suis tombé d’accord avec lui à une réserve près : Nora était beaucoup trop jeune pour le rôle. Sauf que nous n’avons tourné que quatre ans plus tard. Durant toute cette période, j’ai fait passer des essais à d’autres actrices mais Nora revenait toujours. Elle a un talent et une noblesse naturelle qui apportent énormément au film : Angélique a beau avoir grandi comme un garçon et passé son enfance à courir dans les bois, ce n’est pas une sauvageonne, Il était important pour moi que l’actrice qui l’interprète ait cette distinction. Et je veux lui rendre hommage : c’était un pari fou, artistique et physique. Elle était là presque tous les jours du tournage, elle n’a jamais craqué et a donné le meilleur de ce que j’attendais d’elle.

Gérard Lanvin est formidable dans le rôle de Peyrac. Mais comment avez- vous pensé à lui proposer ce rôle ?

Gérard et moi nous nous connaissons depuis longtemps. Un jour, je confie a Annabel Karouby, son agent, mon envie d’avoir Gérard dans le film – je le voyais alors dans le rôle de l’avocat François Degrez qu’interprète Simon Abkarian. Annabel m’appelle quelque temps plus tard : « Gérard est dans mon bureau, rencontrez-vous ». J’accours, et là, je vois Gérard, magnifique, en costume cravate, peigné, rasé, et je suis séché. Je n’ose pas lui dire que je pense à lui pour Degrez- je n’y pensais plus tant j’étais sous le coup de l’évidence, je lui tends le scénario : « Je ne te dis rien. Lis et on parle après. » Le lendemain, Gérard me téléphone : « Tu penses à moi pour Peyrac ? » Moi. « Evidemment. Qui d’autre ? » C’est exactement comme cela que ça s’est passé. Gérard a incarné Joffrey de Peyrac avec un naturel absolu : il a son intelligence, sa séduction, sa distinction et sa noblesse. Il est toujours dans la maîtrise. A dix jours du tournage, lors des essais maquillage et costumes, lorsque je les ai découverts, Nora, magnifique dans sa robe, et Gérard avec ses cicatrices et ses boitillements, j’ai été bouleversé : ils étaient tels que je les rêvais. Soudain, il n’y avait plus de studio, plus d’acteurs mais deux splendides personnages, débordants de charme et d’émotion.

Parlez-nous des autres acteurs : Mathieu Kassovitz qui joue Calembredaine.

Sa présence relève du pur miracle et est le cadeau le plus extravagant que j’ai reçu au cours de ce tournage. Je considère Mathieu comme un des 3 acteurs phare de sa génération et je rêvais qu’il participe au film mais cela n’avait pas pu se faire. En fait, je n’avais jamais réussi ni à lui parler, ni à le joindre. Quand le tournage a démarré, Ricardo Scamarcio, magnifique acteur italien, était engagé pour tenir le rôle de Nicolas-Calembradaine. Mais quand il est arrivé sur le plateau, nous ne nous sommes plus entendus : je ne lui aurais jamais demandé de renoncer mais c’est lui qui, de lui-même, l’a décidé. Et je n’ai rien fait pour l’en dissuader, une petite voix intérieure me disait : « Il a raison. » Ses scènes commençaient le lendemain, et je me trouvais en face d’un problème insoluble. J’avais une journée pour le remplacer. C’est à ce moment-là que le producteur exécutif, Emmanuel Jacquelin, me lance : « Et pourquoi pas Mathieu Kassovitz ? Je le connais bien, je peux l’appeler...» J’ai juste envie de hurler qu’il va perdre son temps mais je ne sais pas pourquoi, je m’abstiens ! Et deux heures plus tard, il avait Mathieu au téléphone...qui était à Los Angeles et d’accord sur le principe. Et deux ou trois jours après, Mathieu nous a rejoint. Si ce n’est pas un miracle, cela y ressemble, non ?

Au générique, on retrouve également Simon Abkarian dans le rôle de l’avocat Degrez et Tomer Sisley dans celui du marquis de Plessis-Bellière.

Pour Degrez, j’avais envie d’une force de la nature : Simon Abkarian a cette force, c’est un acteur qui apporte une énergie et une lumière incroyables dans son jeu. Et j’aimais la retenue, le mystère et l’élégance de Tomer Sisley dont je suis un fan absolu depuis le début. Il était important que Nora Arnezeder puisse se mesurer à de grands comédiens, comme Gérard, Simon, Tomer ou David Kross, qui interprète Louis XIV. Et puisque je parle du roi, j’en profite pour dire aussi à quel point ce personnage, et tout le contexte historique qui l’entoure, était important et passionnant. La Fronde, la mort de Mazarin, la « prise de pouvoir » par Louis XIV... suivre l’histoire comme un roman d’aventures et avoir un acteur d’un tel talent a été une chance et un plaisir.

Peter Zeitlinger signe la photo d’Angélique. Jusqu’alors, il n’avait jamais travaillé pour un autre cinéaste que Werner Herzog dont il a fait pratiquement tous les films.

Je n’aime pas le faux confort que donnent les habitudes, j’aime les rencontres, les gens nouveaux. J’ai adoré la façon dont Peter et moi nous sommes affrontés dès nos premières conversations. J’ai aimé sa personnalité, ses partis pris insensés, les risques qu’il me proposait. Peter est un fou génial, il a apporté une chose formidable au film en imposant de l’éclairer à la torche : toutes les scènes de nuit et d’intérieurs sont filmées à la torche. La seule condition que je lui avais posée était de pouvoir tourner un maximum d’heures par jour. Et Peter l’a compris.

Quel parti pris de mise en scène aviez-vous en démarrant le tournage ?

Je voulais ne penser qu’aux acteurs, m’attacher à eux, les valoriser, mais aussi les surprendre, et surtout ne pas « montrer de la mise en scène » : que la caméra soit un personnage qui les accompagne sans trop les gêner mais aussi sans qu’ils soient jamais certain de ce qu’elle allait faire. Et puis, je cherchais les ruptures de rythme et mixer des plans fixes, posés, aux mouvements du steadycam. Mais principalement je tenais à donner le plus possible de confort aux acteurs dans le jeu. Le film est sans doute découpé mais au tournage, cela ne se sentait pas trop car j’ai tourné quasi en permanence à trois caméras, chacune d’entre elles prenant le relais de l’autre sans que le jeu s’arrête. Cela permettait aux acteurs de jouer les scènes en continu et donnait encore plus de force à leur jeu.

La scène d’amour est assez pudique.

Je la voulais simplement sensuelle ; que le spectateur ressente le caractère charnel de l’union qui est en train de naitre entre Angélique et Peyrac et qui fait le ciment de leur couple. Que l’on éprouve aussi l’aspect initiatique de ce moment. Ce n’est pas forcément un moment érotique mais profondément amoureux...il ne s’agissait pas d’être provocateur en ce domaine.

Il y a dans Angélique, une mémorable scène de duel.

Il a fallu 2 mois d’entraînement intensif pour y parvenir. C’est une scène qui présentait plusieurs difficultés. D’abord, Gérard Lanvin, n’avait jamais tenu une épée de sa vie, il a dû tout apprendre des règles de l’escrime. Encore plus embêtant, Peyrac, durant ce duel, ne peut pas bouger sa jambe - comment le ferait-il puisqu’il boite ? Il est planté au milieu, il repousse son assaillant à bout de bras mais est incapable de faire dix pas en avant ou dix pas en arrière. Avec Michel Carliez, acteur, maître d’armes et chorégraphe de cascade, il a fallu bâtir un combat autour de cette impossibilité. Le seul moment où Peyrac bouge lui permet de surprendre son adversaire et de lui planter son épée dans le dos. Le reste du temps il est de face, comme une cible exposée.

Le film se termine avec un carton indiquant : « Fin de la première partie ». A quand la deuxième ?

Philippe Blasband et moi l’avons écrite et s’est posée la question de la tourner dans la foulée de la première. J’ai choisi d’attendre. La deuxième partie est très différente de la première : les décors ne sont pas les mêmes- beaucoup de scènes se déroulent à Versailles, l’état d’esprit est différent, les années ont passé et ont changé les personnages. Devenue marquise des anges, Angélique est désormais une femme qui se bat pour sa survie et n’a plus grand-chose à voir avec la jeune ingénue du début. Tourner dans la continuité, c’était courir le risque de rendre les personnages moins authentiques. Tous, acteurs et techniciens, avons convenus de laisser passer un peu de temps, tout en nous tenant prêts.

Les livres se sont vendus à plus de 150 millions d’exemplaires et dans le monde entier. Angélique a-t-il déjà été vendu à l’étranger ?

La Corée, Le Canada, l’Allemagne, La Russie, la Pologne, La République Tchèque, la Hongrie, le Benelux, la Suisse, etc... l’ont déjà acheté. En Russie, les gens raffolent de cette saga ; à tel point que des fausses éditions, des épisodes qui n’ont pas été écrits par Anne et Serge Golon y ont également été commercialisés avec beaucoup de succès.

 



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La jalousie

La jalousie

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Film de Philippe Garrel (France - 2013 - 1h17) avec Louis Garrel, Anna Mouglalis, Rebecca Convenant, Olga Milshtein, Esther Garrel, Arthur Igual...


 

jalousie affiche uneUn homme de trente ans vit avec une femme dans un meublé. C’est une histoire d’amour. Cet homme a une autre femme avec qui il a eu un enfant qu’il a abandonné. Bien sûr il voit l’enfant mais l’autre femme vit seule avec l’enfant et elle travaille pour le nourrir parce que l’homme ne lui donne rien. L’homme de son côté est très pauvre et il est un acteur. Il joue au théâtre. Et il vit cet amour fou pour une femme qui est aussi actrice. Il se met en quatre, usant de ses relations dans le milieu, pour lui faire obtenir des rôles. En vain.
Et puis cette femme avec qui il vit le trompe à son tour. Elle vient le voir dans le petit meublé. Et puis elle dit qu’elle ne peut pas rester là et elle s’en va.
Et après il se tire une balle dans le coeur mais le révolver glisse et il se rate, la balle perfore le poumon gauche. A l’hôpital sa soeur vient le voir et reste près de lui. Il n’a plus qu’elle, et le théâtre.

 

 

Critique "Critikat.com"




La Jalousie semble ne pas réellement débuter, ni se clore, mais plutôt cueillir l’évolution d’un sentiment, tout en se logeant dans le rythme de l’existence, partagé entre le balancement du quotidien et les changements soudains qui le traversent. Porter l’œil sur la vie à travers la serrure, saisir son intimité avec discrétion, voilà ce qui unit le regard initial de Charlotte et celui de Garrel, que celle-ci incarne. Le film semble alors jouer sur la circulation et les mutations de couples ou trios de personnages, à partir du noyau formé par Claudia, Louis, sa fille et sa sœur. On perçoit la succession des différentes facettes du quotidien : amitiés, théâtre, rencontres. Néanmoins, le passage du temps ne scande pas les moments d’une chronologie, mais plutôt une série d’états. À cet égard, il est bon de rappeler que concernant sa collaboration musicale avec Jean-Louis Aubert, Garrel expliquait avoir d’abord été contacté par ce dernier pour tourner un clip. Projet n’ayant pas abouti, mais qui trouve un surprenant écho au sein du film, lequel nous ramène à cette forme par la simplicité des moments mis à jour, par son usage intense de la musique, par cet écoulement du temps et de la vie qu’il tente de représenter.

En somme, le temps de La Jalousie est à la fois celui de l’habitude, dont la force d’inertie submerge les événements, balayant la prétention illusoire qui consisterait à vouloir lire le réel avec la clarté d’une narration, et celui de l’instant, les décisions, les sentiments et leurs enjeux devenant d’autant plus déterminants qu’ils s’inscrivent sur un fond opaque, difficilement déchiffrable. On garde en mémoire une suite d’images, frappantes de plasticité. Le retour au noir et blanc 35mm, après Un été brûlant, prend tout son sens dans une œuvre centrée sur l’intime et la proximité des corps, que Garrel unit par le dialogue, l’étreinte, ainsi que par l’attention toute particulière qu’il porte aux intérieurs. Sans s’attarder complaisamment sur la beauté de l’image, le geste du film est rapide et sobre, apte à saisir l’intensité d’une pose, le grain de la pierre, l’expressivité d’un visage, et de les restituer dans le même temps à cet ensemble plus vaste d’où ils émergent. C’est sur ce rythme que viennent s’inscrire des éclats de poésie : les déambulations dans le parc, le bonnet de Claudia que Charlotte enfile, Louis et sa compagne posés contre un mur recouvert de lierre sec, ou encore le geste d’une grande tendresse avec lequel Claudia lave les pieds du vieil acteur.

Cette sensation que la minute compte davantage que l’histoire naît aussi de la structure du film même, qui fait s’entrecroiser deux temporalités distinctes. Celle de Louis, pleinement contemporaine. Mais aussi celle de Philippe, puisque le récit est explicitement autobiographique, et se veut la transposition d’une histoire d’amour vécue par le père du cinéaste. Philippe devient la petite Charlotte, Louis, son père. L’intimité naturelle entraînée par la collaboration avec sa propre famille s’enrichit alors d’une nouvelle teinte, et ce précisément parce que le spectateur, totalement ignare de ce projet sans l’aide de la note du réalisateur, ne peut mesurer la part d’implicite et de réelle intimité contenue dans la pellicule, mais seulement la pressentir.

La Jalousie naît en outre du collage de quatre écritures : celles de Caroline Deruas, Arlette Langmann, Marc Cholodenko et enfin Garrel lui-même. Le lien est donc d’ordre filmique en premier lieu : de l’hétérogénéité inévitable d’une telle démarche, le cinéaste tire un penchant pour cette faculté de cristallisation propre aux images. Surtout, la mise en film d’un scénario écrit à quatre mains vient brouiller les cartes de l’autobiographie, qui cesse d’être là où l’attend. Seule constante, la perte du père, et le besoin de figures masculines de références, comme en témoigne l’apparition furtive d’acteurs-mentors. La paternité émerge alors par son absence, à travers les échanges entre Louis et sa sœur sur le père que celle-ci n’a pas connu, et plus encore, à travers ceux du protagoniste avec sa fille. Ce vertigineux échange de rôles permet à Garrel (père de l’intrigue) de se déguiser pour retrouver un bref instant la liberté de l’enfance, en instillant dans son regard la même part de curiosité espiègle et d’affection profonde que Charlotte. Au centre et à l’écart en même temps, celle-ci grandit, entre une mère prostrée (dont le portrait n’est pas exempt d’une certaine sévérité tant son impuissance est criante, allant même jusqu’à freiner l’attachement du spectateur) et un père à la fois aimant et insaisissable. Un père qui lui fait découvrir la jalousie, sa jalousie, cette jalousie qui semble structurer inévitablement les rapports affectifs.

Le sentiment dont le cinéaste nous parle est radicalement éloigné de toute jalousie passionnelle, extrême, cette jalousie des personnages de fiction qui prend racine chez Louis, un peu trop acteur, auquel le vieil homme explique à juste titre qu’il comprend mieux ses rôles au théâtre que les êtres qu’il côtoie dans la vie. Or, c’est précisément la jalousie réelle, discrète, quotidienne qui occupe l’attention de Garrel, lequel parvient à en montrer les différentes facettes, plus ou moins bénignes ou blessantes, et surtout la formidable capacité d’infiltration : car jaloux, nous le sommes tout le temps. Cette douleur que tour à tour s’infligent ou se voient infliger les différents personnages (qu’il s’agisse de Louis ou de Charlotte envers Mathilde, du père avec la fille, de Claudia avec sa moitié) devient partie prenante d’un mécanisme inévitable de croissance et de transformation. A cet égard, la jalousie de Charlotte est à la fois la plus touchante et la plus révélatrice, dans la mesure où elle dessine, dans l’incertitude de ses propres sentiments, les confins entre l’amour filial, l’amour érotique, et la relation aux disparus : ainsi de l’émouvant passage où elle affirme devant Claudia que la personne que Louis aime le plus au monde est son propre père, décédé. La jalousie devient alors le vecteur privilégié et immédiat de la relation au tiers, et plus précisément au tiers absent, tout en constituant le moteur des véritables transformations de l’amour, explosives, brutales, emportée. De quoi affirmer que si Garrel a su garder les anges, il n’a pas perdu la poudre.

 

Critique "L'Humanité"


Une femme pleure, sans bruit, dans la demi-obscurité d’une pièce non identifiable. Un enfant, 
la nuit, dans son lit, est éveillé. Se lève. Il regarde par 
le trou d’une serrure sa mère pleurant. Séquence suivante : un homme, de jour, sort de la pièce où 
se trouve la femme, tire la porte derrière lui, qui ne ferme pas. La femme, sous les yeux de l’enfant (une fillette d’une dizaine d’années) va, sans un mot, fermer la porte. Un peu plus tard : la fillette est assise au pied de cette porte. La femme (sa mère) : « Que fais-tu là ? » La fillette : « J’attends papa. »

Ainsi en quelques plans brefs, Philippe Garrel 
pose les bases de ce qu’on sait devoir être un drame : un homme quitte sa femme et sa fille. Cet homme, 
on le verra peu après grimper quatre à quatre 
un escalier vers le studio haut perché d’un immeuble ancien. Il attend à la porte une jeune femme, encore plus essoufflée que lui, qui se jette dans ses bras. 
Plans brefs et neutres, et comme détachés les uns 
des autres. D’entrée s’écrit la discontinuité des passions. Et se pose la question : 
qui est jaloux et pourquoi ? La femme délaissée ? 
La fillette, vivant le départ de son père comme un abandon ? Et ce trou 
de serrure : la jalousie 
ne commencerait-elle pas par le besoin de surveiller les autres ? Et cet amour, tout neuf, brûlant, que deviendra-t-il ? Ainsi va le film, lucidité d’un enfant qui regarde de loin 
une situation jadis vécue dans l’angoisse. Car le cinéaste lui-même l’a dit, cette histoire, c’est celle qu’il vécut, enfant, 
à l’âge de la fillette du film, lorsque son père quitta 
sa mère. Et, comme pour marquer plus encore ce poids familial, c’est son fils, Louis, qui joue le rôle de son père, Maurice (grand-père de Louis, donc) et sa fille, Esther, sœur de Louis, celui de la sœur de Maurice. Troublant.

Insistance qui n’est pas de hasard. Cette proximité du « vécu  » restitué commandait en effet, sous peine 
de sombrer dans l’anecdote la plus larmoyante, la froideur même de la narration, ces scènes qui se succèdent, coupées ou non par un noir d’écran. « Non soudées », 
a dit dans un entretien Louis Garrel. Belle définition 
de ce qui fait la force étrange – tellement évidente pourtant – de ce film sur une passion dévastatrice. 
C’est que le film, dès son scénario (dû à Philippe Garrel, Caroline Deruas, sa compagne, Arlette Langmann et Marc Cholodenko) se garde bien de juger les protagonistes 
de ce drame-là. Et la mise en scène surjoue cette retenue. Ainsi, pour en rester à un seul exemple, ce très beau moment de pudeur, partage d’une soupe, entre la mère et la fillette, qui revient d’une promenade avec son père et Claudia, avec le bonnet tricoté que celle-ci lui a donné. Cette table et cette soupe disent tout de ce qui fut autrefois un foyer. Et le bonnet est là, suspendu. C’est que Garrel sait comme personne d’autre dire la tragédie qui se nourrit du quotidien. Et filmer cela comme s’il ne s’agissait que de quotidien seulement. Banalité de tout drame, une soupe partagée comme une confidence, un escalier comme une montée au ciel, un bonnet tricoté pour dire la beauté d’un après-midi dans un parc où nageait un cygne. Tous les films de Garrel depuis toujours nous ont parlé de lui. Celui-là est l’un des plus beaux, écrit comme une confidence sur un souvenir d’enfance où l’on peut enfin rendre justice et amour à tous ceux qui le vécurent.


 

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Loulou, l’incroyable secret

Loulou, l’incroyable secret

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Film d'animation de Grégoire Solotareff et Eric Ormond (France - 2013 - 1h20)


 

loulou affiche provisoire uneLoulou est un loup. Tom est un lapin.
Etonnamment, Loulou et Tom sont inséparables depuis leur tendre enfance.
Aujourd’hui adolescents, ils se la coulent douce au Pays des Lapins.

Mais Loulou qui se croyait orphelin apprend d’une bohémienne que sa mère est vivante.
Les deux amis partent alors à sa recherche dans la principauté de Wolfenberg,
le Pays des Loups.
Ils arrivent en plein Festival de Carne, rendez-vous annuel des plus grands carnassiers du monde.

L’amitié de Loulou et Tom survivra-t-elle dans ce pays où les herbivores finissent esclaves ou au menu du jour?
Quel incroyable secret entoure la naissance de Loulou ?

 

 

Critique "aVoir-aLire.com"


Loulou n’a pas pris une ride en 25 ans. Au cœur d’une animation crayonnée qui convoque le meilleur des contes pour enfants (la séquence d’ouverture dans la forêt, à la rencontre d’une sorcière, est superbe !), l’éternel adolescent aux crocs inoffensifs, accompagné de son pote lapin, part pour une grande aventure en ville. En quête maternelle d’une louve atypique, totalement farfelue, qui l’a jadis abandonné, le voilà confronté à la vraie nature des carnassiers, dans une cité qui accueille chaque année une manifestation dédiée à la chair.
Dans ce conte un peu moins poétique que l’artisanal U du même auteur, on s’amuse à découvrir la beauté esthétique d’une ville imaginaire perchée au sommet d’une montagne en forme de tête de loup, où cachots et couloirs obscurs mènent à un somptueux palais digne d’un Versailles de fable où princes et princesses sont des animaux animés par les mêmes vices et caprices que les hommes. Mesquinerie, bonhomie, naïveté constituent l’essentiel de ce conte écolo qui aime opposer sans pour autant apposer une critique lourde, la ville à la campagne, le bio à l’artifice...
L’humour se fraie la part belle du métrage grâce aux personnages secondaires, une renarde précieuse du nom de Scarlett (voix d’Anaïs Demoustier), qui aime abuser de ses charmes et rêve de grandes aventures, et surtout la présence du compagnon d’infortune de Loulou, l’irrésistible lapin Tom, proie pas si facile au pays des mangeurs de protéine sanguine (voix Stéphane Debac) ; il y a aussi le rustre macho Paul-Loup qui représente les bas instincts de l’homme réduit au statut de militaire imbu de sa personne et dévoreur de bonne chair, sans oublier la grosse cochonne Rosetta, à la générosité débordante de partout, surtout au balcon... Loulou, venu "à poil" de la campagne, a été vite revêtu d’un costume de dandy pour se conformer aux civilités urbaines, dans une cité où il espère trouver sa louve de mère, une excentrique un peu décevante à vrai dire (s’il n’y avait pas sa plante carnivore facétieuse qui, elle, est une géniale idée). Le personnage mignonnet de Loulou plaira sûrement aux parents, mais paraît plus fade pour les adultes.


Peu importe, cette production calibrée pour les fêtes de Noël (sortie le 18 décembre) offrira une charmante alternative, 100% made in France, aux offensives de Disney et des autres majors américaines. On ne vous demandera pas de consommer français, mais dans ce cas de figure, le produit du terroir est suffisamment goûteux pour aller y pointer sa truffe humide de vieux loup enrhumé.

 

 

Critique "Kritikat.com"


Qu’on ne s’y trompe pas : s’il a beau être réalisé par Éric Omond – lui-même issu de la bande dessinée –, Loulou est, comme son affiche l’indique, un film « de » Grégoire Solotareff. Cet auteur de très beaux livres pour enfants (Un chat est un chat), déjà passé au long-métrage de cinéma avec brio en 2006 avec U, prolonge ici l’histoire d’un de ses personnages clés, Loulou, un jeune loup adopté et élevé par des lapins. Après plusieurs livres, il avait déjà été le centre du premier pas dans l’animation de Solotareff en 2003, en moyen métrage. Il part ici en compagnie de son « frère » (lapin) Tom, à la rencontre de ses origines, une dynastie de loups aristocrates, à l’occasion d’un « festival de carne » où carnassiers et herbivores ne font pas bon ménage.

La capacité qu’a l’écriture de Grégoire Solotareff à accrocher provient d’un joli travail de ton, qui se garde bien d’affecter d’ingénuité tous les timbres de voix au prétexte que cela serait un point indispensable du cahier des charges d’un film d’animation. U était déjà la preuve que non : esquivant soigneusement toute forme de régression candide, les films de Solotareff s’efforcent de sonner dur, de donner de leur voix rocailleuse (Sanseverino dans U), et amènent ainsi à s’entrechoquer d’une part un ton léger, familier, quotidien, et d’autre part tout de même une forme de merveilleux (s’approchant ainsi de la série de bandes dessinées Donjon, par exemple).

Le résultat est donc une sorte de dessin-animé-pour-enfants-pour-adultes, dont la trajectoire est celle du conte initiatique, mais dont les personnages ne semblent s’adresser qu’à moitié au jeune public tant le texte multiplie les clins d’œil aux grandes personnes (Simon-Edgar Finkel, « souvent renarde varie », « le loup est un loup pour le loup »…), notamment dans les voix. Le récit de Loulou prend son point de départ dans un de ces havres de bohème paresseuse chers à Solotareff, avec un arbre-maison qui n’est pas sans rappeler U, mais s’embarque rapidement dans l’exploration d’une cité médiévale en forme de tête de loup, dont le quotidien n’est que mondanités, réceptions et chasses dans la forêt avoisinante. Si l’on voit d’abord le film se laisser mollement porter par la courte ambition de dénouer une intrigue à trois ou quatre personnages à l’intérieur d’un espace clos, il faut bien reconnaître à Loulou une éclosion en deuxième partie qui voit Solotareff aller battre les terres de Miyazaki, lançant de francs appels du pied à des films comme Mononoké – la chasse au dieu-cerf ici mû en biche, la guerre entre la civilisation invasive, destructrice, et l’ordre naturel mangeur-mangé – ou Chihiro – la sorcière-corbeau multiforme. Citant le maître japonais par motifs plus que par atmosphère générale, Loulou en récupère néanmoins une forme de grâce poétique qui entonne une nouvelle voix dans le chœur du film, un appel onirique.

À l’arrivée, c’est toujours avec beaucoup de plaisir qu’on reconnaît cette façon de laisser le récit s’habiter autant qu’on le souhaite, se débarrassant ainsi de la tradition de candeur forcée du répertoire « jeunesse ». Cette race de films d’animation, qui est aussi celle de Fantastic Mr Fox par exemple, n’affleure que trop rarement et, il faut le dire, trop souvent de réalisateurs dont la participation au cinéma jeune public n’est que ponctuelle, irrégulière, aussi souhaite-t-on à Grégoire Solotareff d’attendre un peu de moins de sept ans, cette fois, pour produire son troisième long-métrage.

 

 

 

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Les visiteurs du soir

Les visiteurs du soir

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Film de Marcel Carné (France - 1942 - 1h50) avecArletty, Fernand Ledoux, Marie Déa, Jules Berry...


 

Dans le cadre du cycle "Patrimoine"


 

visiteurs du soir affiche uneLe baron Hugues fiance sa fille Anne au chevalier Renaud, dans un beau château fort tout blanc, tout neuf. Cette situation idyllique agace le Diable qui déteste le bonheur des gens. Il délègue deux de ses créatures, Gilles et Dominique, pour créer le désordre et semer la haine. Gilles doit séduire Anne, Dominique se réserve le baron et le chevalier…

 

Critique "Télérama"


Deux séduisants « damnés » s'introduisent dans un château pour y faire moisson d'âmes... Marcel Carné fut accusé sous l'Occupation d'avoir contribué à la défaite de 1940 avec un Quai des brumes jugé « démoralisant ». La légende veut qu'il ait alors choisi, avec Prévert, le sujet le plus détaché des convulsions de son temps : un Moyen Age d'enluminure, une histoire d'amour fichée dans un clair vitrail.

Mais, dans le secret du fabliau, palpite un message d'espoir. Il est tentant d'imaginer, dans cette lutte entre le Bien et le Mal, une transposition des tourments de l'Occupation. Qui est ce démon tentateur incarné par Jules Berry, sinon l'envahisseur nazi, qui « damne » ceux qui commercent avec lui ? Carné entonne une ode discrète à la Résistance, dans l'intimité des coeurs et des âmes. Joyau d'une infinie richesse métaphorique, c'est une parabole sur l'amour vrai, vainqueur des faux-semblants. La lenteur du rythme, la poésie pure et somnambule des images ressuscitent le merveilleux des contes médiévaux.

 

Critique "L'oeil sur l'écran"


Les visiteurs du soir a été réalisé sous l'Occupation. Marcel Carné et Jacques Prévert (qui cosigne le scénario avec Pierre Laroche) choisissent une période la plus éloignée possible pour contourner la censure mais la métaphore avec le présent de 1942, bien que subtilement cachée, est certaine : le Diable est Hitler et le film prône la résistance pour triompher du mal. La dernière scène du film en est le meilleur exemple. Le film est empreint d'une langueur poétique qui n'est pas sans générer une certaine lenteur. L'histoire présente cette simplicité propre aux récits atemporels et aussi un caractère assez manichéen : il y a ceux qui sont capables d'aimer et les autres. Les qualités des Visiteurs du soir, il faut aussi les chercher du côté de la forme : plutôt que de se livrer à une reconstitution montrant l'usure du temps, Marcel Carné opte pour des décors propres et nets, des décors épurés qui paraissent d'ailleurs étonnamment actuels aujourd'hui. Il utilise largement la blancheur des murs, le blanc étant la couleur dominante du film. Cet environnement renforce à la fois son caractère onirique et l'allégorie du présent. Arletty est superbe en beauté androgyne. Les visiteurs du soir connut un grand succès dès sa sortie. Le film a été récemment magnifiquement restauré.

 

 

 

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Le Père Frimas

Le Père Frimas

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Film d'animation de Iouri Tcherenkov (Russie - 2012 - 0h46)


Cycle "Ciné-Mômes" - Tarif unique : 3 euros


 

pere frimas affiche uneAu sommet des Alpes, vit le Père Frimas, un merveilleux personnage aux pouvoirs enchanteurs. Chaque hiver, il veille à ce que la neige recouvre bien toute la forêt. Mais cette année, rien ne se passe comme prévu. Sylvain, l’esprit de la forêt, sort brusquement de son hibernation affamé et grognon.

 




Critique "La Croix"


Précédé du Noël de Komaneko (2009) de Tsuneo Goda, court métrage mélancolique magnifiquement animé, Le Père Frimas est un moyen-métrage malicieux et poétique. Cousin du Père Noël, ce merveilleux personnage aux pouvoirs magiques veille à ce que la neige recouvre bien toute la forêt. Mais Sylvain, l’esprit de la forêt, sort brusquement de son hibernation, affamé et grognon. Fable sur l’amitié et la solidarité, Le Père Frimas est aussi un très joli travail d’animation en papier découpé et dessins traditionnels.

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