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Winter Sleep (VOST)

Winter Sleep (VOST)

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Film de Nuri Bilge Ceylan (Turquie - 2014 - 3h16) avec Melisa Sozen et Haluk Bilginer...





Winter sleep affiche une- Film proposé en Version Originale Sous-Titrée


 

Palme d'or du 67ème Festival International Du Film De Cannes 2014


Prix Fipresci de la critique internationale

Aydin, comédien à la retraite, tient un petit hôtel en Anatolie centrale avec sa jeune épouse Nihal, dont il s’est éloigné sentimentalement, et sa sœur Necla qui souffre encore de son récent divorce. En hiver, à mesure que la neige recouvre la steppe, l’hôtel devient leur refuge mais aussi le théâtre de leurs déchirements..

 

 


 

Critique "La Croix"


Sur les hauteurs lointaines de l’Anatolie, au sommet d’un site austère et somptueux de la Cappadoce, Aydin, ancien comédien d’Istanbul, tient un hôtel troglodyte, dénommé Otello. L’hiver approche. Les touristes se font rares.

Rivé à son ordinateur, dans le refuge d’un bureau tapissé de livres, d’affiches et de masques, vestiges de son ancienne vie, Aydin tente d’écrire une histoire du théâtre turc. Exutoires de son désenchantement, il peaufine aussi des éditoriaux pour un journal local, Le Vent des steppes.

Le maître des lieux vit là avec Nihal, sa femme, jeune, belle et délicate, absente et discrète, qui s’active pour des causes sociales, engagement dont il prend ombrage. Leurs liens se sont distendus. Necla, la sœur d’Aydin, qui les a rejoints après son divorce, traîne un amer ressentiment et un vide existentiel que son repli dans cette contrée isolée ne comble pas.

Tous trois se retrouvent pour les repas, prétextes à des joutes oratoires et de longues discussions argumentées où se devinent des tourments recouverts par la personnalité de cet homme, de prime abord ouvert et accueillant.

Propriétaire de quelques biens dont il abandonne la gestion à son homme de main, Aydin est en butte à un locataire récalcitrant et menaçant. Pour éviter l’expulsion, le frère de l’impécunieux, imam obséquieux et insistant, tente d’amadouer le créancier.

Ce conflit, dont Aydin ne veut pas entendre parler, rejoint le drame qui se joue dans le huis clos de cet hôtel où trois personnes vont se déchirer. Sans concession. Se servant des mots, les armes dont elles disposent, avec une sophistication rhétorique et une fascinante montée en puissance.

Necla a pris l’habitude de s’étendre sur le canapé d’Aydin pendant que son frère écrit. Elle commente ses articles, lance insidieusement ses flèches de plus en plus empoisonnées, au risque de se voir asséner en retour ses quatre vérités.

Le même sort attend Aydin lors d’une longue explication, orageuse, avec sa femme, frustrée, humiliée, lassée de ses postures d’intellectuel aux grandes idées, de ses accès de jalousie, de son indifférence à tout ce qui n’est pas lui. Chacun est renvoyé, meurtri, au gouffre de ses propres failles, à l’impasse de ses névroses.

L’épilogue, incertain, ouvert, amorce l’ombre d’un espoir que résume le jeu de regards (adouci ? compréhensif ?) entre Nihal et Aydin. Elle, derrière une fenêtre à l’étage ; lui, dans la cour, engoncé dans son manteau. Des flocons tourbillonnent dans l’air froid. La neige bientôt recouvrira tout. Linceul de leur amour ou nouvelle page de leur couple ? Fragile lueur, inhabituelle dans le cinéma de Nuri Bilge Ceylan, ce grand pessimiste…

Depuis une quinzaine d’années, il était hanté par ce sujet que lui avait inspiré la lecture de trois nouvelles de Tchekhov. Mais il ne se sentait pas prêt, malgré la reconnaissance internationale de son immense talent. Ces scènes de la vie conjugale en Anatolie, si proches de l’univers de Bergman par l’âpreté des situations feutrées, la maîtrise éblouissante et la tension de dialogues qui dévoilent la vérité des êtres, Nuri Bilge Ceylan les a écrites avec sa femme, Ebru, sa coscénariste depuis Les Climats, en 2006. Leurs disputes dans le travail ont d’ailleurs nourri l’œuvre.

En dépit de la rudesse des relations de ses personnages, reclus sur leur piton, dont l’isolement est rompu par la visite d’amis, de voisins ou de fâcheux, ce film, d’une infinie subtilité, est un enchantement. Une perfection de mise en scène qui décape les âmes, en jouant sur les apparences. Baigné par une lumière automnale pour les intérieurs, hivernale pour les extérieurs, ce film, au rythme envoûtant, ponctué d’échappées, est éclairé avec soin par un cinéaste venu de la photographie, attentif à la composition des cadres et grand connaisseur de la peinture. L’andantino de la 20e sonate pour piano de Schubert enveloppe ces affrontements de sa douceur déchirante.

Winter Sleep s’affirme comme une œuvre profonde et grave, d’une intense beauté, servie par l’interprétation exceptionnelle de comédiens impressionnants de justesse et de retenue : Haluk Bilginer, Melisa Sözen, Demet Akbag, Serhat Kilic, Nejat Isler.

Un futur classique du cinéma, reparti de Cannes, en mai dernier, avec la Palme d’or. Jane Campion, la présidente du jury, en conférence de presse, avait résumé le sentiment général : « J’avais peur de ce film, de son sujet comme de sa durée. Son rythme est tellement merveilleux que j’aurais pu rester deux heures de plus dans la salle. » .

 

Critique "Télérama"



Un gamin aux yeux sombres jette une pierre sur la vitre de sa voiture et Aydin se demande pourquoi. Oui, bon, d'accord : quelque temps auparavant, il avait fait saisir par un huissier les maigres biens du père de l'enfant, pour cause de loyers trop longtemps impayés. Mais quoi, il avait, pour lui, le droit et la loi. Devait-il, sous prétexte qu'il était riche, se faire plumer par un provocateur alcoolo, tout juste sorti de prison ?... Aydin est un homme qui se dit, se veut, se croit raisonnable. Logique. Juste. Dans cette petite ville de Cappadoce, en Anatolie centrale, où les maisons, encastrées à même la roche, ressemblent à un étrange et inquiétant décor de théâtre, il tient un hôtel pour touristes, fans d'exotisme : l'Othello. Car, de longues années, il a été comédien célèbre et, selon lui, talentueux. Fier, en tout cas, de n'avoir jamais accepté de se compromettre dans de stupides séries télévisées. Et voilà que cet homme fait, bien fait, peut-être surfait, va, sous nos yeux, doucement se défaire. Avec ce film long et dense, dont l'intensité ne faiblit pas une seconde, Palme d'or incontestable du récent festival de Cannes, Nuri Bilge Ceylan poursuit — comme pouvait le faire Ingmar Bergman, l'un de ses maîtres — une oeuvre de moraliste. « Je m'intéresse à tout ce qui se dérobe, dit-il, au monde intérieur des individus, à leur âme, à la manière dont ils se lient ou s'opposent. Les questions que se pose le grand mélancolique que je suis sont celles qui nous travaillent de toute éternité. »


Dans Les Climats (2007), il scrutait, déjà, un couple en pleine rupture et l'on avait l'impression, par la méticulosité de sa mise en scène, de n'avoir jamais contemplé d'aussi près l'éclatante lumière des corps et l'inexorable étiolement du désir. Dans Winter Sleep, ce sont les âmes qu'il fouille, qu'il fouaille avec une lucidité, une dextérité qui pourraient passer pour du sadisme, si son regard n'était constamment éclairé par la bienveillance. Tout ce que l'on tait, tout ce que l'on cache, tout ce que l'on sait de l'autre sans vouloir le dire, tout ce que l'on pense de soi sans pouvoir se l'avouer, il nous le révèle, là, peu à peu...


Notamment lors des deux grands affrontements (une vingtaine de minutes chacun) du héros avec sa soeur, puis sa jeune femme, que Nuri Bilge Ceylan filme le plus simplement du monde : de simples champs-contrechamps dans une pénombre où seuls les visages deviennent des taches de lumière. C'est la leçon des plus grands — Bergman, encore, mais aussi Alain Resnais : pas besoin de faire les pieds au mur avec la caméra quand ce qu'on dit est essentiel, quand ce qu'on montre devient primordial. L'épouse (lire encadré) reproche à Aydin sa condescendance. La soeur, sa suffisance. « Ah, si seulement j'avais ta capacité d'aveuglement ! » lui lance-t-elle. Elle a longtemps cru en lui, désormais, la voilà moqueuse devant les fausses valeurs morales qu'il prône, avec bonne conscience, dans les articles pontifiants qu'il écrit dans la feuille de chou locale. Elle s'amuse : « Tu continues de creuser là où d'autres ont déjà tout trouvé... »


La plus grande faute d'Aydin — mais c'est une faiblesse très répandue — est d'avoir considéré ses partenaires de vie comme les figurants d'une pièce écrite à sa gloire. De les avoir méprisés s'ils tenaient mal leur rôle. Et de s'être replié en lui-même à la suite de cette déception. Toute sa vie, il s'est tenu résolument à l'écart. A côté des autres. Non par lâcheté, mais par dédain : pourquoi se mêler à des vies indignes de lui ? C'est sa suffisance que dénonce son épouse lorsqu'elle lui reproche de l'avoir, peu à peu, réduite à l'insignifiance. Et sa soeur, quand elle remarque le mépris tapi dans ses écrits. « Tu faisais notre admiration, lui dit-elle. Nous pensions tant que tu ferais de grandes choses... »


On dirait Les Trois Soeurs... Tche­khov, bien sûr. Tchekhov, partout. Tchekhov, toujours. Dans Il était une fois en Anatolie, il s'était glissé dans l'un des personnages, un médecin comme lui, qui, insensiblement, accueillait en lui la miséricorde. Winter Sleep, inspiré par plusieurs de ses nouvelles, est tout imprégné de son désenchantement, de sa malice, de sa compassion. Même si, par moments, lorsque la violence s'y fait plus explicite, Tchekhov s'efface au profit d'un de ses confrères, russe lui aussi : la scène des billets de banque dans le feu évoque, évidemment, Dostoïevski (L'Idiot), Nastassia Philippovna et son geste d'orgueil qui lui permet — comme au père du gamin aux yeux sombres, ici — de retrouver une dignité et une pureté perdues.


Ce film superbe, dont on ne sort pas indemne, qu'on emporte avec soi pour ne le quitter jamais, provoque, en nous, de la peur et de la mélancolie : angoisse totale à l'idée d'être liés, même de loin, à tous ces personnages en perte d'eux-mêmes. Et tristesse infinie de savoir qu'un jour ou l'autre, on ne leur ressemblera que trop.


 

Critique "Les Inrockuptibles"


Petit paradoxe : on n’aurait pas donné la Palme d’or à Winter Sleep, alors que c’est un très beau film. Pourquoi ? Parce que si le film de Ceylan est superbe, il est d’une beauté déjà vue (chez lui ou chez quelques grands des années 1960 tels Bergman, Antonioni…), moins novatrice ou galvanisante que chez d’autres prétendants à la Palme (Bonello, Godard, Dolan…). On prend un réel plaisir immersif à dérouler les quelque trois heures de Winter Sleep mais c’est un plaisir du “même”, une réactivation un peu proustienne du goût du grand cinéma d’auteur d’il y a quarante ans.

Dans un bel hôtel troglodyte d’Anatolie profonde vivent Aydin, le propriétaire et par ailleurs comédien retraité, sa jeune et belle épouse Nihal, et sa sœur Necla, récemment divorcée. Les paysages sont fabuleux, les clients sont rares, la vie semble douce mais un brin monotone pour ces bourgeois cultivés. Cette tranquillité engourdie par l’arrivée de l’hiver va être perturbée par un incident : un gosse du village jette une pierre sur la voiture d’Aydin. On apprendra que le gamin voulait “venger” son père, locataire d’une maison appartenant à Aydin et victime d’une saisie d’huissier pour cause de loyers impayés.

Cet embryon de lutte des classes déstabilise l’hôtelier comédien, démocrate éclairé qui se fait brutalement renvoyer à son statut de propriétaire et d’exploiteur. Telle une onde sismique (phénomène bien connu en Turquie), l’incident se propage au sein du trio hôtelier, Aydin, Nihal et Necla finissant par se dire leurs mille vérités, manière comme une autre de tuer l’ennui et le désœuvrement nanti.

Nuri Bilge Ceylan pèle couche par couche l’hypocrisie et la bonne conscience bourgeoises en procédant par longs blocs de battles verbales entre Aydin et Necla, Necla et Nihal, puis Aydin et Nihal. Les dialogues sont de haute volée, à la fois intimistes, politiques et philosophiques, les acteurs impressionnent par leur souffle et leur subtilité, donnant à ces longs échanges l’intensité de scènes d’action. On a déjà vu ce genre de joutes rhétoriques chez Tchekhov, Bergman, Chéreau… et chez Ceylan aussi, mais c’est la première fois qu’elles constituent la matière première d’un film chez cet adepte de la stase contemplative et du non-dit, sans doute parce qu’elles valent aussi comme bilan introspectif de la part du cinéaste.

Si le huis clos des macérations bourgeoises forme l’armature de Winter Sleep, Ceylan fait aussi jaillir des éclairs saisissants : un électrique galop de chevaux sauvages, un enfant qui s’évanouit sous la pression du rapport de classe, un homme humilié et révolté qui jette un paquet de billets au feu… A la fin de Winter Sleep, une joie, celle de la plénitude d’un film dans le présent de sa projection, et un doute, celui de l’après : la critique du confort intellectuel et matériel n’est-elle pas une spécialité de l’art bourgeois qui contribue à maintenir l’ordre en place ? Winter Sleep penche-t-il vers l’académisme de la modernité des années 60 ou vers l’éternité du classicisme ? Beau film, oui, à ces quelques interrogations près.


 


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Les Gardiens de la Galaxie (3D)

Les Gardiens de la Galaxie (3D)

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Film de James Gunn (Etats-Unis - 2014 - 2h02) avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Karen Gillan, Benicio Del Toro, Lee Pace, John C. Reilly, Dave Bautista...





Gardiens de la galaxie affiche une- Film proposé en 3D


Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être …

 

 



 

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Maestro “Film Coup de Coeur”

Maestro “Film Coup de Coeur”

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Film de Léa Fazer (France - 2014 - 1h25) avec Pio Marmaï, Michael Lonsdale, Déborah François, Alice Belaidi...






MAESTRO_120_DEF.indd- Film "Coup de coeur" : Tarif unique : 5€


 

Henri, un jeune acteur qui rêve de jouer dans FAST & FURIOUS, se retrouve engagé dans le film de Cédric Rovère, monstre sacré du cinéma d’auteur. Les conditions du tournage ne sont pas tout à fait celles auxquelles il s’attendait… Mais le charme de sa partenaire et la bienveillance du maître vont faire naître en lui des sentiments jusqu’alors inconnus. Et Rovère, conquis par la jeunesse et la fantaisie d’Henri, vivra ce tournage comme un cadeau inattendu.

 





Critique "Paris-Match"


Passer des bolides aux textes classiques, voilà un défi pour Henri. Jeune acteur dans la galère, il obtient entre deux soirées pâtes-pétards-jeux vidéos un rôle sur le dernier tournage du grand maître du film d’auteur Cédric Rovère. Démarre alors un tournage en jupette dans l’Indre, sur les grands textes du VIème siècle.

«Maestro» est inspiré de l’expérience de Jocelyn Quivrin sur le tournage des «Amours d’Astrée et Céladon», d’Eric Rohmer. Profondément bouleversé par ce film, l’acteur avait demandé à son amie la réalisatrice Léa Fazer de co-écrire le long-métrage avec lui. Il est décédé en 2009 à l’âge de 30 ans, avant de voir la version dialoguée de son scenario.

Entre rires et tendresse, «Maestro» raconte avant tout la rencontre entre un jeune acteur et un monstre du cinéma d’auteur, et ce qu’ils s’apportent mutuellement. Film sur la transmission, il rappelle des valeurs simples mais en perdition de la vie («Jouissez-en avant qu’il ne soit trop tard»), avec un regard nostalgique sur le cinéma «à la Rohmer».

Michael Lonsdale incarne à la perfection ce grand réalisateur, grand connaisseur des textes classiques, qui veut ouvrir son art à la jeunesse avec un casting éclectique, allant de la jeune première un peu coincée à l’acteur habitué des tournages d’auteur. Pio Marmaï peut enfin faire montre de son humour et de son talent pour la comédie, loin des rôles sombres ou de grincheux auxquels il est habitué. Il forme un duo très attachant avec Alice Belaïdi, à la fois complice et en concurrence.

Les autres intrigues de «Maestro», l’histoire d’amour et le film dans le film, donnent lieu à de grandes scènes à la fois drôles et profondément émouvantes, avec la mise en scène très juste de Léa Fazer («Notre univers impitoyable»).


 

Critique "La Croix"


Sensible et drôle, léger et grave, mélancolique et lumineux… Les qualificatifs ne manquent pas à la sortie de la salle, pour qui vient d’assister à la projection de Maestro. Derrière ce petit film programmé au cœur de l’été, à un moment où la concentration des cinéphiles est censée s’être relâchée, se cache un moment rare de cinéma, tout simplement réjouissant.

Cette pépite évoque la rencontre d’un vieux cinéaste, Cédric Rovère (Michael Lonsdale, fluide et suave) et d’un jeune comédien, Henri (Pio Marmaï, jolie figure montante). Le premier est une légende du cinéma d’auteur, intellectuel épris de beaux textes qu’il met en scène sans budget, dans des films très singuliers. Le second court après de misérables cachets en tournant dans des publicités ou en doublant des séries américaines. Auditionné par Cédric Rovère, Henri, totalement inculte mais touchant de maladresse, retient l’intérêt du maître.

Le voilà qui débarque sur le tournage en décapotable de sport, flanqué de son meilleur copain, persuadé d’avoir décroché la lune et impatient de découvrir la chambre de son cinq-étoiles… Au lieu des films d’action dans lesquels il se projette, Henri se retrouve en toge à susurrer les mots d’un auteur du XVIIe siècle, Honoré d’Urfé. Point de cinq-étoiles, mais une jolie partenaire, Gloria (Déborah François), aux antipodes de ses propres centres d’intérêt…

Une histoire vraie – tragique et belle – se trouve à l’origine du film de Léa Fazer, contactée il y a plusieurs années par un jeune comédien nommé Jocelyn Quivrin, qui avait tourné pour Éric Rohmer dans Les Amours d’Astrée et de Céladon (2007) – adaptation de L’Astrée d’Honoré d’Urfé – et voulait témoigner de cette rencontre et de cette expérience qui l’avaient transformé.

Las, après avoir travaillé au scénario avec Léa Fazer, Jocelyn Quivrin n’a pu mener à bien son projet de film : il s’est tué dans un accident de la route, à 30 ans, le 15 novembre 2009, deux mois avant qu’Éric Rohmer ne décède à son tour, à l’âge de 80 ans.fraîcheur potache et poésie exquise

Avec tout ce que la fiction peut prendre de libertés, préférant l’humour à l’affect, Maestro évoque de manière délicate cette histoire de transmission, entre deux hommes que tout oppose. Tour à tour nimbé d’une fraîcheur potache – il faut entendre Michael Lonsdale demander : « Qu’est-ce que ça veut dire : “Ta meuf, je la kiffe gros” ? » – ou d’une poésie exquise, cette œuvre toujours plus délicieuse à mesure qu’elle avance, dit beaucoup sur l’éveil d’un être à lui-même et à un univers poétique auquel il n’avait pas encore eu accès. Au-delà du récit, de ses péripéties et ses portraits gentiment moqueurs, le film traite aussi de l’accès à la culture, et propose de dépasser les frontières que chacun s’interdit de franchir. Dans l’ignorance comme dans la prétention.



 




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Détective Dee II : La Légende du Dragon des Mers (2D & 3D)

Détective Dee II : La Légende du Dragon des Mers (2D & 3D)

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Film de Tsui Hark (Chine - 2014 - 2h19) avec Mark Chao, William Feng, Angela Baby...





Détective-Dee-II-La-Légende-du-Dragon-des-Mers-Affiche une- Film proposé en 2D ou en 3D selon les séances


L’Impératrice Wu règne sur la dynastie Tang aux côtés de l’empereur Gaozong. Elle envoie sa flotte vers l’empire Baekje afin de soutenir cet allié de longue date, envahi par le belliqueux empire Buyeo. Mais, juste après leur départ, les navires sont attaqués par une mystérieuse et gigantesque créature surgie du fond des mers. Les habitants de Luoyang, la capitale orientale, pensent qu’il s’agit d’un dragon des mers. Afin d’apaiser ce dernier, la courtisane Yin, « la plus belle fleur de Luoyang », est choisie pour être enfermée dans le Temple du Dragon des Mers ; en fait une punition qui lui est infligée pour avoir refusé les avances de riches notables. L’impératrice Wu, qui n’a guère de temps à accorder à ces superstitions, ordonne à Yuchi Zhenjin, le Commissaire en chef du Temple suprême d’enquêter sur l’acte de sabotage dont la flotte a été victime. Elle suspecte en fait les sympathisants de l’empire Buyeo d’être à l’origine du complot. Par chance, Dee Renjie arrive à Luoyang le même jour pour prendre ses fonctions de magistrat au Temple suprême. Son poste englobe les fonctions de détective, juge et bourreau. Dans la rue, Dee et Yuchi assistent à la procession menant la courtisane Yin jusqu’au Temple du Dragon des mers. Tous deux sont époustouflés par sa beauté. Sur le chemin du Temple suprême, Dee aperçoit un groupe d’étrangers sortir d’une maison de thé, s’envelopper dans des vêtements de moines taoïstes, et se diriger vers un canal menant au temple… Ce n’est que le début des péripéties qui amèneront le Détective Dee à résoudre l’énigme de la Légende du Dragon des Mers…

 

 



 

Critique "Culturebox"


La désormais franchise "Detective Dee" s’inspire d’un personnage ayant réellement existé dans la Chine médiévale sous la dynastie Tang (618-907). S’il a laissé sa trace dans l’Histoire, il est devenu une légende, et un héros de romans sous la plume du diplomate Néerlandais Robert van Gulik, dont la série a été prolongée par le Français Frédéric Lenormand. Les deux films de Tsui Hark sont loin d’être les premiers sur celui que l’on présente comme l’ancêtre de Sherlock Holmes. Mais ce deuxième opus, sous-titré "La Légende du dragon des mers" atteint des sommets rarement atteints dans la démesure de la mise en scène.

L’ouverture visualisant une armada au milieu de l’océan attaquée par un prodigieux dragon marin est époustouflante. Le film ne dérogera plus sur toute sa longueur d’une qualité plastique de haute volée. Dès cette scène, l’apport de la 3D est éblouissant, sans doute le plus beau relief à l’écran depuis "Avatar". L’action va occuper l’écran jusqu’à la fin dans une débauche de décors et de costumes somptueux, constamment renouvelés, sur une quarantaine de lieux différents, d’un luxe merveilleux. Les intrigues de cour, les luttes de pouvoir, les sentiments sous-tendent des scènes de combats martiaux magistraux, tant dans les chorégraphies, leur rythme et les armes exotiques mises à contribution. Avec le relief, les lames frôlent les têtes. Chaud devant !
Tsui Hark, qui avait déjà révolutionné le film d’action fantastique avec "Zu", atteint ici une forme de perfection en continuité avec sa filmographie dédiée au divertissement spectaculaire. Cette pure "fantasy" ne dénigre pas pour autant des qualités d’écriture. Car si les scènes d’action s’enchaînent, l’intrigue, l’enquête, les rebondissements, l’épaisseur des personnages ne sont jamais laissées de côté.

On se passionne de bout en bout pour cette aventure située dans une des époques les plus fastes de l’Empire du milieu, où resplendit une civilisation raffinée des plus sophistiquées. Cela fait longtemps que de telles splendeurs ont été déversées sur les écrans. Tsui Hark allie l’art au divertissement avec un rare talent respectueux de sa culture originelle, en la rendant universelle. On l’aura compris au nombre de superlatifs répartis ici, "Detective Dee II : La Légende du dragon des mers" est le film à ne pas rater cet été.

 

Critique "aVoir-aLire.com"


Le film se concentre sur un détective Dee plus jeune que celui chargé d’enquêter sur le mystère de la flamme fantôme dans le précédent opus. Cette suite fait donc office de prequel pour en apprendre davantage sur ce personnage attachant, roi de l’anticipation qui a toujours une longueur d’avance sur tout le monde.
Derrière la caméra on retrouve une fois de plus Tsui Hark qui confirme son sens inné de la mise en scène. À la différence du premier volet, il intègre ici un brin de fantastique dont les explications, ayant pour but d’offrir une légitime crédibilité aux monstres à l’écran, oscillent entre le rationnel et les légendes chinoises. Grâce à cet angle, on sent le réalisateur véritablement libéré de toute contrainte, pouvant s’en donner à cœur joie dans les effets de styles, les ralentis et autres prouesses visuelles.
En véritable cinéaste virtuose, il offre une réalisation impressionnante. Les chorégraphies virevoltantes jouissent d’une lisibilité infaillible, et sur une durée peut être un peu trop longue de 2h15 le spectacle est tout de même généreux, parfois grandiose. Tsui Hark s’amuse avec la 3D qui embellit ses images telles des peintures en mouvements à la fois imposante et poétique. Le mouvement toujours le mouvement, parfois chorégraphié à l’extrême, c’est vraiment sur ce point qu’on ressent la fascination du réalisateur qui cherche par tous les moyens à le capter et à le magnifier avec une facilité prodigieuse. Certaines productions américaines qui préfèrent un montage haché illisible pour créer artificiellement cette impression de mouvement devraient en prendre de la graine.

Très attaché au visuel et à la force de l’image, Tsui Hark n’en lâche pas moins son récit, tout à fait honorable même s’il est évident que certaines scènes sont prétextes à orchestrer des tourbillons chorégraphiés sans réel développement narratif. De plus la partie romance qui lorgne du côté de la belle et la bête est parfois traitée de manière trop accessoire.
L’excentricité, point commun de nombreuses réalisations asiatiques, est de la partie et prête plus à un sourire bienveillant qu’à la moquerie. Il en va de même pour les quelques invraisemblances voulues par le metteur en scène, toujours au profit de la beauté formelle.
Qu’importe ces légères faiblesses, ne boudons pas notre plaisir en présence d’un cinéaste hongkongais en pleine maîtrise de son art.
Détective Dee, parfait mélange d’un Sherlock Holmes et d’un expert en arts martiaux, est une sorte de réponse aux super-héros américains. La Chine trouve en lui son propre héros avec des aptitudes physiques et mentales proches des super-pouvoirs.


 

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Expendables 3

Expendables 3

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Film de Patrick Hughes (Etats-Unis - 2014 - 2h06) avec Sylvester Stallone, Jason Statham, Arnold Schwarzenegger, Jackie Chan, Harrison Ford...






120x160 Expendables 12_07Barney, Christmas et le reste de l’équipe affrontent Conrad Stonebanks, qui fut autrefois le fondateur des Expendables avec Barney. Stonebanks devint par la suite un redoutable trafiquant d’armes, que Barney fut obligé d’abattre… Du moins, c’est ce qu’il croyait.
Ayant échappé à la mort, Stonebanks a maintenant pour seul objectif d’éliminer l’équipe des Expendables. Mais Barney a d’autres plans... Il décide d’apporter du sang neuf à son unité spéciale et d’engager de nouveaux équipiers plus jeunes, plus vifs et plus calés en nouvelles technologies. Cette mission se révèle rapidement un choc des cultures et des générations, entre adeptes de la vieille école et experts high-tech.
Les Expendables vont livrer leur bataille la plus explosive et la plus personnelle…

 





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Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?

Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?

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Film de Philippe De Chauveron (France - 2014 - 1h37) avec Christian Clavier, Chantal Lauby, Ary Abittan, Frédérique Bel, Medi Sadoun, Frédéric Chau, Noom Diawara, Julia Piaton, Emilie Caen, Elodie Fontan...






qu'est qu'on a fait affiche uneClaude et Marie Verneuil, issus de la grande bourgeoisie provinciale, sont des parents traditionnels. Mais charité chrétienne avant tout, ils se sont toujours obligés à faire preuve d'ouverture d'esprit.
Quand leurs filles chéries ont pris l'une après l'autre pour époux des hommes d'origines et de confessions diverses, les pilules furent bien difficiles à avaler. Mais pour rien au monde ils ne s'avoueraient racistes... d'ailleurs ils ne le sont pas, c'est contre leurs valeurs !
Leurs espoirs de voir enfin l'une d'elles se marier à l'église se cristallisent donc sur la cadette, qui, alléluia, vient de rencontrer un bon catholique.
Catholique, certes, mais d'origine ivoirienne...

 




 

Critique "aVoir-aLire.com"


Il serait facile d’être mesquin avec cette énième comédie française. Après tout, n’avons-nous pas été blacklistés de la projection officielle ? Mais nous te tomberons pas dans ce jeu aisé, puisque nous nous réservons toujours le droit d’être justes et vrais face aux comédies françaises, genre casse-gueule, mal-aimé des critiques, mais qui mérite bien des égards quand ses jalons sont réussis.
Alors oui, nous n’avons pas aimé Les invincibles, Turf and co... Mais nous serons honnêtes en soulignant la réussite populaire qu’est Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu ?, le premier bon film du réalisateur Philippe de Chauveron habitué des comédies au ras-les-pâquerettes comme Les parasites ou L’amour aux trousses. Cette fois-ci, fort d’une étude de marché parfaitement échantillonnée, où il a compris ce qui composait les grands succès populaires de ces 40 dernières années, le réalisateur spécialisé dans la comédie a créé un authentique blockbuster du rire, pure bombe de marketing où tout relève de l’artisanat loufoque, entre humour de dialogue et rire de situation, qui peut permettre à UGC et aux producteurs du film d’envisager facilement d’atteindre les 5 millions de spectateurs et bien plus... Le potentiel comique évoque ici celui des Rabbi Jacob, La vérité si je mens, Black Mic Mac, sans oublier les nombreuses comédies de mariage... A la fois black, beur, juif, bourgeois, provincial, djeune, parlant également aux plus de 60 ans, la trame fonctionne de façon identique pour tous les publics, chose rare pour un ersatz du genre franchouillard. Les femmes et les hommes y répondront aussi favorablement tant le casting a été soigné pour manger à tous les râteliers.

Machine à rire implacable, sans aucun temps mort, le film joue sur une situation tirée par les cheveux sur le papier (un couple de notables catho voie leurs 4 filles épouser chacune des enfants d’immigrés de différentes communautés, les plongeant dans une dépression inéluctable), mais qui se révèle extrêmement cocasse. Il faut dire que ce Rabbi Jacob des années 2000, au moins aussi bon que le film de Gérard Oury (un rêve pour Clavier qui égale enfin Louis de Funès sans chercher à imiter ici le comique comme il a pu le faire dans La soif de l’or vingt ans plus tôt) est une bombe comique se jouant du politiquement correct en se vautrant généreusement dans le petit racisme quotidien. Tout le monde ici, peu importe ses origines, s’en donne à cœur joie dans les petits gags xénophobes, sans jamais être méchant.
L’approche est simple, titiller les relents racistes du tout un chacun en nous confrontant à une situation extraordinaire, pour mieux rapprocher les communautés et porter au final un message social d’apaisement entre les peuples qui fait du bien à notre époque de fortes tensions sociales ou certaines villes basculent dans l’extrême droite.

Il est rare de voir les spectateurs aussi hilares dans une salle. Le phénomène n’avait pas été aussi flagrant depuis Bienvenue chez les Ch’tis peut-être. Philippe de Chauveron et son casting 4 étoiles aussi fun qu’attachant, y parvient, rassemblant lors d’une grand messe cinématographique toutes les communautés ethniques et sociales, tous les âges et tous les genres au sein de la plus efficace des comédies populaires vue en France depuis le deuxième film de Dany Boon. Bref, oubliez vos propres préjugés envers la comédie franchouille et tentez le diable, il y a matière à passer un excellent moment de divertissement ludique, de ceux que l’on voit et revoit pendant des décennies grâce aux multidiffusions à la télévision.


 

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Planes 2 (2D & 3D)

Planes 2 (2D & 3D)

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Film D'animation de Bobs Gannaway (Etats-Unis - 2014 - 1h24) avec les voix de Fred Testo et Audrey Lamy





Planes 2 affiche une- Film proposé en 2D ou en 3D selon les séances


Dusty est au sommet de sa gloire quand il apprend que son moteur est endommagé et qu’il ne pourra peut-être plus jamais participer à une course… Il se lance alors le défi de devenir pompier du ciel. Il suivra sa formation auprès de l’élite du genre en charge de la protection du parc national de Piston Peak. Cette équipe de choc est menée par Blade Ranger, un hélicoptère vétéran charismatique et est composée de Dipper, une grande fan de Dusty qui en pince pour lui, Windlifter, un hélicoptère de transport lourd en charge de larguer sur les lieux de l’incendie les intrépides et déjantés parachutistes du feu. Au cours de sa lutte contre le feu, Dusty va apprendre qu’il faut beaucoup de courage et ne jamais baisser les bras pour devenir un vrai héros.

 

 




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