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Les Trois Frères –  le retour (Avant-Première)

Les Trois Frères – le retour (Avant-Première)

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Film de Bernard Campan et Didier Bourdon (France - 2013 - 1h46) avec Bernard Campan, Pascal Légitimus et Didier Bourdon...


 

3 freres affiche uneIls sont trois,
Ils sont frères,
Ils sont de retour.
15 ans après, Didier, Bernard et Pascal sont enfin réunis... par leur mère...
Cette fois sera peut-être la bonne.

 


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Northwest (VOST)

Northwest (VOST)

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Film de Michael Noer (Danemark - 2013 - 1h31) avec Gustav Dyekjaer Giese, Oscar Dyekjaer Giese, Lene Maria Christensen, Roland Møller ....


 

Soirée Cinéma danois : "un pays si tranquille..."
Prix du Jury et Prix de la Critique au 5e Festival International du Film Policier de Beaune
Film proposé en VOST

Interdit aux moins de 12 ans


northwest affiche def uneNordvest est l’un des quartiers multiethniques les plus pauvres de Copenhague.
Casper, jeune homme de 18 ans, y vit avec sa mère, son petit frère et sa petite sœur. Il s’acharne à joindre les deux bouts en vendant des biens volés à l’un des chefs des gangs du quartier.
Quand le crime organisé arrive à Nordvest, la hiérarchie au sein du quartier change et Casper y voit une chance de monter en grade. Bientôt, il est projeté dans un monde de drogues, de violence et de prostitution entraînant son frère dans son sillage.
Alors que les choses s’aggravent, l’aire de jeu de leur enfance devient un champ de bataille.

 

 

Critique "La Croix"


Ce second long-métrage du jeune cinéaste danois Michael Noer évoque la vie d’une petite frappe d’un quartier populaire de Copenhague, bientôt investi par des caïds du crime organisé. Vivotant jusque-là de cambriolages et de petits trafics, Casper, 18 ans, voit dans cet envahissement l’occasion d’une ascension, quitte à se mettre en danger en changeant de camp.

Northwest (Nordvest en langue originale, du nom d’un quartier « chaud » de la capitale danoise) est la chronique de cette ascension, pleine de violence et de fureur. Extrêmement tendu, contaminé par la fièvre qui s’empare du personnage principal, le film tout en poussées vrillantes d’adrénaline, est d’une intensité d’autant plus rare qu’elle sonne très juste.

L’apport le plus intéressant de cette œuvre remarquablement maîtrisée consiste cependant à alterner ces moments où tout peut basculer avec la vie de famille que Casper tente de préserver, aîné d’une fratrie de trois qu’il chérit, soutien efficace d’une mère seule travaillant de nuit. Northwest prend alors une dimension sociale qui éclaire – sans la justifier – la volonté de ce jeune homme sans horizon d’user de tout ce qui semble à sa portée pour venir en aide aux siens, considérant sans doute qu’il est trop tard pour lui, pour son frère qu’il lie involontairement à ses actes, mais peut-être pas pour sa petite sœur, toute à l’innocence de ses huit ans.

Interdite aux moins de 12 ans, déconseillée à un public non averti, cette œuvre radicale et sans issue témoigne d’un terrible constat, à l’opposé des idées préconçues sur l’aisance sereine des sociétés nord-européennes.

 

Critique "aVoir-aLire.com"


Issu de la nouvelle génération de réalisateurs danois, Michael Noer commence à faire ses armes sur Vesterbro, un documentaire sur la jeunesse de son pays en 2007. On le retrouve en association avec Tobias Lindholm (Hijacking) pour signer leur premier long métrage R en 2010. Avec Northwest, Michael Noer nous convie à plonger tête la première dans le quotidien de l’un des quartiers les plus difficiles de Copenhague.



Si la comparaison avec la trilogie Pusher de Nicolas Winding Refn est évidente de par son origine, son sujet et cette caméra qui suit chaque protagoniste comme un acolyte, le résultat est tout aussi renversant. Caspar, 18 ans, vit de petits cambriolages pour le compte de Jamal un délinquant local. Un jour il fait la connaissance de Björn qui lui propose des deals beaucoup plus intéressants, l’envie de gagner plus d’argent va le pousser à s’associer avec ce dernier. On va alors très vite comprendre que dans le monde sans pitié de la petite criminalité du ghetto, chaque acte engendre des conséquences. Avec son jeune frère Andy et pris sous l’aile de Björn (dealer et proxénète impulsif), Caspar doit faire face au désir de vengeance de Jamal et sa bande. L’oeuvre de Noer est armée d’une réalisation brillante, d’un scénario réellement prenant mais surtout de deux jeunes acteurs principaux à fond dans leurs rôles (les frères Dyekjaer Giese).



Certaines scènes de complicité et de fraternité entre voyous viennent désamorcer un climat oppressant avec une pointe d’humour bienvenue (Björn interprété par l’excellent Rolland Moller est aussi attachant que dangereux) et fait ressortir une part d’humanité dans un univers réputé impitoyable. Bien que très présente dans le film, la violence n’est pas toujours montrée explicitement et de manière frontale, ce qui accentue davantage le sentiment de malaise. Michael Noer nous sert une descente aux enfers authentique et brute sur un plateau d’argent, le genre d’oeuvre qui vous colle encore longtemps à la peau après visionnage. On ressort chamboulé et entièrement conquis par ce choc visuel qui fera sûrement date dans l’histoire du cinéma indépendant danois (comme la trilogie Pusher en son temps ?).

 

 

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R (VOST)

R (VOST)

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Film de Tobias Lindholm et Michael Noer (Danemark - 2010 - 1h39) avec Pilou Asbæk, Claus Saric Pedersen ....


 

Soirée Cinéma danois : "un pays si tranquille..."

Film proposé en VOST


AFFICHE_R_A4.inddRune est un jeune criminel qui vient d’arriver en prison. Il découvre ce nouveau monde régi par les codes et les missions à exécuter. Réduit à néant, il n’est désormais qu’un numéro, que la lettre R. Dans sa quête de survie, il rencontre Rachid, un jeune musulman, avec lequel il met en place un trafic qui lui permet d’être désormais respecté. Mais leur réussite suscite la convoitise d’autres détenus, qui ne tarderont pas à leur faire savoir..

 

 

Critique "aVoir-aLire.com"


Les deux réalisateurs danois à la barre de R sont pour ainsi dire déjà fichés de nos services. Ils ont en effet livré chacun de leur côté deux films qui ont excellé en 2013 : Hijacking pour Tobias Lindholm et Northwest pour Michael Noer. Le cinéma nordique vient sans doute de se trouver une relève de choix, mais attention, pas n’importe laquelle. On parle ici de celle capable de tenir la dragée haute aux Nicolas Winding Refn (la trilogie Pusher, Bronson, Drive, Only God Forgives) et autres Niels Arden Oplev (Millénium). A même pas 40 ans les deux cinéastes semblent encore avoir des idées à revendre et toute la vie devant eux pour continuer à nous surprendre.



Pour en revenir à R, rappelons que sa production date de 2010 et qu’il a donc été tourné avant Hijacking et Northwest. Il gagne probablement une sortie en salles chez nous grâce au succès critique de ces deux films. Cette collaboration à la réalisation et au scénario entre les deux artistes vise à dépeindre l’univers carcéral moderne de leur pays, le Danemark. La caméra s’enferme très rapidement avec les détenus sur une bande sonore atmosphérique des plus pesantes. Elle n’en sortira plus. Rune (Pilou Asbaek), un jeune criminel tout juste incarcéré devra très vite se soumettre à la brutalité des lieux. La jeune brebis égarée est alors lâchée au milieu d’une meute de loups sanguinaires avides de chair fraîche. Le décor est planté, Rune devient un étranger dans une communauté où seuls les rapports de force comptent. Isolé et donc extrêmement vulnérable, il va devoir faire profil bas et jouer les larbins pour les autres détenus. Le jour où il parvient à mettre en place un trafic avec Rachid qu’il rencontre lors de son travail en cuisine va changer la donne, mais pour combien de temps ?


Le niveau de réalisme atteint par les auteurs subjugue jusqu’à ébranler le spectateur tel un bon uppercut. La sensation d’authenticité est d’autant plus prégnante que le tournage a eu lieu dans l’enceinte d’une vraie prison, quant aux acteurs, il s’agit pour la plupart d’anciens détenus. L’interprétation est d’ailleurs sans faille, quelques regards nous en disent ici parfois bien plus que des mots. Contrairement à d’autres films qui prennent pour cadre les prisons, point de tentatives d’évasion, de matons tortionnaires et de pamphlet sur la peine de mort ou l’administration pénitentiaire. Nous sommes plus proches de Un prophète et Felon que de L’évadé d’Alcatraz. Le seul but est de survivre à l’intérieur d’une micro-société ultra violente régie par ses propres codes. Comme dans Northwest, les portes de sortie sont minces, voire inexistantes, ce qui est renforcé par une structure narrative originale en forme de passage de témoin. Ici, les personnages les plus vulnérables cherchent désespérément une issue aux allures de chimère. Le sentiment nihiliste est ancré si profondément qu’il déstabilise. R apparaît alors comme un miroir dans lequel se reflète l’état des lieux de la morosité actuelle de notre société. On tient là un véritable coup de poing à l’estomac qui est, n’ayons pas peur de le dire, tout simplement le meilleur film de prison que l’on ait pu voir depuis Un prophète de Jacques Audiard. Ce qui n’est pas rien.

 

Critique "L'Humanité"


R pour l’initiale de Rune (Pilou Asbaek, acteur d’une rare intensité), prénom d’un jeune homme que nous rencontrons dans l’enceinte d’une prison le jour de son incarcération. Visage juvénile que l’angoisse sculpte d’âpreté, prunelles bleu vif ourlées de peur. Ici, plus de nom. Un corps dépouillé de ses pudeurs, les premières marques d’une dépossession de soi constituent les prémices de l’épouvante carcérale qui sera mise en scène sans concession. Les réalisateurs Tobias Lindholm – qui fut également coscénariste de la Chasse, de Thomas Vinterberg, et scénariste de la série Borgen – et Michael Noer, issu de l’école documentaire qui donne là son premier film de fiction, n’y vont pas de mainmorte. Leur narration, sous la lumière crue du réalisme, est tout entière enclose dans les récits que leur ont transmis matons et ex-détenus. Pas d’autres inventions que leurs choix formels, celles de leurs interprètes parmi lesquels plusieurs anciens prisonniers ayant séjourné dans la prison même, fermée depuis peu, qui sert de décor naturel. Les deux cinéastes, admirateurs des frères Dardenne, en ont utilisé toutes les ressources, suivant leurs personnages en tous lieux et circonstances, ne leur faisant parvenir que de rares indications. Pour survivre en prison, il faut d’abord tuer, fracturer sur ordre des caïds ses propres verrous internes, sous peine de mort. Il faut se soumettre jusqu’à l’abjection, bafouer les limites de l’indignation ou de la compassion. On comprend que Rune n’est pas un criminel d’envergure. Au sein d’un enfer de claustrophobie dont nous pénétrerons les cercles à notre esprit défendant, aux degrés du calvaire de Rune, aux diffractions de ses peurs et illusions, tout fracasse la conscience. Au point qu’un temps le film semblera dépourvu de hors-champ, tant la violence emplit le cadre et tient le regard captif. Ce serait obérer la responsabilité de la société qui lui laisse libre cours. Société danoise dont on retient souvent les aspects les plus lisses. En prison, les Danois, blancs, sont parqués dans une aile. Dans une autre, des hommes d’autres origines aux cultures ignorées que les détenus « de souche » nomment « les macaques ». Seuls les intérêts dangereusement partagés du trafic de drogue et les alliances punitives abolissent, très provisoirement, cette ségrégation organisée. Ainsi de Rune et de son comparse Raschid (Dulfikar Al Jabouri) en perdition dans le flot excrémentiel de leur complicité d’occasion. On sort de là un peu hébété, une sensation de cocards aux yeux, par bonheur dessillés avec force et rigueur.

 

 

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Minuscule – La vallée des fourmis perdues (2D ou 3D)

Minuscule – La vallée des fourmis perdues (2D ou 3D)

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Film de Thomas Szabo et Hélène Giraud (France - 2013 - 1h29)


 

Minuscule affiche uneDans une paisible clairière, les objets d'un pique-nique laissés à l'abandon après un orage vont être le point de départ d'une guerre entre deux bandes rivales de fourmis, ayant pour enjeu une boîte de sucre.
C'est dans cette tourmente qu'une jeune coccinelle va se lier d'amitié avec une fourmi noire et l'aider à sauver sa fourmilière des terribles fourmis rouges.

 




Critique "Le Parisien"


Ils ont osé… et ils ont bien fait. Pourtant, se lancer dans un film d’animation de quatre-vingt-dix minutes, à destination du jeune public, sans aucun dialogue, ce n’était pas gagné. Mais à l’arrivée, les spectateurs de « Minuscule » en restent… sans voix. Parce que ces fourmis, coccinelles et araignées animées nous embarquent dans une histoire digne des meilleurs thrillers, uniquement à coups de bruits, totalement hilarants, émis par les insectes.



Adapté de la série télé française du même nom, « Minuscule » conte la bataille entre deux groupes de fourmis, les gentilles noires et les méchantes rouges. En sous-nombre, les premières vont devoir leur salut à l’aide inespérée d’une petite coccinelle orpheline et temporairement incapable de voler, qui va user de stratagèmes courageux pour venir à la rescousse de ses amies. Et c’est là que l’on assiste à des épisodes dignes des meilleurs classiques du cinéma : poursuite façon James Bond en radeau, qui est en fait une boîte de sucre, scènes de guerre à la « Spartacus », envolées naturalistes dans le style « Lawrence d’Arabie »…


Parvenir à de tels prodiges n’a pas été simple. Il aura fallu presque quatre ans à Thomas Szabo et Hélène Giraud, les deux réalisateurs français de « Minuscule », pour terminer le film, qui mélange les décors naturels, filmés dans les parcs nationaux du Mercantour et des Ecrins en prises de vue réelles et les personnages animés. Sans parler des complexes réglages de la 3D, pour lesquels ils ont fait appel à la meilleure spécialiste du genre. Et on en prend plein les lunettes!Au final, ces microscopiques bestioles animées parviennent à faire trembler, rire ou pleurer enfants et parents comme seuls en sont capables les meilleurs comédiens : petits personnages, grand spectacle.




 
 

Critique "Télérama"


Avez-vous déjà vu une boîte à sucre escalader des rochers ? Descendre des rapides ? Traverser une route de montagne ? Et tout ça à dos de fourmis noires ? Pour elles, cet objet usuel, abandonné par des pique-niqueurs, représente un fabuleux trésor. Une sorte de Graal : assez de délicieux petits cubes blancs pour nourrir toute la fourmilière pendant une éternité. En la transportant, l'escouade d'ouvrières intrépides et déterminées affronte une bande rivale (l'infâme équipe des rouges), adopte au passage une adorable petite coccinelle perdue, et vit un tas d'autres épreuves, hilarantes, tendres ou trépidantes.

Dans Minuscule, tout est affaire d'échelle. Plus c'est petit, plus c'est grand. A hauteur d'insecte, les cailloux sont des falaises, les fleurs s'élèvent aussi haut que des baobabs, les lézards ressemblent à des tyrannosaures. Cette seule idée mérite le déplacement : les deux réalisateurs ont bâti une ébouriffante aventure, rien qu'avec une banale boîte en fer-blanc. Ce n'est certes pas la première fois que le cinéma d'animation observe à la loupe les mandibules et les élytres. Mais Minuscule fait tout oublier : les 1 001 Pattes de Pixar, le Fourmiz de DreamWorks, tout fait toc et plastique à côté de cette odyssée farfelue.

Adapté d'une fameuse série télé­visée du même nom, le film en reprend le principe : les décors, naturels, sont filmés en prises de vues réelles. Sur ces paysages radieux (la montagne, ses sous-bois, ses sommets, tout un crépitement de verts et de bruns), les personnages, animés en 3D, sont... biologiquement corrects : ils ne causent pas (du tout), ne marchent pas sur deux pattes, ne se comportent pas comme un ado capricieux ou une princesse de Disney. Après tant de dessins animés à l'anthropomorphisme forcé, voire niais, c'est rafraîchissant. Un long métrage sans une ligne de dialogue, il fallait oser. C'est réussi : même sans paroles, le film est d'ailleurs tout sauf muet. Ça vrombit, ça trompette, ça bourdonne sans cesse, dans une bande-son très expressive, pleine de surprises et de drôlerie.

Ce culot créatif, les auteurs l'ont poussé jusqu'à restituer, le plus fidèlement possible, les mouvements et comportements des « vrais » insectes. Ainsi une fourmi appelle-t-elle sa « base » en faisant vibrer ses antennes. Mais le bruit qu'elle produit alors n'est pas réaliste : l'aimable tut-tut d'un vieux télégraphe. Minuscule est un conte, un vrai, qui enchante. De l'araignée solitaire à la coccinelle débrouillarde, en passant par un gang de mouches énervantes, les animaux ont de gros yeux ronds et des dégaines cartoonesques.

Cet univers insolite ne s'interdit rien, pas même une incursion du côté de l'épique et du grandiose. Lorsque, entre fourmis rouges et noires, la guerre éclate pour de bon, on se croirait presque dans Le Seigneur des anneaux : plans vertigineux et rougeoyants de la fourmilière assiégée, ambiance héroïque et grand spectacle garantis. Minuscule, mais géant.



 

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Yves Saint Laurent

Yves Saint Laurent

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Film de Jalil Lespert (France - 2013 - 1h46) avec Pierre Niney, Guillaume Gallienne et Charlotte Le Bon...


 

YSL affiche uneParis, 1957. A tout juste 21 ans, Yves Saint Laurent est appelé à prendre en main les destinées de la prestigieuse maison de haute couture fondée par Christian Dior, récemment décédé. Lors de son premier défilé triomphal, il fait la connaissance de Pierre Bergé, rencontre qui va bouleverser sa vie. Amants et partenaires en affaires, les deux hommes s’associent trois ans plus tard pour créer la société Yves Saint Laurent. Malgré ses obsessions et ses démons intérieurs, Yves Saint Laurent s’apprête à révolutionner le monde de la mode avec son approche moderne et iconoclaste.

 



Critique "Le Point.com"


Le jour où Yves Saint Laurent est mort (le 1er juin 2008), Pierre Niney avait à peine 19 ans. C'était un inconnu qui frappait aux portes du cinéma et du théâtre. Aujourd'hui, à 24 ans, il est YSL. La mort de ce dernier ? Il ne s'en souvient pas. L'homme ? Le vague savoir du commun des mortels : "Une silhouette, des lunettes, une élégance, rien de plus." Aujourd'hui, rien d'YSL ne lui est étranger : la couleur de ses cravates, sa diction un peu précieuse, son dessin, sa façon de toucher les tissus, avec ses mains-araignées... C'est en tombant sur un reportage photo pour Gala que le réalisateur, Jalil Lespert, a pensé à lui : "Je portais des lunettes comme YSL."

Il n'y a pas que les lunettes. Tout est là : la voix aiguë et cassante de ce myope timide, dégingandé et nerveux qui parlait comme on se dandine, ce corps noué, se dénouant parfois, ce mélange de forte poigne et d'extrême fragilité... Bienvenue, fantôme d'YSL. "En France, dans les biopics, les acteurs ont tendance à dire : "Je n'ai pas cherché à lui ressembler." Moi, si, j'ai eu envie. Si, à tel moment, ses amis peuvent se dire : "Oui, là, c'est lui", je serai heureux." Parmi ces "amis", il y a bien sûr Pierre Bergé, l'oméga du couple dont YSL était l'alpha. "La première rencontre a été intimidante, stressante. Mais il m'a parlé d'Yves de façon très douce, très pudique. Il m'a raconté des anecdotes, a essayé de me faire comprendre son humour, ses travers aussi, son égoïsme, ses colères..." Bergé n'est passé qu'une seule fois sur le tournage, pour le dernier défilé du film : "Nous tournions là où avait eu lieu ce défilé, à l'Intercontinental. Il y avait 600 figurants, on m'avait grimé pendant cinq heures et je crois que j'ai dû lui faire l'effet d'un fantôme qui resurgit."

Fils d'une prof d'arts plastiques et d'un philosophe, Pierre Niney a été plongé très tôt dans un bain de culture. Quand on lui dit que pour lui les choses sont allées très vite, il répond qu'elles sont "allées très jeune". Une tournée dès 17 ans au Meyerhold de Moscou, des bouts de rôle au cinéma (Améris, Guédiguian) comme à la Comédie-Française : "Ma première apparition, en 2010, c'était pour dire : "Madame, Monsieur de Fontenay", dans "Un fil à la patte". On apprend l'humilité." Après deux nominations au césar du Meilleur Espoir ("J'aime regarder les filles", "Comme des frères"), un succès public ("20 ans d'écart"), il sait que le compte à rebours de la célébrité a débuté. YSL avait explosé à 21 ans. Gageons qu'à 24 ans la gloire devrait aller à Niney aussi bien qu'un costume Yves Saint Laurent.

Inspiré de la remarquable biographie de Laurence Benaïm (1), "Yves Saint Laurent" retrace l'éclosion du génie chez Dior, les débuts de la maison avec Pierre Bergé, puis les années fun et sombres, la drogue, l'errance homosexuelle... Le film repose essentiellement sur la double présence de Niney et de Gallienne (Bergé), qui font revivre de façon touchante la relation très complémentaire entre le génie et le roc. Notons que Pierre Bergé, qui a souhaité le film, n'est pas allé contre certains voiles levés. Le film y gagne en force et en sincérité.

 

Critique "Le Nouvel Observateur"


Retour sur un génie de la mode ? Folle histoire d’amour ? Portrait d’époque ? "Yves Saint Laurent" est tout cela à la fois. Le film de Jalil Lespert débute à Oran, alors que le couturier n’est encore qu’un tout jeune homme, et suit l’ascension du créateur, de ses premiers pas chez Dior à sa propre maison de couture, créée en 1962, avec son associé et amant Pierre Bergé. Il ausculte les hauts et les très hauts de ce visionnaire de la mode, les robes Mondrian en 1965, le premier smoking en 1965, la collection Ballets russes en 1976 – sans rien nier des périodes moins fastes –, réussissant à mêler habilement l’intime et le médiatique, les sentiments et la création, la déchéance et la flamboyance, les névroses et la passion, les coulisses et les podiums.

L’entreprise était un peu folle : comment rendre la liberté du visionnaire que fut Saint Laurent sans égratigner le mythe ? Formidablement soutenu par ses interprètes, Pierre Niney (confondant, vraiment inspiré), et Guillaume Gallienne (parfait de tendresse, d’abnégation, d’intelligence affairiste et d’un brin de brutalité), le réalisateur y est parvenu, n’oblitérant ni la face noire de son sujet (crises de démence, infidélité du créateur, plongées dans l’alcool et la drogue dès la fin des années 1960), ni sa douceur, ni cette extraordinaire propension à dépasser les tabous. Il y a, dans son long-métrage, un côté petite madeleine, tantôt nature et tantôt pimentée au LSD – ces petits buvards qui circulaient dans les soirées des seventies. Un parfum d’enfance. Entre le plaisir presque sensuel qu’on éprouve à revisiter les créations du grand couturier et ces années bénies que furent les décennies 1960 et 1970 s’immisce la folle mélancolie d’un homme dévoré par le travail et rongé par ses démons intérieurs qui regarda filer sa jeunesse sans la vivre vraiment. Un glacis de tristesse qui rend le personnage encore plus touchant



 

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A coup sûr

A coup sûr

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Film de Delphine De Vigan (France - 2013 - 1h30) avec Valérie Bonneton, Laurence Arné, Eric Elmosnino...


 

A coup sur affiche uneElevée dans le culte de la performance et dans l’idée que toute compétence doit être optimisée, Emma est une jeune femme méthodique, volontaire et, en apparence, relativement sûre d’elle. Mais deux échecs consécutifs (réels ou supposés) lui laissent croire qu’elle a un vrai problème : elle est nulle au lit. Parce qu’elle est plus fragile qu’il n’y paraît, Emma décide donc de devenir... le meilleur coup de Paris !
Emma se lance alors dans la mise en œuvre d’un redoutable plan d’action (théorie, TP, validation des acquis...), lequel ne tarde pas à provoquer autour d’elle toute une série de malentendus et de catastrophes. D’une part, sa méthode ne s’avère pas très adaptée à son champ d’investigation et, d’autre part, Emma a sans aucun doute omis un détail : l’amour, lui, n’obéit à aucun plan.
Dans cette quête absurde et loufoque, Emma apprendra à lâcher prise, à perdre le contrôle et, au bout du compte, devra conquérir sa liberté.

 



Critique "Le Parisien"


Emma, très jolie trentenaire célibataire, a été élevée pour vivre dans son siècle. C’est-à-dire dans le culte de la performance. Dès ses essais au ski nautique, on lui a appris à être la meilleure. Par la suite, elle a enquillé diplômes et masters jusqu’à se retrouver journaliste économique dans un magazine dont le patron de la rédaction, pressé par les actionnaires, cherche toutefois à relancer les ventes en orientant ses sujets d’articles vers des courbes un peu plus roses.


Il se trouve qu’Emma est très concernée par cette offensive stratégique. Elle-même vit dans les affres d’une baisse de performance depuis que son dentiste, pour qui les conquêtes marchent comme sur des roulettes, l’a traitée de « limace » sexuelle. Un quiproquo avec son plus proche collègue de bureau enfonce le clou. Voilà notre canon abattu mais résolu à devenir « le meilleur coup de Paris ». « Tu pourrais même pousser jusqu’à Montargis » lui suggère, sur le ton de la plaisanterie émoustillée, son frère qui ne veut à sa sœur que du bien.Auteur de best-sellers qui ne versent pas dans la franche comédie parmi lesquels « Rien ne s’oppose à la nuit », Delphine de Vigan est aux manettes de cette sauterie qui avait à peu près tous les arguments pour se crasher. Sauf que s’interroger sur le thème de la perfection sexuelle, territoire jusqu’ici réservé à une condition masculine souvent dévastée par les films spécialisés, est un angle de tir qui ne court pas les scénarios. Servi par une brochette d’acteurs impeccables — Eric Elmosnino, épatant, inénarrable François Morel en sexologue, Valérie Bonneton, totalement barrée… —, ce film transforme un argument de Grosse Bertha en habile réflexion sur les mécanismes pervertis de l’amour. Quant à Laurence Arné, elle est, sur le plan de la comédie, une performance à elle toute seule.


 

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Qui voilà ?

Qui voilà ?

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Film d'animation Jessica Laurén narré par Hippolyte Girardot (Suède - 2010 - 0h32)


Cycle "Ciné-Mômes" - Tarif unique : 4 euros


 

Qui voila affiche unePetits films et grands sentiments
Qui voilà ? est un film très attachant destiné aux tout petits, composé de huit histoires de 4 minutes chacune.
Au sein d’un univers aux couleurs pastels, la petite Nounourse et ses amis s’amusent, jouent, se bagarrent et se réconcilient les uns avec les autres. Les histoires abordent chacune un thème différent en lien avec la vie réelle : dormir pour la première fois chez un ami, gagner un concours de saut en longueur dans le bac à sable, avoir un petit frère...
Les films sont basés sur les très populaires ouvrages jeunesse suédois du même nom et produits en étroite collaboration avec leur auteure Stina Wirsén. Chaque épisode représente un livre et dresse le portrait des questions quotidiennes auxquelles sont confrontés les plus jeunes enfants : Qui est seul ? Pourquoi le Chat est-il tout jaune alors que ses parents non ? Qui n’arrive pas à dormir ?

 

 

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