Le détail des films

Cinéma de Fronton » Home

Supercondriaque (Avant-Première)

Supercondriaque (Avant-Première)

By:
Categories: Cette semaine

Film de Dany Boon (France - 2013 - 1h47) avec Dany Boon, Kad Merad, Alice Pol et Judith El Zein...


 

Supercondriaque affiche uneRomain Faubert est un homme seul qui, à bientôt 40 ans, n’a ni femme ni enfant. Le métier qu’il exerce, photographe pour dictionnaire médical en ligne, n’arrange rien à une hypocondrie maladive qui guide son style de vie depuis bien trop longtemps et fait de lui un peureux névropathe. Il a comme seul et véritable ami son médecin traitant, le Docteur Dimitri Zvenska, qui dans un premier temps a le tort de le prendre en affection, ce qu’il regrette aujourd’hui amèrement. Le malade imaginaire est difficilement gérable et Dimitri donnerait tout pour s’en débarrasser définitivement. Le docteur Zvenska pense avoir le remède qui le débarrassera en douceur de Romain Flaubert : l’aider à trouver la femme de sa vie. Il l’invite à des soirées chez lui, l’inscrit sur un site de rencontre, l’oblige à faire du sport, le coach même sur la manière de séduire et de se comporter avec les femmes. Mais découvrir la perle rare qui sera capable de le supporter et qui par amour l’amènera à surmonter enfin son hypocondrie s’avère plus ardu que prévu...

 


[go_pricing id="supercondriaque"]

 

 

 

 
Le vent se lève

Le vent se lève

By:
Categories: Cette semaine

Film d'animation d'Hayao Miyazaki (Japon - 2013 - 2h06)


 

Vent se leve affiche uneInspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde.

Le vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle.

Hayao Miyazaki a uni deux hommes ayant existé, l’ingénieur Jiro Horikoshi et l’auteur Tatsuo Hori, qui vécurent à l’époque où se déroule Le vent se lève, pour créer Jiro, le personnage de fiction qui est au centre de cette grande histoire d’amour et de persévérance, qui parle des défis que pose la vie et de la difficulté de faire des choix dans un monde en plein chaos.

 




 

Critique "Culturebox"


Habituellement accueilli avec enthousiasme à chaque film, Miyazaki n’a pas fait l’unanimité avec « Le Vent se lève », annoncé comme son dernier long métrage. Le sujet retraçant la biographie du concepteur du chasseur « Zéro » a en effet fait polémique du fait de l’efficacité de cet avion qui fit des ravages chez les alliés durant la guerre dans le Pacifique, et qui servit notamment aux fameux kamikazes pour se crasher sur les porte-avions américains. Un appel au boycott du film a également été lancé en Corée du Sud pour les dégâts que fit le « Zéro » durant sa guerre contre le Japon.
On ne peut toutefois pas qualifier Miyazaki de va-t-en guerre. Ce qui le passionne, c’est évoquer les turpitudes d’un créateur unique dans lequel il s’est retrouvé, qui a traversé des épreuves tel que le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon, sans jamais démordre de ses objectifs. Son but, avec le « Zéro », était de créer l’avion le plus efficace, non en terme guerrier, mais pour son aérodynamisme. Il s’est seulement présenté au mauvais moment. A noter que l’on n’a pas fait un tel procès aux Britanniques qui conçurent un des chasseurs les plus performants avec le « Spitfire ». Celui-ci provoqua d’immenses pertes au sein de la flotte nazie et permit, en partie, aux alliés de remporter la Bataille d’Angleterre.
Mais « Le Vent se lève » ne se limite pas à un film sur l’ingénierie aéronavale. C’est aussi le portrait d’un homme intègre qui doit se battre contre vents et marées pour imposer ses idées. C’est également une belle histoire d’amitié avec son collègue Hongo et une histoire d’amour touchante avec Nahoko, répartie sur tout le film, comme un leitmotiv. Des sentiments que traduit une fois encore le compositeur fidèle à Miyazaki, Joe Hisaishi, dans ses partititons aériennes, aux cordes sensibles et enlevées, inséparables du maître de l'animation japonaise.

La mise en images est encore remarquable, éblouissante, et revient au style si précis et évocateur de Miyazaki dans ses plus grands films, délaissant le caractère un peu brouillon de son opus précédent « Ponyo sur la falaise ». Les scènes de vols rêvées par Jiro avec son idole italienne dans les années 20, Giovani Caproni, sont de toute beauté. Ainsi que ses paysages aux prairies verdoyantes, comme il est le seul à pouvoir les rendre. La scène du tremblement de terre de Kanto est très impressionnante et ses scènes de foule spectaculaires. La révolution industrielle en cours est également essentielle au film, avec ses visions d'usines, de trains à vapeur et bien sûr d'avions. Autant de signes soulignant la fin d'un monde et le début d'un autre qui va sombrer dans la guerre. Mais Miyazaki retrouve par instants son évocation bucolique de la nature, fil rouge de tout son œuvre. Au croisement de l’Histoire et de la poésie, « Le Vent se lève » demeure l’un des plus beaux films de son auteur qui, s’il se retire effectivement, manquera au cinéma mondial.



 

 

Critique "Les Inrockuptibles"


Il existe encore quelques spectateurs dans nos contrées qui détestent
ou repoussent le dessin animé japonais par principe, par préjugé ou expérience malheureuse. Certes, le film d’animation japonais, mais pas plus que ses compères occidentaux, aime souvent la mièvrerie.

Le nouveau film – présenté en compétition à la Mostra de Venise – d’Hayao Miyazaki, le grand maître du genre, devrait pourtant leur plaire.

Non que Le vent se lève ne soit dénué de cette sentimentalité qui nous paraîtrait insupportable dans tout film européen. Mais ce sont les conventions du genre, comme les gestes accentués dans les films de Bollywood le sont aussi. Pourtant, la complexité des sentiments souvent exprimés dans ce film-ci, un véritable chef-d’œuvre, devrait tous nous réconcilier avec ce cinéma, nous convaincre de sa totale modernité et de sa capacité à l’abstraction. Certes, Miyazaki préfère toujours la charge comique au discours politique.

Par exemple, ses militaires seront toujours des fantoches, des petits chefs ridicules, des malfaisants de vaudeville – les gaîtés de l’escadron –, un aspect gentiment antimilitariste qui lui a d’ailleurs été reproché dans son propre pays. Mais quel génie du dessin et de l’animation, une nouvelle fois !

Un tremblement de terre (celui de Kanto, en 1923) devient sous sa patte le dos d’un crocodile qui se déplace lentement, écaille par écaille… La Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon sont montrées avec une inventivité et un sens de l’image qui frappe ou de l’ellipse inépuisé. Car, nouveauté, le dernier film annoncé de Miyazaki – pour semble-t-il des raisons de fatigue, mais il continuerait à travailler comme producteur au studio Ghibli – est aussi son plus réaliste, et sans doute son plus personnel malgré les apparences.

Fondée sur la vie de personnages réels (le génie de l’aviation Jiro Horikoshi et le romancier Tatsuo Hori), l’histoire du Vent se lève est celle d’un as de l’aéronautique, Jiro, l’inventeur du fameux chasseur “Zero”, le monoplace emblématique de l’armée japonaise lors de la Seconde Guerre mondiale. L’enfant passionné d’aviation devient très vite l’un des principaux artisans de l’usine où il est embauché.

Il voyage en Allemagne… Il a aussi une amoureuse, Naoko, qu’il a rencontrée et aidée lors du tremblement de terre de Kanto (l’une des scènes les plus spectaculaires), alors qu’elle n’était qu’une enfant. Plus la guerre approche, et plus Jiro semble avoir trouvé dans le vol des hirondelles le modèle idéal pour l’avion de ses rêves.

Aussi choquant que cela puisse paraître, le héros de Miyazaki se vit avant tout comme un artiste dégagé, ou désengagé. Impossible pour nous de ne pas y voir un autoportrait de Miyazaki lui-même, pourtant pas exempt d’une part très forte d’autocritique, sinon d’autoflagellation. Jiro est un égoïste, si passionné par son métier qu’il en oublie le reste. Miyazaki ne tente-t-il pas de le dédouaner de toute responsabilité politique, de nous faire oublier qu’il travaille en toute cécité pour un régime fasciste qui compte sur lui ? Et pourtant non.

Dans une des scènes les plus déchirantes, Jiro, après avoir appris que Naoko est très malade, prend un train pour se rendre à son chevet. Alors, tandis qu’elle se repose, il lui prend la main, et de l’autre se met à dessiner et dessiner des plans d’avions…

Quiconque ne pleure pas à cet instant à un cœur de béton. Mais l’image amoureuse est ambiguë : qui donne de la force à qui ? qui en a le plus besoin ? Dans ce long échange amoureux entre ces deux êtres qui s’aiment, il y a l’idée que l’artiste est aussi, d’une certaine manière, en train de vider le corps de son aimée de son énergie vitale. Egocentré, vampirique, ce jeune homme bien sous tous rapports épuise tous ceux qui l’entourent. Touché certes par leur souffrance, mais continuant à marcher sur sa route tandis qu’ils tombent derrière lui…

Alors, quand le vent se lève à la fin du film, après le spectacle désolé des milliers de carcasses d’avions issues des combats aériens de la guerre du Pacifique, notre héros reste seul et redit une dernière fois la phrase emblématique du film, signée Paul Valéry : “Le vent se lève ! Il faut tenter de vivre !” Seul à avoir survécu. Doit-il s’en réjouir ?

 

Critique "Libération"




Au risque de surprendre, Le vent se lève nous a rappelé un autre dernier film d’un autre génie du cinéma : Eyes Wide Shut, de Kubrick. Bien sûr, l’Américain n’avait pas anticipé sa mort soudaine et encore moins pris, comme Miyazaki, une retraite préventive. Mais le film de Kubrick, sa facture étrangement hors d’âge, son obsession sexuelle traitée sur le mode d’une cérémonie frigide hébétée, le douloureux parcours du héros interprété par Tom Cruise comme avalé dans sa propre angoisse, on la retrouve dans ce mélodrame historique stupéfiant. Au fond, un grand cinéaste sait qu’il lui faut, tôt ou tard, faire la théorie de lui-même comme un Autre radicalement séparé, puissamment opaque qu’il n’a cessé toute sa vie d’emmailloter tel un enfant malingre des somptueux langes tissés d’or de la fable. Le dernier film présente cet enfant dans la nudité ultime du vieillard pressentant la mort, offert à la trahison d’un art dont le caractère rédempteur se dérobe soudain devant la cruauté têtue de la réalité.

Car Le vent se lève se présente intégralement sous le signe de la catastrophe et de l’aveuglement. Il nous transporte dans les années 20 sur les traces de Jirō Horikoshi, un ingénieur ayant véritablement existé et qui fut le concepteur de l’avion de combat A6M Zero (le «Rei-sen»), redoutable chasseur bombardier, véloce et carnassier, un bijou technique qui fit des ravages lors de l’attaque de Pearl Harbour. Dans le film, Jirō est d’abord un jeune garçon qui se rêve pilote mais que sa vue trop basse empêche d’embrasser une telle carrière. Il décide alors de concevoir des avions et c’est dans ce but qu’il quitte sa famille pour s’installer à Tokyo et y passer un diplôme d’ingénieur. Rapidement, il est embauché chez Mitsubishi, où son talent pour inventer des fuselages toujours plus aérodynamiques et lisses le fait remarquer. Il voyage en Europe, vient à la rencontre des Allemands qui développent des prototypes estampillés de croix gammées. Mais Jirō ne voit le mal nulle part, obnubilé par l’idée qu’il lui faut trouver les solutions à des équations de fuselages et d’allégement de matériel de vol qui sont autant de défis lancés à son intelligence et à sa soif de perfection.

Le film porte les traces cuisantes de l’effondrement technologique, écologique et moral de mars 2011. Le déchaînement de la nature provoquant l’accident de Fukushima représente exactement la synthèse de forces maléfiques dont le cinéaste n’a cessé d’exorciser l’inexorable accomplissement. La rivière polluée devenue un monstre infect dans le Voyage de Chihiro ou la révolte des divinités de la forêt dans Princesse Mononoke face à l’avancée industrieuse des humains, et jusqu’à la tempête submergeant le village de Ponyo en 2008, ce que l’on prenait pour les prophéties lunatiques d’un vieux fou submergé sous sa montagne de story-boards a sauté à la figure du pays avec une violence qui ne cesse de se répandre comme une lèpre.

A cela s’ajoute une investigation autobiographique encore plus troublante. D’abord parce que Miyazaki est né en 1941 et qu’à l’époque, son père dirige une entreprise de fabrication de gouvernail notamment pour les Zero. Le cinéaste, qui fut dans sa jeunesse un ardent militant marxiste, reviendra souvent sur le sentiment de culpabilité qu’il ressentait d’avoir dû une partie de son confort matériel à une telle entreprise de mort fasciste. De plus, la jeune femme que Jirō rencontre dans le film et dont il tombe amoureux se consume dans un sanatorium, les poumons grignotés par la tuberculose, or la propre mère du cinéaste fut frappée de tuberculose spinale en 1947, l’obligeant à se soigner et à garder le lit pendant près de dix ans. Une parfaite osmose se dessine entre Hayao Miyazaki, qui passa son enfance à dessiner des avions, et son personnage Jirō, quelqu’un qui semble laisser le soin aux autres d’écrire l’Histoire tant lui doit s’absorber dans la tâche de concevoir de nouveaux modèles. La représentation de l’atelier Mitsubishi n’est d’ailleurs pas sans rappeler un plateau de production de dessin animé avec ses dizaines de jeunes gens arc-boutés sur leur pupitre, crayon à la main.

«Chacun s’engage sur les illusions d’optique de son point de vue isolé», écrit Walter Benjamin dans Sens unique, un texte sur la façon dont les individus s’arrangent toujours pour exonérer leur existence personnelle des errements collectifs. Le désenchantement de ce dernier film, sa noirceur amère, est à cet égard en rupture avec la dynamique optimiste qui emportait jusqu’alors les fictions du maître. Comme si sa capacité à naviguer à l’aise dans toutes les épaisseurs du monde, du ciel aux tréfonds de la Terre, crevant les paliers du rêve et de l’éveil, de la plénitude des sens et de l’embrasement des bornes morales, était soudain frappée de paralysie, les anciennes perspectives ouvertes se refermant autour de Jirō comme autant d’impasses. Le film travaille l’articulation bouleversante entre autonomie et solitude, le personnage croisant en un court-circuit fulgurant le reflet endeuillé de son désir. On notera que le film est aussi l’histoire d’un couple sans postérité, qui ne nous lègue en quelque sorte que la ruine collective que leur amour blasonne d’une manière poignante. Miyazaki ne pouvait mettre point final plus beau à sa carrière, où il est à la fois la plaie et le couteau, scellant dans la chair du film la formule énigmatique de sa propre existence.


 



 

[go_pricing id="ventleve"]

 

 

 

 
Albator, Corsaire de l’Espace

Albator, Corsaire de l’Espace

By:
Categories: Cette semaine

Film d'animation de Shinji Aramaki (Japon - 2013 - 1h55)


 

Albator-Corsaire-de-lEspace-Affiche-France uneAlbator (Capitaine Harlock) était jadis un officier de l'armée. A bord de son vaisseau l'Arcadia, il a provoqué le soulèvement des forces alliées avant de disparaître du système solaire. Devenu une véritable légende après un siècle d'errance, son but reste mystérieux et lorsque son vaisseau réapparait tel un vaisseau fantôme, de nombreuses questions resurgissent.
Pourquoi Albator est-il devenu un pirate ? Pourquoi l'homme à la profonde cicatrice s'est-il révolté contre le gouvernement ? Que va-t-il faire à présent ?

 




 

Critique "Culturebox"


Créé en 1969 en bande-dessinée, Albator est arrivée en France dans la foulée de la découverte des séries animées japonaises, avec toutefois une gratification au niveau des scénarios et du soin visuel apporté à la série, par rapport à ses concurrents. C’est la même reconnaissance qui s’applique à cette adaptation au cinéma. Ainsi James Cameron, connaisseur en la matière, qualifie le film de « Mythique, épique et visuellement sans précédent ».

Nous ne sommes pas loin de cet avis, tant l’« Albator » de Shinji Aramaki s’avère un très beau space opera dans tous les sens du terme, mais sans doute, au premier plan, pour son graphisme et son mouvement. Film d’animation numérique, « Albator » joue la carte du plus grand réalisme dans le domaine, atteignant des sommets dans son design, tant dans les décors spatiaux, les vaisseaux ou les personnages, même si ce sont ces derniers qui pâtissent un peu plus du procédé, tout de même performant à leur égard.

L’attribut de « corsaire de l’espace » au personnage d’Albator » est quelque peu impropre. En effet, un corsaire est à la solde d’un souverain, alors qu’un pirate pille les vaisseaux pour son propre compte et son équipage. Vu son opposition au régime plénipotentiaire décrit dans le film et la tendance anarchisante du héros, capitaine de vaisseau, Albator est plus un pirate qu’un corsaire. Comme le souligne son bandeau sur l’oeil, le drapeau au faîte de son navire, ou la tête de mort de proue qui déchire les coques ennemies, sans parler des abordages spatiaux qui renvoient à ceux du XVIIe siècle sur mer.

Enfin, la production tient de la performance : cinq ans de mise en œuvre, 150 personnes aux commandes des effets spéciaux et 100 millions de fichiers informatique créés. Mais tout ne relève pas de la seule technique dans « Albator ». Le scénario est digne du meilleur space opera, avec un héros des plus ténébreux et torturés, donc romantique, ses acolytes n’étant pas mal non-plus. Toutefois le script s’embrouille quelque peu sur la fin, mais cela ne gâche aucunement le plaisir que les amateurs du genre pourront y prendre.




 



[go_pricing id="albator"]

 

 

 

 


Un beau dimanche

Un beau dimanche

By:
Categories: Cette semaine

Film de Nicole Garcia (France - 2013 - 1h31) avec Louise Bourgoin, Pierre Rochefort, Dominique Sanda...


 

Un beau dimanche affiche def uneBaptiste est un solitaire. Instituteur dans le sud de la France, il ne reste jamais plus d’un trimestre dans le même poste.
A la veille d’un week-end, il hérite malgré lui de Mathias, un de ses élèves, oublié à la sortie de l’école par un père négligent.
Mathias emmène Baptiste jusqu’à sa mère, Sandra.
C’est une belle femme, qui après pas mal d’aventures, travaille sur une plage près de Montpellier.
En une journée un charme opère entre eux trois, comme l’ébauche d’une famille pour ceux qui n’en ont pas.
Ça ne dure pas. Sandra doit de l’argent, on la menace, elle doit se résoudre à un nouveau départ, une nouvelle fuite.
Pour aider Sandra, Baptiste va devoir revenir aux origines de sa vie, à ce qu’il y a en lui de plus douloureux, de plus secret.

 


Critique "L'Humanité"


Il y a des films simples et lumineux comme leur titre, qui peuvent néanmoins se révéler plus complexes qu’ils n’en ont l’air simultanément. Ainsi celui-ci avec ses apparences prometteuses, affichant les couleurs d’une œuvre de la transparence et qui va pourtant pratiquement dès le départ se révéler d’emblée être un film du secret. Passe encore pour le titre, même si l’action se déroule non sur un mais sur trois jours, ce long week-end de la Pentecôte qui sonne comme le début des congés estivaux, même s’il est promis à une fin imminente imposant de remettre le couvert au moins un petit peu. Passe encore sur l’unité de lieu aussi circonscrite précisément que l’est l’unité de temps. Nous sommes dans le Midi sur la Côte, baignés de cette belle lumière irradiante que Nicole Garcia s’est si volontiers plu à capter d’une caméra sensuelle qui ne saurait volontiers installer son nid dans les frimas et les brumes. En revanche l’unité d’action relève de la pure coïncidence.Rien ne se serait passé si un père imprévoyant n’avait omis d’arriver à temps retirer sa progéniture de l’école. C’est ainsi qu’est introduit le premier personnage, humble parmi les anonymes. C’est Baptiste, et le rôle est tenu par Pierre Rochefort dans le cadre de sa première vraie prestation. Ce jeune homme, qui a été l’enjeu et l’initiateur du film, est aussi le fils de la réalisatrice, qui incarne là un instituteur solitaire refusant les affectations et préférant, malgré la modicité du salaire, ne jamais rester plus d’un trimestre dans le même poste. C’est ainsi qu’il hérite devant la porte de son établissement de son élève Mathias, et le voilà du coup propulsé à la rencontre du deuxième personnage, Sandra, mère de Mathias, rôle tenu par Louise Bourgoin, toujours aussi sûre d’elle-même que du temps où elle était parvenue à imposer l’écoute du bulletin météo comme une figure obligée.

Entre celle qui gagne ses sous en toute liberté en cachetonnant dans un restaurant de plage du coin et le fil à la patte de l’instituteur provisoirement chargé du gosse de l’autre, l’attraction va pourtant se produire, sans qu’il soit évident de déterminer qui tient le rôle de la limaille et qui tient celui de l’aimant. Disons que chacun a sa vie privée, sa part d’ombre, son jardin secret. Il faudra tardivement pour découvrir le secret derrière la porte qu’émerge le troisième et dernier personnage important, Liliane, mère de Baptiste, rôle confié à la toujours émouvante Dominique Sanda qui retrouve l’aura qui était la sienne chez Bresson ou Visconti. Écrit avec Jacques Fieschi, ce film aurait dû nous déplaire, trop de plans, trop de caméra portée, trop d’intrigue familiale, trop de ce qu’on n’aime pas en général. Pourtant, toutes ces prévenances se sont muées en vertus. On est ressorti de la salle ému et comblé. Et si Nicole Garcia avait donné là son meilleur film ?

Critique "aVoir-aLire.com"


Baptiste est un solitaire. Instituteur dans le sud de la France, il ne reste jamais plus d’un trimestre dans le même poste. A la veille d’un week-end, il hérite malgré lui de Mathias, un de ses élèves, oublié à la sortie de l’école par un père négligent. Mathias emmène Baptiste jusqu’à sa mère, Sandra. C’est une belle femme, qui après pas mal d’aventures, travaille sur une plage près de Montpellier. En une journée un charme opère entre eux trois, comme l’ébauche d’une famille pour ceux qui n’en ont pas. Ça ne dure pas. Sandra doit de l’argent, on la menace, elle doit se résoudre à un nouveau départ, une nouvelle fuite. Pour aider Sandra, Baptiste va devoir revenir aux origines de sa vie, à ce qu’il y a en lui de plus douloureux, de plus secret. Notre avis : Plus de vingt ans après son premier long métrage Un week-end sur deux, Nicole Garcia renoue, après plusieurs films à gros budget, avec un cinéma d’auteur beaucoup plus intimiste. Elle s’est entourée d’une équipe de jeunes acteurs ayant fait leurs premières classes au théâtre. Fini les travellings dispendieux pour un retour à un tournage vagabond, caméra à l’épaule qui, en collant au plus près des personnages, traduit parfaitement le caractère hésitant, fragile et tendu des situations. Le résultat : Un beau dimanche – film où Nicole Garcia, toujours avec beaucoup de sensibilité, retrouve une certaine liberté. Le scénario d’Un beau dimanche, coécrit avec son fidèle complice Jacques Fieschi, est une histoire toute simple, linéaire, qui se déroule sur trois jours. On nous invite à y entrer avec délicatesse et bonheur.

Baptiste (Pierre Rochefort), prof des écoles remplaçant dans le sud de la France, va de ville en village, de classe en classe, enseigner avec conviction conjugaisons, divisions et autres figures géométriques. Baptiste aime ses élèves mais tient à les maintenir à distance. Nomade, solitaire étrange, faussement serein, ne voulant s’attacher nulle part ni avec personne. Nous le voyons ainsi rouler nonchalamment en scooter et fumer seul des joints dans sa chambre meublée plutôt sinistre. Pierre Rochefort a-t-il un jeu hésitant dans son rôle de prof des écoles ? Est-il le personnage hésitant que Nicole Garcia a souhaité mettre en scène ? Nous hésitons, nous, à trancher.
La veille du week-end de la Pentecôte un élève, Mathias, attend son père qui l’a oublié à l’école... Brinquebalé entre son père et sa mère, le gamin va finalement être le « catalyseur » de la rencontre entre sa mère Sandra (Louise Bourgoin) et Baptiste.
Louise Bourgoin, que nous avons vue récemment en odieuse mère supérieure dans La Religieuse, après d’autres rôles plus légers, joue avec crédibilité dans ce « beau dimanche » Sandra, une saisonnière de la restauration au bord d’une plage populaire. Belle fille paumée, traquée par des individus qui lui réclament 50 000 euros...

L’abandon de Mathias permet donc la rencontre de ces deux êtres qui se révèlent, chacun dans son registre, des ratés de la vie, des fracassés en fuite avec eux-mêmes et avec les autres. Ils vont rapidement découvrir leurs sentiments amoureux l’un pour l’autre. Ils s’aiment parce qu’ils sont « tristes »... Baptiste décide alors de ne plus fuir et trouve la force, grâce à Sandra et Mathias, d’affronter son passé. En fait tout se passe comme si les personnages de ce trio étaient depuis longtemps en quête les uns des autres.
Le film devient captivant lorsque ledit trio part en voiture ce fameux dimanche pour se retrouver dans la propriété de la famille de Baptiste. Une famille rassemblée là pour un dimanche certainement comme les autres, à ses yeux. Des gens de la haute bourgeoisie, qui s’adonnent aux loisirs et aux conversations futiles, aux plaisirs du tennis et de la piscine. On s’ennuie et on se fatigue en famille. Baptiste, le fils rebelle, qu’ils n’ont pas vu depuis longtemps, arrive au milieu de sa tribu d’origine, flanqué de cette fille (sans doute « une passade »...) et de son fils.
Apparaît alors la mère de cette dynastie, Liliane – éblouissante Dominique Sanda – et l’atmosphère du film prend alors des tonalités proches de Tchékhov ou de Bergman. Deux mondes, celui de la précarité et celui de l’argent et de l’héritage s’affrontent. Au bungalow de Sandra, la sœur de Baptiste oppose sans arrogance les « dix chambres » de la propriété familiale.

Nicole Garcia évite subtilement les clichés. Pas question de juger ces gens dont la vie se confond à l’univers de l’argent, de la Bourse et autres affaires financières. À chacun sa logique sociale, et puis, à leur façon, ils peuvent même nous émouvoir dans leur recherche désespérée de l’argent. Baptiste est revenu certes – mais uniquement pour venir chercher les fameux 50.000 euros… La mère martèle impérieusement que la place de Baptiste est parmi eux. Les frères assurent péremptoirement qu’il n’a pas le droit de laisser sa part d’héritage… Les tensions entre mère, frères, sœurs et Baptiste sont bien là dans le film, mais parfaitement retenues. Plusieurs scènes, magnifiquement maîtrisées – notamment celle du déjeuner-règlement de comptes – doivent beaucoup à la présence de Dominique Sanda qui irradie le film.
Baptiste repartira de la maison familiale en cette fin de dimanche. Apaisé, libéré, autrement libre.
À partir d’un sujet douloureux, Nicole Garcia nous offre un film décidément ravigotant.



[go_pricing id="dimanche"]

 

 

 

 
12 years a slave (VF & VOST)

12 years a slave (VF & VOST)

By:
Categories: Cette semaine

Film de Steve Mc Queen (Etats-Unis - 2013 - 2h13) avec Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Brad Pitt....


- Prix du Public au 38ème Festival International Du Film De Toronto 2013

- Prix du Meilleur Film Dramatique aux Golden Globes 2014

- Prix - ex aequo - du meilleur film aux Producers Guild Awards 2014

- Prix de la Meilleure Actrice dans un second rôle pour Lupita Nyong'O aux Screen Actors Guid Awards 2014


12 years a slave affiche uneLes États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession.
Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave.
Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité.
Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie…

 

 

Critique "aVoir-aLire.com"


L’esclavage aux Etats-Unis reste un pan de l’histoire américaine toujours compliqué à aborder, et qui s’est souvent soldé par des films plutôt médiocres où le sentimentalisme l’emportait. Mais en un an à peine, deux cinéastes s’y sont essayés avec réussite, en proposant des traitements radicalement différents : Django Unchained, où Quentin Tarantino revisite de manière jouissive cette histoire américaine, et aujourd’hui 12 Years A Slave de Steve McQueen.


L’audace de Brad Pitt, entre autre producteur du film, est d’avoir demandé au plasticien britannique Steve McQueen de se confronter à ce sujet. Ce n’est en effet pas une idée si évidente à la vision des films précédents de ce dernier, dont les mises en scène souvent puissantes restent particulièrement âpres, et annihilent toute émotion. Dans 12 Years A Slave, Steve McQueen n’abandonne pas cela mais c’est ce qui finalement va servir le sujet.
Soustrayant tous les excès de ses films précédents, il propose ici une mise en scène classique, dans le bon sens du terme, car il se permet un langage cinématographique qu’on ne voit que très rarement dans le cinéma populaire américain. Il n’a pas peur de la longueur (quelques plans-séquences), des gros plans sur son personnage principal… Et finalement l’émotion passe non par les larmes et le sentimentalisme, mais par une souffrance physique, que va ressentir aussi le spectateur. En sortant du film, on ne peut que se remémorer cette scène insoutenable lors de laquelle Solomon est laissé pendu plusieurs heures.

La caméra de McQueen est collée au destin de cet esclave affranchi qui se retrouve enchaîné pendant 12 années après avoir été kidnappé. Cette trajectoire fascine car c’est un personnage qui est peu évident à aborder en tant que spectateur car il exprime assez peu ses émotions, ne tombe jamais dans l’affliction, ne s’apitoie pas… C’est un homme qui se définit par l’action, et sa volonté de survie. Mais malgré une telle force d’âme, le réalisateur montre que face au système la résignation l’emporte, car l’humain se fait broyer physiquement mais également moralement.
Ce film marquera évidemment les esprits car il reste un choc quoi qu’on en pense. En tout cas, le film a le mérite de proposer un regard différent sur cette histoire de l’Amérique et n’a pas peur de concrétiser la souffrance. Un grand film !

 

Critique "La Croix"


Tout impressionne dans le parcours de Steve McQueen, dont on ne sait si l’homonymie avec le célèbre acteur américain disparu en 1980 est le résultat d’une facétie parentale. Ce colosse noir né à Londres en 1969 s’est d’abord fait connaître en tant que vidéaste auprès des amateurs d’art contemporain, grâce à une série d’œuvres désormais inscrites dans les collections les plus prestigieuses.

En 2008, l’artiste faisait son entrée au Festival de Cannes avec Hunger , premier long métrage de cinéma qui lui valait de recevoir la prestigieuse Caméra d’Or. Dans ce film éprouvant, implacable, remarquable de maîtrise, il évoquait la résistance carcérale menée par l’Irlandais Bobby Sands et d’autres prisonniers de l’IRA, face à l’intransigeante Margaret Thatcher.

En 2011, son second long métrage, Shame , était récompensé à la Mostra de Venise par un prix d’interprétation décerné à son acteur principal, Michael Fassbender, dans le rôle d’un jeune cadre new-yorkais incapable de vaincre sa dépendance à la pornographie pour s’engager dans une réelle relation affective.

Auréolé du Golden Globe du meilleur film dramatique, considéré comme l’un des favoris aux prochains Oscars, 12 Years a Slave confirme ces débuts tonitruants et montre, s’il en était besoin, que Steve McQueen a l’étoffe des très grands. Dans ce long film de souffrances humaines endurées au cœur des magnifiques décors naturels de la Louisiane, le cinéaste raconte l’histoire vraie de Solomon Northup, Américain noir, homme libre, musicien marié et père de famille, enlevé en 1841 dans le nord des États-Unis pour être vendu dans le sud et réduit en esclavage dans les plantations.

Solomon Northup raconta ses douze années de captivité dans un récit méconnu auquel le film emprunte son titre (que l’on peut traduire par « Douze ans d’esclavage ») (1). Presque oublié avant que le film ne l’exhume, l’ouvrage, publié en 1853, avait suscité un grand intérêt en témoignant de la réalité de la condition d’esclave, y compris dans les dimensions morales et spirituelles.

Portée par un comédien britannique jusqu’ici inconnu du grand public, Chiwetel Ejiofor, cette longue et ample adaptation historique est une œuvre d’une force et d’une densité saisissantes. Produit, entre autres, par l’acteur Brad Pitt qui endosse un petit rôle de charpentier dans le film, Steve McQueen réussit la prouesse de ne rien perdre de sa puissance d’évocation, de son identité profonde de cinéaste, tout en tournant son premier film en costumes d’époque sous le regard de Hollywood.

On pourrait croire, en découvrant l’époustouflante beauté des paysages filmés, à un paradoxe entre la forme et le fond de l’œuvre. Au contraire, le cinéaste a fait de cette opposition l’un des axes forts de sa réflexion : « Oui, des choses horribles peuvent se passer dans les plus beaux endroits, confie-t-il. Le monde est pervers, y compris sur le plan esthétique et je tenais, avec ce film, à montrer la perversité du monde. »

De Hunger à 12 Years a Slave en passant par Shame, certains thèmes reviennent avec insistance. Le corps occupe une place prépondérante, symbole physique, individualisé, du supplice social ou politique, épicentre évident de la douleur mais aussi du refus de la soumission. Ce corps contraint, enfermé, aliéné, témoigne aussi, bien sûr, d’une infranchissable distance entre les êtres (qui ne peut, dans le cas présent, se limiter à la distance maître-esclave).

Une fois de plus, Steve McQueen montre qu’il a des choses à dire, et il les formule sans détour. Comme les précédents, son dernier film empoigne sans faire semblant les questions profondes que le sujet appelle. En s’emparant – à rebours de la tradition narrative – de la figure d’un Américain libre réduit en esclavage par d’autres Américains, il offre un nouveau point de vue – qui n’a rien d’anecdotique – sur un des épisodes les plus douloureux de l’histoire du pays.

« Je veux vivre, pas simplement survivre », dit Solomon, homme éduqué, sachant lire et écrire, à ceux dont il partage la condition. La différence entre l’esclave né libre et celui qui n’a connu que la captivité est considérable : le premier sait exactement quelle part d’humanité lui est niée.

 

Critique "L'Humanité"


La liste des nominations aux oscars n’annonce pas automatiquement celle des vainqueurs mais elle est un indice qui témoigne fortement du goût des votants. C’est ainsi que, après avoir déjà été couronné du trophée du meilleur acteur dramatique (attribué à Chiwetel Ejiofor) lors des récents golden globes, 12 Years A Slave vient d’empocher neuf nominations pour les prochains oscars (verdict le 2 mars prochain), ce qui est pour le moins considérable pour un drame d’époque sans effets spéciaux faisant appel à la connaissance historique, à la sensibilité et non à l’adrénaline. Du poids lourd donc, ce qui n’étonnera pas qui a déjà vu les deux premiers chefs-d’œuvre de l’auteur, Hunger et Shame.

Une nouvelle fois le ton a changé, encore davantage puisque, après avoir côtoyé les grévistes de la faim en Irlande et les yuppies avides de sexe, de coke et de dollars de Wall Street, nous voici immergés dans le Sud profond de l’esclavagisme, film d’époque donc, qui nous renvoie à celle de la guerre de Sécession, de surcroît une adaptation littéraire plutôt fidèle d’un livre bien connu aux États-Unis, pas encore chez nous, pour avoir été le premier témoignage écrit par un Noir – ce qui implique en l’occurrence par quelqu’un sachant lire et écrire – témoignant d’une évidente qualité littéraire. Il s’agit de ce 12 Years A Slave signé Solomon Northup en 1853. Nous voici donc dans le grand sujet, ce sujet fondamental qui a débouché sur des récits créateurs de mythe qui vont de Naissance d’une nation à Autant en emporte le vent, pour ne citer que les plus connus mais qui vont aussi bien de l’Esclave libre, de Raoul Walsh, à Lincoln, de Steven Spielberg.

L’originalité de l’histoire est que les hasards de la biologie ont choisi de faire naître Solomon Northup dans une famille certes « de couleur » comme on dit à l’époque mais aussi parmi les musiciens new-yorkais donc protégés de l’esclavage… jusqu’au jour où deux négriers le font boire puis l’entraînent en territoire ségrégationniste pour le monnayer, d’où ces douze ans d’esclavage annoncés par le titre, jusqu’au jour où le pauvre hère finira par être pris en pitié par un abolitionniste canadien.

L’histoire est magnifique, haute de dignité, donnant foi en l’homme tout en n’en cachant pas les penchants les plus sordides. Dans ce récit qui prend le temps de respirer, on appréciera aussi la qualité de l’interprétation des protagonistes comme une composition qui laisse au format large sa pleine justification. C’était le moins pour rendre hommage aux quatre millions de descendants d’Africains en provenance d’Europe dont un, et un seul, a pu exprimer ce qui s’avéra être sa tragique condition.

 

[go_pricing id="12years"]

 

 
Minuscule – La vallée des fourmis perdues (2D ou 3D)

Minuscule – La vallée des fourmis perdues (2D ou 3D)

By:
Categories: Cette semaine

Film de Thomas Szabo et Hélène Giraud (France - 2013 - 1h29)


 

Minuscule affiche uneDans une paisible clairière, les objets d'un pique-nique laissés à l'abandon après un orage vont être le point de départ d'une guerre entre deux bandes rivales de fourmis, ayant pour enjeu une boîte de sucre.
C'est dans cette tourmente qu'une jeune coccinelle va se lier d'amitié avec une fourmi noire et l'aider à sauver sa fourmilière des terribles fourmis rouges.

 




Critique "Le Parisien"


Ils ont osé… et ils ont bien fait. Pourtant, se lancer dans un film d’animation de quatre-vingt-dix minutes, à destination du jeune public, sans aucun dialogue, ce n’était pas gagné. Mais à l’arrivée, les spectateurs de « Minuscule » en restent… sans voix. Parce que ces fourmis, coccinelles et araignées animées nous embarquent dans une histoire digne des meilleurs thrillers, uniquement à coups de bruits, totalement hilarants, émis par les insectes.



Adapté de la série télé française du même nom, « Minuscule » conte la bataille entre deux groupes de fourmis, les gentilles noires et les méchantes rouges. En sous-nombre, les premières vont devoir leur salut à l’aide inespérée d’une petite coccinelle orpheline et temporairement incapable de voler, qui va user de stratagèmes courageux pour venir à la rescousse de ses amies. Et c’est là que l’on assiste à des épisodes dignes des meilleurs classiques du cinéma : poursuite façon James Bond en radeau, qui est en fait une boîte de sucre, scènes de guerre à la « Spartacus », envolées naturalistes dans le style « Lawrence d’Arabie »…


Parvenir à de tels prodiges n’a pas été simple. Il aura fallu presque quatre ans à Thomas Szabo et Hélène Giraud, les deux réalisateurs français de « Minuscule », pour terminer le film, qui mélange les décors naturels, filmés dans les parcs nationaux du Mercantour et des Ecrins en prises de vue réelles et les personnages animés. Sans parler des complexes réglages de la 3D, pour lesquels ils ont fait appel à la meilleure spécialiste du genre. Et on en prend plein les lunettes!Au final, ces microscopiques bestioles animées parviennent à faire trembler, rire ou pleurer enfants et parents comme seuls en sont capables les meilleurs comédiens : petits personnages, grand spectacle.




Critique "Télérama"


Avez-vous déjà vu une boîte à sucre escalader des rochers ? Descendre des rapides ? Traverser une route de montagne ? Et tout ça à dos de fourmis noires ? Pour elles, cet objet usuel, abandonné par des pique-niqueurs, représente un fabuleux trésor. Une sorte de Graal : assez de délicieux petits cubes blancs pour nourrir toute la fourmilière pendant une éternité. En la transportant, l'escouade d'ouvrières intrépides et déterminées affronte une bande rivale (l'infâme équipe des rouges), adopte au passage une adorable petite coccinelle perdue, et vit un tas d'autres épreuves, hilarantes, tendres ou trépidantes.

Dans Minuscule, tout est affaire d'échelle. Plus c'est petit, plus c'est grand. A hauteur d'insecte, les cailloux sont des falaises, les fleurs s'élèvent aussi haut que des baobabs, les lézards ressemblent à des tyrannosaures. Cette seule idée mérite le déplacement : les deux réalisateurs ont bâti une ébouriffante aventure, rien qu'avec une banale boîte en fer-blanc. Ce n'est certes pas la première fois que le cinéma d'animation observe à la loupe les mandibules et les élytres. Mais Minuscule fait tout oublier : les 1 001 Pattes de Pixar, le Fourmiz de DreamWorks, tout fait toc et plastique à côté de cette odyssée farfelue.

Adapté d'une fameuse série télé­visée du même nom, le film en reprend le principe : les décors, naturels, sont filmés en prises de vues réelles. Sur ces paysages radieux (la montagne, ses sous-bois, ses sommets, tout un crépitement de verts et de bruns), les personnages, animés en 3D, sont... biologiquement corrects : ils ne causent pas (du tout), ne marchent pas sur deux pattes, ne se comportent pas comme un ado capricieux ou une princesse de Disney. Après tant de dessins animés à l'anthropomorphisme forcé, voire niais, c'est rafraîchissant. Un long métrage sans une ligne de dialogue, il fallait oser. C'est réussi : même sans paroles, le film est d'ailleurs tout sauf muet. Ça vrombit, ça trompette, ça bourdonne sans cesse, dans une bande-son très expressive, pleine de surprises et de drôlerie.

Ce culot créatif, les auteurs l'ont poussé jusqu'à restituer, le plus fidèlement possible, les mouvements et comportements des « vrais » insectes. Ainsi une fourmi appelle-t-elle sa « base » en faisant vibrer ses antennes. Mais le bruit qu'elle produit alors n'est pas réaliste : l'aimable tut-tut d'un vieux télégraphe. Minuscule est un conte, un vrai, qui enchante. De l'araignée solitaire à la coccinelle débrouillarde, en passant par un gang de mouches énervantes, les animaux ont de gros yeux ronds et des dégaines cartoonesques.

Cet univers insolite ne s'interdit rien, pas même une incursion du côté de l'épique et du grandiose. Lorsque, entre fourmis rouges et noires, la guerre éclate pour de bon, on se croirait presque dans Le Seigneur des anneaux : plans vertigineux et rougeoyants de la fourmilière assiégée, ambiance héroïque et grand spectacle garantis. Minuscule, mais géant.



 

[go_pricing id="minuscule"]

 

 

 

 

Les amis animaux

Les amis animaux

By:
Categories: Cette semaine

Film d'animation d'Eva Lindström (Suède - 2010 - 0h36)


Cycle "Ciné-Mômes" - Tarif unique : 4 euros


 

PRINT-AFFICHE-AMIS ANIMAUX.indd


Un trait naïf, une nature luxuriante, des histoires parfois espiègles ou fantastiques... des films pour les tout-petits par une grande illustratrice scandinave.

Une Journée Chez Les Oiseaux
Deux jeunes oiseaux, munis de leur filet à papillons, partent à la chasse aux insectes. Ils s’éloignent de la maison et se perdent dans les bois. La nuit tombe, ils ont un peu peur...

Je Fugue
Un agneau s’ennuie dans sa prairie et franchit la clôture pour fuguer. Hébergé chez Monsieur Martre, il se demande si quelqu’un va finir par s’inquiéter de son absence.

Mon Ami Louis
Louis le hibou se lie d’amitié avec une jeune femme avant de rencontrer Jérôme, un autre hibou pas très recommandable.


 




Critique "Critikat.com"


 


Trois courts métrages d’animation réalisées à partir de papiers découpés et de peinture sur aquarelle sont regroupés sous le titre des Amis animaux, réalisés par l’illustratrice suédoise Eva Lindström d’après ses propres albums. Récits d’indépendance, comme souvent dans le cinéma pour les tout petits, ces histoires mettent en scène deux poussins perdus dans la forêt suite à une partie de chasse aux papillons, une brebis fugueuse qui aimerait bien qu’on se mette à sa recherche, et enfin, un hibou, esseulé dans la vie urbaine et contraint de travailler dans un magasin de bricolage où on attend de lui qu’il perce des trous à longueur de journée.

Si le trait de peinture reste toujours apparent, le beau travail sur la profondeur de champ est mis en valeur par le souci porté à l’éclairage. Dans Une journée chez les oiseaux la maman poule cherche ses deux petits à la nuit tombée avec une lampe qui éclaire certaines parties de l’image et met en scène le changement de lumière du jour à la nuit, à travers la variation des couleurs d’un même dessin. Jouant sur le décalage entre la nature et la ville, les éléments relevant de la vie animale et ceux que les personnages empruntent à la vie des humains (les animaux regardent la télévision, téléphonent ou envoient des lettres), ces récits naviguent entre humour, contemplation de la nature et un brin de suspense lorsque de Louis le hibou rencontre Jérôme, congénère peu fréquentable.



 

[go_pricing id="amisanimaux"]