Film de Alan Brown (Etats-Unis – 2012 – 1h23) avec Kimiye Corwin, Reed Luplau, Catherine Miller

 

Dans le cadre du Cycle Danse 2103/2014

Film proposé en VOST

5 danses affiche uneChip est danseur et n’a qu’un seul but dans la vie : réussir à vivre de sa passion.
Fraîchement débarqué à New York, il intègre une troupe de danse moderne à Soho et est vite confronté aux rites de passage d’un danseur à New York rythmés par la discipline, le travail acharné, la camaraderie, la compétitivité, la peur de ne pas être à la hauteur et la satisfaction personnelle.
Durant sa dure initiation, il va trouver réconfort auprès de Théo, un autre danseur.

 

 

Critique “aVoir-aLire.com”

Présenté lors du Champs Elysées Film Festival, 5 Danses est une petite réussite issue du cinéma gay indépendant. Un récit d’initiation quasi séculaire où le jeune homme monte à la ville. De sa beauté juvénile et de son corps parfait, il s’en va apprendre le monde, loin d’une famille éclatée aux deux coins les plus reculés des USA, de l’alcoolisme de sa mère, castratrice, qui le supplie pourtant de revenir, quitte à l’anéantir. Mais “Chip” est là pour se bâtir un avenir qu’il ne sait trop dessiner. Il n’a pas le recul de l’expérience, même charnel. Croquer à la grande pomme ne lui fait pas peur. Son instinct de survie le guide vers toujours plus d’abstraction et de mouvement. Peu farouche vis à vis de son corps, il passe ses nuits sous le porche des immeubles et le jour répète des chorégraphies gracieuses auprès d’une troupe qui l’emploie à la discipline.

Le film se divise en 5 tableaux, 5 danses où l’on sent poindre les hésitations amoureuses, les tentations, et l’inéluctable sentiment de solitude humaine qui caractérise les jeunes actifs des cités urbaines. Avec une chaleur humaine naissante où l’on sent peu à peu les tabous tomber et l’inflammation des passions se déchaîner au gré des numéros de danse quasi éthérés, chorégraphiés par le grand Jonah Bokaer, ce petit film new-yorkais produit en coopérative réussit l’exploit de faire exister ses acteurs non professionnels, tous issus du milieu du ballet. L’on remarque en particulier le jeune Ryan Steele, qui s’élance à corps perdu vers l’ombre et l’inconnu qu’il dompte de sa grâce masculine.

La musique de Nicholas Wright complète un casting cohérent de ses charmes élégiaques qui semblent sonner la fin de l’adolescence et le début d’une nouvelle ère. Sur une histoire bateau d’initiation à l’âge adulte, le réalisateur Alan Brown parvient à toucher à l’essentiel, en s’appropriant quelques ficelles du documentaire ; il réussit un très belle oeuvre qui dépasse largement le seuil communautaire.

 

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