Le détail des films

Cinéma de Fronton » Prochainement

Gloria (Avant-Première Exceptionnelle – VOST) – Jeudi 5 Novembre 2013 à 21H

Gloria (Avant-Première Exceptionnelle – VOST) – Jeudi 5 Novembre 2013 à 21H

By:
Categories: Prochainement

Film de Sebastián Lelio (Chili - 2013 - 1h45) avec Paulina García, Sergio Hernandez, Diego Fontecilla...


Film proposé en Version originale sous-titrée


Ours d'Argent de la Meilleure actrice au festival de berlin 2013

 

Gloria affiche uneA 58 ans, Gloria se sent toujours jeune. Célibataire, elle fait de sa solitude une fête et passe ses nuits dans les dancings de Santiago. Quand elle rencontre Rodolfo, tout change. Elle tombe amoureuse et s’abandonne totalement à leur passion tumultueuse. Traversée tour à tour par l'espoir et les désillusions, ce qui pourrait la faire sombrer va au contraire lui permettre d'ouvrir un nouveau chapitre de sa vie.

 



Critique "FilmdeCulte.com"


Nouveau long métrage du Chilien Sebastián Lelio, repéré il y a quelques années à la Quinzaine des réalisateur avec Navidad, Gloria est un redoutable crowd-pleaser qui devrait faire exploser le cinéaste sur la scène internationale. Gloria raconte l'histoire d'une femme divorcée, dont les enfants sont grands, qui est active et qui approche de la soixantaine. Gloria sort, danse, saute à l'élastique, chante à tue-tête les chansons sirupeuses qui passent dans sa voiture. Derrière l'entrain et l'enthousiasme, une amertume. Le film pourrait être une fable mièvre ou une recette didactique, mais Lelio se montre particulièrement habile dans les nuances, doué dans les ruptures de ton. Rien n'est jamais tout noir ou rose dans Gloria, les deux se côtoient, et Lelio tient cet art du doux-amer jusqu'au bout.

Exemple: l'une des meilleures scènes du film est à la fois la plus triste et la plus hilarante. Gloria s'y bourre la gueule dans un casino de mauvais goût, échange des smacks avec un dodu moustachu, tournicote à cheval sur un manège à poupons et finit comme une épave sur une plage, échouée telle Baby Jane. Il n'y a aucune cruauté dans la caméra de Lelio, simplement de la bienveillance même lorsque le sort joue des tours. Le cinéaste ne quitte jamais Gloria des yeux, son objectif est toujours centré sur elle, lors d'une discussion, lors d'une séquence musicale. Gloria est toujours en mouvement mais vient le moment où plus rien ne bouge alors que tout, autour d'elle, s'agite. Sa fille qui s'installe à des milliers de kilomètres, une manifestation qui arpente le pavé, des femmes légères qui s'en remettent au hasard au casino. Et Gloria, stoppée net, de croiser une figurine dansante: celle d'un squelette animé par un artiste de rue. La pulsion de vie qui anime le long métrage de Sebastián Lelio le rend assez euphorisant. Il lui manque probablement plus d'inspiration formelle. Mais son cœur est son actrice: Paulina Garcia, de tous les plans, largement à la hauteur de ce personnage extraordinaire dont le générique de fin chante le nom.

Critique "AbusdeCiné.com"


« Gloria », film chilien présenté au Festival de Berlin 2013, a longtemps fait office de favori, boostant par sa générosité et son humanisme, le moral de festivaliers abruvés de films sociaux peu à même de détendre l'atmosphère. Au final, ce joli film passé par la case du « Cine en construcción » du Festival de San Sebastian quelques mois auparavant, a valu un prix d'interprétation mérité à Paulina Garcia, interprète principale qui incarne une quinquagénaire divorcée depuis 10 ou 12 ans (elle ne le sait même plus elle-même...) qui tente de retrouver quelqu'un.

Sebastián Lelio mise tout d'emblée sur le détail, prenant son temps pour dépeindre cette femme au physique plutôt agréable. Elle sait prendre soin d'elle et trompe sa solitude en remplissant sa vie de musique, dans sa voiture (où elle écoute des tubes quelque peu défraîchis, en adéquation avec l'image qu'elle renvoie elle-même), comme lors de ses sorties (dans des bars où l'on danse...). Trompant sa solitude, elle a tendance à envahir gentiment la vie de ses deux enfants, devenus grands, mais fait même pleurer son petit fils, dès qu'elle l'a dans les bras. Saura-t-elle contrer son effet repoussoir, en mettant en sourdine son mal-être et son manque de contact humain ?

Au travers d'une principale histoire d'amour avec un homme divorcé depuis un an, propre à réveiller les passion qui sommeillent en Gloria, l'auteur nous propose un très beau portrait d'une femme en proie aux doutes, et potentielle victime d'hommes peu bienveillants. Soucieuse de retrouver une vie privée, elle est prête à accepter petits arrangements et humiliations passagères. Angoissée par l'idée de se retrouver seule, elle encaisse tant bien que mal le départ annoncé de sa fille pour la Suède, risquant de perdre la complicité qui fait sa fierté lorsqu'elle lui confie ses secrets. À un âge critique, face à la lâcheté avérée des hommes, elle pourrait aussi bien s'écrouler que rester combative.

Mais l'auteur a choisi pour elle une des deux voies, délivrant un tendre message sur la fierté, le fait de savoir rebondir et danser malgré tout. Paulina Garcia compose une Gloria tout en sobriété (même sous influence), qui observe la vie des autres sans broncher, le regard plein d'espérance. Elle est presque une sainte (voir le plan avec le sèche-cheveux, formant une auréole au dessus de sa tête) dans sa capacité à encaisser les coups. Et c'est avec tendresse qu'elle regarde dans la rue une marionnette de squelette souriant, qu'un manipulateur fait danser, reconnaissant une sorte d'image d'elle-même, usée physiquement, mais combative. C'est grâce à ce genre de paraboles cruelles que le scénario de « Gloria » touche, libérant de soudaines pointes d'émotion, lorsqu'il met Gloria face à sa propre condition de femme vieillissante... mais certainement pas morte. Un film aussi bouleversant que stimulant.

Critique "Télérama"


Quand un festival s’endort – ou tarde même à s’éveiller – un bon « feelgood » movie, une comédie un peu profonde semble un don du ciel. C’est ce qui est arrivé à la Berlinale avec la projection du film chilien Gloria, signé Sebastian Lelio, propulsé illico favori de la critique (donc, selon la critique, du jury). Le tableau des étoiles du quotidien Screen International, regroupant quelques pointures de la presse cinéma européenne, l’a immédiatement reflété : Gloria y obtient la note de 3,4 (sur 4), distançant nettement le pâle leader précédent (le film d’Ulrich Seidl, avec 2,1)…

A défaut d’être révolutionnaire, Gloria est effectivement très bien écrit et souvent inspiré : c’est un beau portrait « entre deux âges », comme on aurait dit jadis, cherchant après son divorce, sinon à retrouver l’âme sœur, du moins à profiter des plaisirs de la vie, sexe compris. Pas de bol, l’alter ego qui lui plaît, et qu’elle séduit, n’est pas tout à fait aussi divorcé qu’il voulait le bien dire… Gloria n’est pas un vaudeville pour autant : c’est une chronique énergique – et élégiaque à la fois – sur les pas d’une actrice, Paulina Garcia, qui habite littéralement un personnage et ne quitte quasiment jamais l’écran.

Sebastian Lelio, remarqué pour ses deux premiers films (La Sagrada Familia, en 2006, volontairement provocant, et Navidad, plus subtil, en 2009), montre tout – y compris le sexe entre quinquas – et ne juge rien, laissant son héroïne trébucher puis se relever, au gré de ses déceptions amoureuses, ses embrouilles familiales, voire ses disputes avec son voisin. Le résultat est le portrait, forcément touchant, d’une femme libre, plus libre même qu’elle ne le croit, alors qu’autour d’elle chacun paraît enfermé par ses proches ou ses préjugés. La fluidité du récit est servie par d’excellents choix musicaux (du disco des bals pour deuxième âge et demi à une très belle interprétation des Eaux de Mars, de Tom Jobim), et une écriture joyeuse, volontiers ironique. De la belle ouvrage !
[go_pricing id="gloria"]