Film d’Eytan Fox (Israël – 2013 – 1h32) avec Anat Waxman, Keren Berger, Ofer Shechter…

 

CUPCAKES affiche uneVersion Originale Sous-Titrée

A Tel-Aviv, une bande d’amis décide de composer une chanson pour l’anniversaire de l’une d’entre eux.
Amusé par le résultat, Ofer décide de la soumettre au comité de sélection d’un concours international dont il est fan. Contre toute attente, leur composition est choisie et le groupe est invité à l’interpréter lors de la compétition télévisuelle.
Débute alors une aventure décalée et délicieusement colorée …

 

 

Critique “aVoir-aLire.com”

Les cartons de titre aux couleurs acidulées, avec lettres en glaçage et pâte à sucre, donnent le ton : le nouveau film d’Eytan Fox s’inscrit dans un registre sensiblement différent de ses films précédents, assumant cette fois clairement la comédie légère et le caractère réconfortant du feel-good movie. L’immeuble chaleureux rempli de voisins sympathiques, chacun avec leur personnalité bien définie, donne à Cupcakes des allures de sitcom emballée dans un papier cadeau bien ficelé. A l’intérieur de l’emballage, un film sans surprises, fable de quartier partant d’un postulat drôle (une bande d’anonymes propulsée dans un concours de chansons ringard) et déployant son arsenal de situations burlesques et de moments « émotion », le tout nappé d’une morale en forme d’ode au sourire et à la vie, servie par une voix-off omniprésente. Cupcakes ressemble ainsi au gâteau auquel il emprunte son titre, pas désagréable à regarder, franchement trop sucré et laissant derrière lui une impression de trop-plein. Une gâterie qu’on déguste avec des copains et des copines, entre deux verres de soda, en essayant de ne pas trop culpabiliser.
Cupcakes tente pourtant par certains aspects de prolonger sur un ton décalé le projet plus large d’Eytan Fox de radiographier la société israélienne – du moins le microcosme très spécifique d’un Tel-Aviv fortuné – et d’y déceler les mécanismes sociaux et psychologiques à l’œuvre, les mettant au jour sur le ton de la satire. Il est toujours appréciable chez le cinéaste de voir des romances homosexuelles être traitées sans caractère d’exception ou dramatisation extrême – comme les histoires banales qu’elles sont, somme toute. Le personnage principal, Ofer, en couple avec le représentant d’une marque traditionnelle (la Famille « Hummus ») forcé de rester dans le placard, est peut-être l’un des plus intéressants que l’on trouve parmi les films récents d’Eytan Fox, jouant lui-même avec les codes de la « folle » et la représentation attendue de l’homosexuel hystérique, fan de l’UniverSong (pastiche fictionnel de l’Eurovision) et des lunettes de soleil à verres colorés. A l’image du concours de chant que le film met en scène, tout ici n’est que mise en scène de soi, de préférence au second degré et dans le kitsch le plus assumé – et peut-être même dans les sujets plus sérieux que le film essaie d’incorporer, comme l’usure des histoires d’amour ou le coming-out… En termes cinématographiques, il en reste peut-être l’essentiel, à savoir une bande d’acteurs qui, à l’image des personnages qu’ils incarnent, s’amusent (jusqu’à l’apparition surprenante d’Edouard Baer en French lover de pacotille !) sans se prendre au sérieux. Comme devra le faire tout spectateur tenté par la pâtisserie pas très légère d’Eytan Fox.

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