Film de Thierry Ragobert (France – 2013 – 1h23)

 

Amazonia affiche def uneSuite à un accident d’avion, Saï, un jeune capucin né en captivité se retrouve seul au coeur de l’immensité verte. Confronté à cet univers à la fois hostile et merveilleux, il va devoir s’adapter mais aussi se protéger de la férocité et de l’éxubérance d’une nature toute puissante. Saï va alors entamer un long voyage dont l’issue restera incertaine.

Pour la première fois, une équipe a tourné en 3D pendant plus d’un an dans la forêt amazonienne. Avec la participation d’une tribu de singes capucins, des jaguars, un anaconda, un kinkajou, une loutre, des dauphins roses, des crocodiles, une taïra, un tapir, des papillons sphinx, un tamandua, un coati, une harpie, un ara, 2,5 millions d’insectes et près de 40 000 espèces végétales.

 

 

Critique “La Croix”

Un frémissement dans le feuillage… Après la banquise, la forêt tropicale passionne le cinéma. Il y a deux semaines sortait en salles Il était une forêt de Luc Jacquet, documentaire aux images sublimes et au didactisme intelligent, tourné au Pérou et au Congo afin de sensibiliser aux richesses des dernières forêts primaires. Pour Amazonia, Thierry Ragobert a planté ses caméras au cœur de la plus vaste forêt de la planète, dans une démarche radicalement différente.

Entre fiction et documentaire, son film dénué de paroles suit un jeune capucin né en captivité, qu’un accident d’avion plonge dans un monde qu’il n’a jamais connu : le sien. Ce petit singe fait figure de candide. C’est avec lui et par lui que le spectateur s’immerge dans la forêt amazonienne. S’il se réfugie dans la carlingue à la première averse, il prend de l’assurance et s’en éloigne pour s’aventurer dans la végétation.

Certaines plantes jouent un rôle dans le récit, comme les noix de coco qu’il faut apprendre à casser en les jetant sur des pierres, les lianes pour atteindre rapidement la canopée ou l’arbre aux fruits attirants mais au tronc hérissé d’épines dissuasives. Cependant, contrairement au film de Luc Jacquet dont la forêt est l’héroïne, elle apparaît ici pour l’essentiel comme un beau décor où évoluent des animaux de toutes sortes.

Avec le capucin, on scrute les armées de fourmis rouges en défilé serré sur une écorce ou des sauterelles colorées et bondissantes. Si le film nous place comme lui en situation d’observateur, il offre aussi le contrepoint de son visage expressif et de ses mimiques amusantes : sa peur face à l’orage, sa fascination devant un phasme en forme de feuille, son babillage en réponse à une grenouille verte, son cri de reconnaissance lorsqu’il croise enfin un singe de son espèce, sa nervosité devant un alter ego hostile.

On frémit avec lui devant des crocodiles ou un jaguar. Drôle et touchant, ce récit d’initiation relate l’adaptation du capucin à la forêt et sa rencontre avec les siens, garantie de sa survie. Ce documentaire muet mais accompagné de la musique de Bruno Coulais montre la beauté de la forêt vierge, des suaves ondulations d’un mille-pattes au vol majestueux d’un papillon bleu géant aux méandres de l’Amazone en crue.

 

 

Pricing table with id of "amazonia" is not defined.