Documentaire de Raphaëlle Aellig Régnier (Suisse – 2013 – 1h05)

 

Soirée Mélomane – Deux films pour 10 euros

 

Alexandre Tharaud affiche unePlongée atypique dans l’univers d’un artiste particulièrement talentueux d’aujourd’hui : Alexandre Tharaud. Un pianiste qui a séduit un public bien au-delà de celui traditionnel de la musique classique grâce à son talent, sa sensibilité, mais aussi sa volonté de décloisonner ce monde parfois un peu figé en imaginant des aventures musicales inédites.
Né de parents eux-mêmes familiers de la scène (un père chanteur d’opéra, une mère Professeur de danse à l’Opéra de Paris), Alexandre conjugue sa passion du piano et sa fertile intranquillité sous l’œil d’une caméra intimiste. Un film mené sous la forme d’une exploration de moments intimes où l’artiste est bien plus face à lui-même qu’au public, confrontation à la fois douce et brutale à sa passion, à son inaccessible étoile.

 

 

Critique « aVoir-aLire.com »

L’argument : Plongée atypique dans l’univers d’un artiste particulièrement talentueux d’aujourd’hui : Alexandre Tharaud. Un pianiste qui a séduit un public bien au-delà de celui traditionnel de la musique classique grâce à son talent, sa sensibilité, mais aussi sa volonté de décloisonner ce monde parfois un peu figé en imaginant des aventures musicales inédites. Né de parents eux-mêmes familiers de la scène (un père chanteur d’opéra, une mère Professeur de danse à l’Opéra de Paris), Alexandre conjugue sa passion du piano et sa fertile intranquillité sous l’œil d’une caméra intimiste. Un film mené sous la forme d’une exploration de moments intimes où l’artiste est bien plus face à lui-même qu’au public, confrontation à la fois douce et brutale à sa passion, à son inaccessible étoile.

Notre avis : Après un passage au Conservatoire qui l’a marqué par la rigidité d’un système contraignant, le pianiste Alexandre Tharaud s’est fait remarquer d’un public averti pour avoir enregistré en 2001 des Suites pour clavecin de Rameau sur un piano classique. Une manière de se distinguer qui témoigne de la totale liberté dont se revendique cet interprète d’exception. Capable de jouer de la musique baroque, romantique ou contemporaine, tout en participant à des expériences plus iconoclastes (comme par exemple accompagner des musiciens populaires orientaux), Alexandre Tharaud participe également à la création d’œuvres originales qui pourraient bien marquer leur temps, par-delà les modes éphémères.
Avec Le temps dérobé, la réalisatrice Raphaëlle Aellig Régnier cherche bien évidemment à dresser le portrait intime d’un artiste en pleine activité créatrice, mais elle capte également tous ces petits instants qui sont généralement inconnus du grand public. Des répétitions, en passant par des séances de yoga afin de trouver un équilibre intérieur nécessaire pour affronter la scène jusqu’à ces moments intenses juste avant d’entrer dans l’arène, ce documentaire s’attache à saisir ces petits riens qui sont pourtant si importants pour l’artiste. Filmé caméra à l’épaule afin de suivre les moindres gestes de son sujet, Le temps dérobé séduit le spectateur par cette intimité immédiate avec le pianiste. Peu importe que les morceaux ne soient pas joués en intégralité puisqu’il ne s’agit pas ici de la restitution d’un concert, mais bien de la captation d’un état délicat situé quelque part entre l’excitation liée à la création et le recueillement nécessaire pour y parvenir. L’ensemble constitue donc un document très intéressant qui devrait plaire aussi bien aux néophytes qu’aux spécialistes. Le seul reproche qu’on peut lui adresser tient en une durée un brin frustrante : on aurait tant aimé profiter davantage de l’expérience d’un tel musicien.

 

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