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Planes 2 (2D & 3D)

Planes 2 (2D & 3D)

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Film D'animation de Bobs Gannaway (Etats-Unis - 2014 - 1h24) avec les voix de Fred Testo et Audrey Lamy





Planes 2 affiche une- Film proposé en 2D ou en 3D selon les séances


Dusty est au sommet de sa gloire quand il apprend que son moteur est endommagé et qu’il ne pourra peut-être plus jamais participer à une course… Il se lance alors le défi de devenir pompier du ciel. Il suivra sa formation auprès de l’élite du genre en charge de la protection du parc national de Piston Peak. Cette équipe de choc est menée par Blade Ranger, un hélicoptère vétéran charismatique et est composée de Dipper, une grande fan de Dusty qui en pince pour lui, Windlifter, un hélicoptère de transport lourd en charge de larguer sur les lieux de l’incendie les intrépides et déjantés parachutistes du feu. Au cours de sa lutte contre le feu, Dusty va apprendre qu’il faut beaucoup de courage et ne jamais baisser les bras pour devenir un vrai héros.

 

 




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L’Homme qu’on aimait trop

L’Homme qu’on aimait trop

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Film d'André Téchiné (France - 2014 - 1h56) avec Catherine Deneuve, Guillaume Canet et Adèle Haenel...






Homme que l'on aimait trop affiche une1976. Après l’échec de son mariage, Agnès Le Roux rentre d’Afrique et retrouve sa mère, Renée, propriétaire du casino Le Palais de la Méditerranée à Nice. La jeune femme tombe amoureuse de l’homme de confiance de Renée, Maurice Agnelet, un avocat de dix ans son aîné. Maurice a d’autres liaisons. Agnès l’aime à la folie. Actionnaire du Palais de la Méditerranée, Agnès veut vendre sa part de l’héritage familial pour voler de ses propres ailes. Une partie truquée siphonne les caisses de la salle de jeux. On menace Renée. Derrière ces manœuvres guerrières plane l’ombre de la mafia et de Fratoni le patron du casino concurrent qui veut prendre le contrôle du Palais de la Méditerranée. Tombé en disgrâce auprès de Renée, Maurice met en relation Agnès avec Fratoni qui lui offre trois millions de francs pour qu’elle vote contre sa mère. Agnès accepte le marché. Renée perd le contrôle du casino. Agnès supporte mal sa propre trahison. Maurice s’éloigne. Après une tentative de suicide, la jeune femme disparaît à la Toussaint 1977. On ne retrouvera jamais son corps. Trente ans après, Maurice Agnelet demeure l’éternel suspect de ce crime sans preuve ni cadavre. Convaincue de sa culpabilité, Renée se bat pour qu’il soit condamné...

 






 

Critique "les Inrockuptibles"


L’homme qu’on aimait trop est bordé par deux portraits : l’un est un croquis d’audience (de Maurice Agnelet, vieux), l’autre une photo (d’Agnès Le Roux, enfant). Entre les deux, un conte de fées qui tourne au film de vampires. Elle y laissera sa peau, lui son âme. Si, à l’issue de ce film à la beauté secrète, on n’aura pas résolu le mystère qui unit ces deux amants maudits (faute de preuve définitive étayant la thèse de l’assassinat, malgré trois procès), on s’en sera du moins approché, au risque de s’y brûler.

Inspiré d’un célèbre fait divers dont les ultimes rebondissements secouaient l’actualité il y a quelques mois encore, le dernier film d’André Téchiné raconte comment l’héritière d’un fameux casino niçois (le Palais de la Méditerranée) s’éprit éperdument de l’avocat de sa mère (patronne dudit casino), avant de disparaître ce week-end de la Toussaint 1977.
Son corps ne fut jamais retrouvé ; seule une poignée de lettres d’amours déçues témoignent de la passion (à sens unique) qui la consuma jusqu’au bout, comme dans L’Histoire d’Adèle H(aenel ?) de François Truffaut, largement cité.

C’est la seconde fois, après La Fille du RER en 2009, qu’André Téchiné se saisit d’un fait divers, ces aimants à mauvais films empêtrés dans la glu des événements. Bien que les deux affaires n’aient rien à voir (à part le brio du cinéaste pour en extraire la sève, et pas la glu justement), il en reproduit le schéma directeur : une jeune fille (Adèle Haenel), sa mère (Catherine Deneuve, là encore), son amant (Guillaume Canet). Mais, cette fois-ci, il en déplace le centre de gravité : ce sera l’homme, celui qu’on aimait trop, autour duquel tout tournera.

Maurice Agnelet, “qui ne ressemble pas à un agneau” comme le remarque tôt Agnès Le Roux (dans un dialogue un poil signifiant), est un homme sans qualité, petit avocat étriqué, avec sa petite moto, ses petites cravates et sa grosse étagère de Pléiade pas lues. Son seul pouvoir, non des moindres, est de séduire les femmes. Personne ne comprend très bien comment, pas même lui qui n’a rien demandé et prévient qu’il n’est “pas un cadeau”, mais voilà, c’est ainsi. D’une totale opacité, aussi hébété que le jeune Spider-Man découvrant des filets gluants sortir de ses poignets, Guillaume Canet en est l’interprète parfait – le rôle de sa vie ?

Le coup de génie de Téchiné est de ne pas charger ce personnage que tout accable. De l’aimer trop, lui aussi. Agnelet est peut-être un salaud (relisez les comptes rendus journalistiques du dernier procès, c’est édifiant) mais le cinéaste le regarde droit dans les yeux. Non pour en faire un de ces “monstres à visage humain” comme en raffolent les mauvais films de faits divers, mais simplement un personnage de cinéma. Et lorsque celui-ci raconte sans la moindre émotion, avec même un léger rictus, comment il a dû enterrer, sans personne, son frère adoré, il révèle la plus nue des vérités : il n’a tout bonnement pas d’âme. C’est pour cela qu’il est si attirant ; il offre un vide à remplir, il est la page blanche sur laquelle l’illusion romantique d’Agnès va s’échouer.

A un moment, Téchiné fait dire à un personnage que “dès la naissance, les garçons sont plus lourds que les filles”. Or c’est tout l’inverse que montre le film. Et c’est même son sujet profond, qui guide la mise en scène. Tandis que les hommes, ou du moins l’homme, trace sa route, droit, sans remords, léger comme une plume, les femmes, elles, doivent se coltiner la lourdeur du monde, la pesanteur des états d’âme. Etats d’âme d’une mère-ogresse (Deneuve, impeccable équilibriste) qui ne se pardonne pas d’avoir jeté sa fille dans les crocs d’un vampire. Etats d’âme d’une jeune femme trop vite grandie (c’est beau, une actrice qui prend des risques), toisée par son propre portrait de petite fille accroché au mur, qui paraît lui demander sans cesse : “Qui es-tu ?”

Plusieurs fois dans le film, elles s’essaient elles aussi à la légèreté, tentent de s’élever : une impressionnante danse africaine pour Adèle Haenel, soudain désirable dans le regard de son amant ; une sublime reprise en italien de Stand by Me, chantée à tue-tête dans une automobile (Pregherò d’Adriano Celentano, raison suffisante pour aller voir le film). Mais chaque fois, le réel, les faits, le divers, cette foutue glu, les rattrapent. Cependant Téchiné n’est pas un tragédien qui se repaît du désastre, et il fait advenir, dans un finale surprenant, la grâce. Que celle-ci lui soit rendue.



 




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A toute épreuve

A toute épreuve

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Film d'Antoine Blossier (France - 2013 - 1h35) avec Marc Lavoine, Valérie Karsenti, Laouni Mouhid, Thomas Soliveres, Samy Seghir, Louise Grinberg, Melha Bedia...






A toute epreuve affiche uneLycée Robespierre, un lycée quelconque ou presque... Greg passe son bac cette année et c'est loin d'être gagné. Pour continuer à vivre son grand amour avec Maeva, il envisage un casse improbable, un casse qui doit être invisible et pour cela il monte une équipe, leur mission : voler les sujets du bac.

 





 

Critique "Paris-Match"


Une bande de cancres décide de voler les sujets du bac. Leur but, réussir leur braquage avec mention ! Bien qu’ils ne brillent guère, les sous-doués, comme les diamants, sont éternels ! Trente-quatre ans après ceux de Zidi, c’est une nouvelle génération de bonnets d’âne facétieux en rupture de tableau noir, qui part à l’assaut des écrans blancs. Plaçant ses baskets dans les startingblocks du bon nanar pour ados post-pubères, cette comédie démarre par une histoire d’amour aussi creuse qu’une dent de lait cariée. Le brave Greg (Thomas Soliveres), un lycéen aussi discret que distrait, passe ses cours à dessiner des personnages de BD. Nul en classe, il va pourtant réussir le plus bel examen qui soit, séduire Maeva (Mathilde Warnier), la plus belle fille du bahut. Quelques étreintes plus tard, le garçon doit se rendre à l’évidence : s’il veut suivre sa bien-aimée à l’université, il doit absolument réussir son bac. Vu son niveau plus bas qu’un camp de base de spéléologues, ce potache n’a aucune chance de devenir ne serait-ce qu’un diplômé du dernier rang (vous apprécierez cette référence à l’incontournable chef-d’oeuvre de Christian Gion…).

Avec les nuls qui lui servent de potes, le potache décide de monter un casse. La cible, ce sont les sujets du bac que doit renfermer le coffre-fort de leur terrifiant proviseur (Marc Lavoine). Pour y accéder, ces bras cassés aux pieds nickelés (ça ne veut rien dire, mais la référence est sympathique) vont s’associer à Scarface (Laouni Mouhid alias La Fouine), un malhabile Rouletabille des cités. Avec de tels atouts, il y a de fortes chances que ces lycéens restent bloqués à jamais au stade « terminale »… Film de genre à part entière, la comédie de cancres est au cinéphile ce que la récré est au collégien, une parenthèse hilarante qui fond dans le cerveau comme un marshmallow dans la bouche. Alors, n’ayons pas honte en cette période estivale de nous aérer les méninges avec ce film tchatcheur et survolté qui, entre « Les sous-doués » et « Les kaïra », trouve sa propre identité. Ses jeunes acteurs qui coincent la bulle du cartoon forment une telle bande de ciné que je leur colle un 3 sur 4 pour les encourager. Quant à leur réalisateur, qui a copié sur son voisin John Woo pour lui piquer son titre (« A toute épreuve », 1992), autant dire qu’il redouble…



 




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Transformers : l’âge de l’extinction (2D & 3D)

Transformers : l’âge de l’extinction (2D & 3D)

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Film de Michael Bay (Etats-Unis - 2014 - 2h45) avec Mark Wahlberg, Jack Reynor, Nicola Peltz, Li Bingbing, Han Geng...





Transformers 4 affiche une- Film proposé en 2D ou en 3D selon les séances


Quatre ans après les événements mouvementés de "Transformers : La Face cachée de la Lune", un groupe de puissants scientifiques cherche à repousser, via des Transformers, les limites de la technologie.
Au même moment, un père de famille texan, Cade Yeager, découvre un vieux camion qui n’est autre qu’Optimus Prime. Cette découverte va lui attirer les foudres d’un certain Savoy, dont le but est d’éliminer les Transformers. Pendant ce temps, le combat entre les Autobots et les Décepticons refait surface…

 

 




 

Critique "Culturebox"


"Transformers : l'âge de l'extinction" surfe bien entendue sur les fondamentaux de la série : rencontre entre un humain avec les "Autobots", sauvetage mutuel, intervention des ennemis "Decepticons", complot gouvernemental et combat titanesque dans une mégapole. Ce qui change un peu la donne par rapport à "La Revanche" et "La face cachée de la lune", les deux derniers épisodes de la série, c’est un scénario un peu plus construit et des enjeux mieux exposés, dans une débauche d’action et d’effets-spéciaux, eux, toujours au rendez-vous.

Le thème du complot intérieur tient en effet le premier plan. Une tendance très présente dans les récents blockbusters, tels "Captain America : le soldat de l’hiver" ou "The Amazing Spiderman : le destin d’un héros". Le reflet d’une vieille hantise américaine : l’invasion intérieure. Le trauma post 11 septembre (l’invasion vient de l’extérieur) est devenu celui d’une crainte en provenance de la population américaine elle-même, avec notamment des fusillades mortelles, des attentats fomentés par des organisations extrémistes, ou des dérives des institutions officielles. Ces peurs se reflètent dans le cinéma le plus populaire, donc dans "Transformers : l'âge de l'extinction".

Mais, évidemment, le film n’est pas à thèse. Il est avant tout un divertissement d’action et, sur ce plan, ne déçoit pas, avec le bonus d’être plus maîtrisé sur le plan narratif. Ce "Transformers" quatrième opus revient aux origines de la saga qui n’était jusqu’alors pas explicitées, à savoir l’origine de la rivalité entre les "Autobots" et les "Decepticons" dans leur rapport à leur "Créateurs". Le film renvoie à leurs luttes chevaleresques avant leur intervention sur Terre et se clôt sur leurs futures luttes dans leur univers d’origine. Dans l’entre-deux, ce qui semble comme leur dernier conflit terrestre, tient le coup, tout en restant dans les clous de la série.

On ne peut que louer cependant le magnifique renouvellement visuel de la franchise, avec des trouvailles de taille : la très belle introduction au temps des dinosaures, les magnifiques vaisseaux spatiaux, dont l’intérieur du principal renvoie à une esthétique dérivée du regretté H.R. Giger, le créateur d’"Alien", disparu récemment, l’intervention des créatures robotiques dérivées des dinosaures, ou de nouveaux Transformers conçus par un consortium américain. Le tout bénéficie également de rôles plus évolutifs que précédemment, moins monolithiques, avec un Matt Damon qui fait le job, une belle photographie jouant beaucoup sur des couleurs orangées et de beaux effets de lentilles, sans parler d'un relief par moment très efficace. On ne s’ennuie pas une seconde dans un flot de bruit et de fureur : les amateurs apprécieront.



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Le procès de Viviane Amsalem (VOST)

Le procès de Viviane Amsalem (VOST)

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Film de Shlomi Elkabetz et Ronit Elkabetz (France - Israël - 2014 - 1h55) avec Ronit Elkabetz, Simon Abkarian, Menashe Noy, Sasson Gabai





Proces de Viviane affiche une- Film proposé en VOST


Viviane Amsalem demande le divorce depuis trois ans, et son mari, Elisha, le lui refuse.
Or en Israël, seuls les Rabbins peuvent prononcer un mariage et sa dissolution, qui n'est elle-même possible qu’avec le plein consentement du mari.
Sa froide obstination, la détermination de Viviane de lutter pour sa liberté, et le rôle ambigu des juges dessinent les contours d’une procédure où le tragique le dispute à l'absurde, où l'on juge de tout, sauf de la requête initiale.

 

 




 

Critique "Les Inrockuptibles"




Dans Le Procès de Viviane Amsalem, le spectateur retrouve les deux personnages créés par l’actrice israélienne Ronit Elkabetz dans ses deux films précédents (Prendre femme, réalisé par elle seule, et Les Sept Jours, avec son frère Shlomi) : Viviane, qui ne voulait plus vivre avec son mari Elisha (Simon Abkarian).

Les deux premiers films mettaient déjà en scène leurs désaccords, leurs conflits, et les pressions morales et religieuses exercées sur Viviane par les deux familles pour qu’ils demeurent ensemble.

Mais le temps a passé, et Viviane, qui vit séparée d’Elisha depuis plusieurs années, voudrait divorcer. Or la loi religieuse ne peut officialiser le divorce que si un tribunal de rabbins l’accepte et surtout que le mari y consent.

Elisha, chantre chéri de sa synagogue, fait lanterner Viviane et la justice, changeant d’avis comme de chemise. Car au fond, par orgueil, il refuse l’échec de son couple. Le film suit, sur trois ans, sur un mode théâtral totalement assumé (unité de lieu et d’action, mais non de temps), les audiences successives du procès en divorce.

Les témoins (frères, cousins, voisins) défilent, mettant à tour de rôle à mal les arguments des deux parties. Les juges, à la moindre occasion, tentent de mettre en cause la moralité de la plaignante.

On retrouve dans ce troisième film tout ce qui faisait le charme de Prendre femme : la description d’une société multiculturelle où le mélange des langues (hébreu, mais aussi français, arabe, car la famille est d’origine marocaine) reflète la diversité des mentalités. Les seconds rôles, hauts en couleur, donnent un aspect pagnolesque au film, évitant qu’il ne tombe dans le pamphlet féministe ou antireligieux.

Tout repose enfin sur l’opposition ludique et l’équilibre entre l’interprétation spectaculaire et admirable d’Elkabetz (toujours dans l’excès et le lyrisme, comme Orane Demazis chez Pagnol, d’ailleurs), et le jeu plus distancié et quotidien d’Abkarian.

Enfin, ce que dit le film est universel, intemporel et renvoie chaque membre d’un couple à sa propre ambiguïté : ce n’est pas notre séparation qui me fait le plus mal, mon amour, pas même que tu puisses trouver le bonheur avec un autre, mais que je puisse l’accepter sans broncher.

Critique "Critikat.com"




« Nous ne vieillirons pas ensemble », pourrait dire Viviane Amsalem (Ronit Elkabetz), le personnage-titre de ce troisième film de la fratrie Elkabetz (après Prendre femme et Les Sept Jours). Quand le film commence, cela fait déjà des semaines que cette coiffeuse israélienne tente d’obtenir le divorce. Mais son mari (Simon Abkarian) refuse de la laisser partir, et les lois du mariage en Israël sont très strictes : seul les rabbins peuvent prononcer la dissolution d’une union, et ce avec le plein consentement de l’époux. Commence alors un long, très long processus de séparation qui va pousser chacun à bout, des principaux intéressés à leur entourage en passant par l’avocat de la plaignante et même les rabbins… Mais Viviane ne faiblit pas, malgré l’épuisement, l’humiliation et la froide et inexplicable détermination de son époux.

Difficile de ne pas penser au fameux Une séparation de l’Iranien Asghar Farhadi devant Le Procès de Viviane Amsalem, mais l’austérité formelle du film de Shlomi et Ronit Elkabetz se démarque très radicalement du thriller familial de Farhadi. Dès la première image, le ton est donné : l’histoire de ce couple qui se déchire ne sera pas une partie de plaisir, et rien ne peut éloigner le duo de réalisateurs de leur volonté d’ausculter au plus près les failles de leurs personnages, pris au piège d’une anonyme salle de tribunal. L’un comme l’autre semblent être faits de marbre : immobiles, impassibles, ils ne dévient pas de leurs convictions et de leurs certitudes. Il assure être un mari aimant, fidèle et doux, et prône une réconciliation pour renouer avec le bonheur conjugal et familial ; elle soutient que son amour pour lui est mort, qu’ils sont incompatibles et qu’il est temps de mettre un terme à leurs souffrances respectives, afin de réapprendre à vivre. Le film s’ouvre sur deux longs plans fixes, serrés tour à tour sur Elisha, le mari, et Viviane : autour d’eux, des murs blancs, l’avocat de Viviane et le jury. Pendant presque deux heures, rien n’éloignera les protagonistes de ce décor dans lequel se retrouveront les différentes parties au fil des longs mois que durera le procès. Les Elkabetz filment ce divorce comme un marathon, une guerre des nerfs qui voit s’affronter deux conceptions, l’une ultra-traditionnaliste et ubuesque, l’autre moderne et pragmatique. Autour d’eux interviennent de nombreux témoins venant donner leur point de vue sur ce mariage, et sur ce que doit être l’union entre deux êtres au regard des règles dictées par la religion. Le mariage, ici, est l’affaire de tous, et tout le monde a son mot à dire sur le bon comportement de l’un et les erreurs de l’autre.

Le film s’appelle Le Procès de Viviane Amsalem, car c’est bien du sien qu’il s’agit : c’est elle la pécheresse au vu de nombre de témoins, celle qui veut détruire son couple. Les deux cinéastes montrent très subtilement l’insidieuse hypocrisie qui condamne de fait le choix d’une femme dans une société cadenassée par des règles hors d’âge : pour vivre libre, elle doit se justifier. Son combat est exemplaire, et d’autant plus bouleversant que les Elkabetz parviennent, en contrechamp, à construire le personnage de son époux à rebours des caricatures que l’on pouvait redouter : son quasi-mutisme regorge d’arrogance, de fierté mal placée, mais également d’une incompréhension remplie de douleur face à la décision irrévocable de celle qu’il aime visiblement toujours. Lui aussi est victime de son environnement, sans en avoir jamais conscience.

L’ensemble pourrait être étouffant, mais le film regorge de scènes très drôles, d’un comique absurde, qui offrent des moments de respiration bienvenus. Souvent, pourtant, le film se répète, souffre de son procédé théâtral et perd de sa force : pendant près de deux heures, le montage bute à plusieurs reprises sur les quatre murs de la toute petite pièce dans laquelle se déroule l’action, et la lassitude gagne. Shlomi et Ronit Elkabetz auraient gagné à être plus concis et à contourner les rebondissements scénaristiques superflus qui émaillent de temps à autre le procès : le film effleure parfois les grosses ficelles du film de Farhadi... Il faut une scène spectaculaire et déchirante, dans laquelle Viviane Amsalem lâche enfin prise, pour que le film se sorte de la torpeur de sa dernière demi-heure. Mais grâce aux comédiens, Le Procès de Viviane Amsalem transcende sa matière quasi théâtrale et touche par sa capacité à rendre palpable la détresse des personnages. En tête, Ronit Elkabetz est magistrale : digne, abîmée mais battante, elle fait de sa Viviane une véritable héroïne de tragédie.




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Les Vacances du Petit Nicolas

Les Vacances du Petit Nicolas

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Film de Laurent Tirard (France - 2014 - 1h37) avec Valérie Lemercier, Kad Merad, Dominique Lavanant, François-xavier Demaison, Bouli Lanners, Matheo Boisselier...



 

Vacances du petit nicolas affiche uneC’est la fin de l’année scolaire. Le moment tant attendu des vacances est arrivé. Le petit Nicolas, ses parents et Mémé prennent la route en direction de la mer, et s’installent pour quelques temps à l’Hôtel Beau-Rivage. Sur la plage, Nicolas se fait vite de nouveaux copains : il y a Blaise, qui n’est pas en vacances parce qu’il vit ici, Fructueux, qui aime tout, même le poisson, Djodjo, qui ne parle pas comme eux parce qu'il est anglais, Crépin, qui pleure tout le temps, et Côme, qui veut toujours avoir raison et c’est très énervant. Mais Nicolas fait aussi la connaissance d’Isabelle, une petite fille qui le regarde tout le temps avec de grands yeux ronds et inquiétants, et à laquelle il croit que ses parents veulent le marier de force. Les quiproquos s'accumulent, et les bêtises commencent. Une chose est sûre : ce sera, pour tout le monde, des vacances inoubliables…

 

 

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Transformers : l’âge de l’extinction (2D & 3D)

Transformers : l’âge de l’extinction (2D & 3D)

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Film de Michael Bay (Etats-Unis - 2014 - 2h45) avec Mark Wahlberg, Jack Reynor, Nicola Peltz, Li Bingbing, Han Geng...





Transformers 4 affiche une- Film proposé en 2D ou en 3D selon les séances


Quatre ans après les événements mouvementés de "Transformers : La Face cachée de la Lune", un groupe de puissants scientifiques cherche à repousser, via des Transformers, les limites de la technologie.
Au même moment, un père de famille texan, Cade Yeager, découvre un vieux camion qui n’est autre qu’Optimus Prime. Cette découverte va lui attirer les foudres d’un certain Savoy, dont le but est d’éliminer les Transformers. Pendant ce temps, le combat entre les Autobots et les Décepticons refait surface…

 

 




 

Critique "Culturebox"


"Transformers : l'âge de l'extinction" surfe bien entendue sur les fondamentaux de la série : rencontre entre un humain avec les "Autobots", sauvetage mutuel, intervention des ennemis "Decepticons", complot gouvernemental et combat titanesque dans une mégapole. Ce qui change un peu la donne par rapport à "La Revanche" et "La face cachée de la lune", les deux derniers épisodes de la série, c’est un scénario un peu plus construit et des enjeux mieux exposés, dans une débauche d’action et d’effets-spéciaux, eux, toujours au rendez-vous.

Le thème du complot intérieur tient en effet le premier plan. Une tendance très présente dans les récents blockbusters, tels "Captain America : le soldat de l’hiver" ou "The Amazing Spiderman : le destin d’un héros". Le reflet d’une vieille hantise américaine : l’invasion intérieure. Le trauma post 11 septembre (l’invasion vient de l’extérieur) est devenu celui d’une crainte en provenance de la population américaine elle-même, avec notamment des fusillades mortelles, des attentats fomentés par des organisations extrémistes, ou des dérives des institutions officielles. Ces peurs se reflètent dans le cinéma le plus populaire, donc dans "Transformers : l'âge de l'extinction".

Mais, évidemment, le film n’est pas à thèse. Il est avant tout un divertissement d’action et, sur ce plan, ne déçoit pas, avec le bonus d’être plus maîtrisé sur le plan narratif. Ce "Transformers" quatrième opus revient aux origines de la saga qui n’était jusqu’alors pas explicitées, à savoir l’origine de la rivalité entre les "Autobots" et les "Decepticons" dans leur rapport à leur "Créateurs". Le film renvoie à leurs luttes chevaleresques avant leur intervention sur Terre et se clôt sur leurs futures luttes dans leur univers d’origine. Dans l’entre-deux, ce qui semble comme leur dernier conflit terrestre, tient le coup, tout en restant dans les clous de la série.

On ne peut que louer cependant le magnifique renouvellement visuel de la franchise, avec des trouvailles de taille : la très belle introduction au temps des dinosaures, les magnifiques vaisseaux spatiaux, dont l’intérieur du principal renvoie à une esthétique dérivée du regretté H.R. Giger, le créateur d’"Alien", disparu récemment, l’intervention des créatures robotiques dérivées des dinosaures, ou de nouveaux Transformers conçus par un consortium américain. Le tout bénéficie également de rôles plus évolutifs que précédemment, moins monolithiques, avec un Matt Damon qui fait le job, une belle photographie jouant beaucoup sur des couleurs orangées et de beaux effets de lentilles, sans parler d'un relief par moment très efficace. On ne s’ennuie pas une seconde dans un flot de bruit et de fureur : les amateurs apprécieront.



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