Film de Delphine De Vigan (France – 2013 – 1h30) avec Valérie Bonneton, Laurence Arné, Eric Elmosnino…

 

A coup sur affiche uneElevée dans le culte de la performance et dans l’idée que toute compétence doit être optimisée, Emma est une jeune femme méthodique, volontaire et, en apparence, relativement sûre d’elle. Mais deux échecs consécutifs (réels ou supposés) lui laissent croire qu’elle a un vrai problème : elle est nulle au lit. Parce qu’elle est plus fragile qu’il n’y paraît, Emma décide donc de devenir… le meilleur coup de Paris !
Emma se lance alors dans la mise en œuvre d’un redoutable plan d’action (théorie, TP, validation des acquis…), lequel ne tarde pas à provoquer autour d’elle toute une série de malentendus et de catastrophes. D’une part, sa méthode ne s’avère pas très adaptée à son champ d’investigation et, d’autre part, Emma a sans aucun doute omis un détail : l’amour, lui, n’obéit à aucun plan.
Dans cette quête absurde et loufoque, Emma apprendra à lâcher prise, à perdre le contrôle et, au bout du compte, devra conquérir sa liberté.

 

Critique « Le Parisien »

Emma, très jolie trentenaire célibataire, a été élevée pour vivre dans son siècle. C’est-à-dire dans le culte de la performance. Dès ses essais au ski nautique, on lui a appris à être la meilleure. Par la suite, elle a enquillé diplômes et masters jusqu’à se retrouver journaliste économique dans un magazine dont le patron de la rédaction, pressé par les actionnaires, cherche toutefois à relancer les ventes en orientant ses sujets d’articles vers des courbes un peu plus roses.

Il se trouve qu’Emma est très concernée par cette offensive stratégique. Elle-même vit dans les affres d’une baisse de performance depuis que son dentiste, pour qui les conquêtes marchent comme sur des roulettes, l’a traitée de « limace » sexuelle. Un quiproquo avec son plus proche collègue de bureau enfonce le clou. Voilà notre canon abattu mais résolu à devenir « le meilleur coup de Paris ». « Tu pourrais même pousser jusqu’à Montargis » lui suggère, sur le ton de la plaisanterie émoustillée, son frère qui ne veut à sa sœur que du bien.Auteur de best-sellers qui ne versent pas dans la franche comédie parmi lesquels « Rien ne s’oppose à la nuit », Delphine de Vigan est aux manettes de cette sauterie qui avait à peu près tous les arguments pour se crasher. Sauf que s’interroger sur le thème de la perfection sexuelle, territoire jusqu’ici réservé à une condition masculine souvent dévastée par les films spécialisés, est un angle de tir qui ne court pas les scénarios. Servi par une brochette d’acteurs impeccables — Eric Elmosnino, épatant, inénarrable François Morel en sexologue, Valérie Bonneton, totalement barrée… —, ce film transforme un argument de Grosse Bertha en habile réflexion sur les mécanismes pervertis de l’amour. Quant à Laurence Arné, elle est, sur le plan de la comédie, une performance à elle toute seule.

 

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