Film de Hilla Medalia (Etats-Unis – 2013 – 1h24) avec Pierre Dulaine, Yvonne Marceau, Noor Gabai, Alaa Bubali, Lois Dana, Mlle Rachel Gueta….

 

– Film proposé en Version Originale Sous-Titrée


Dancing in Jaffa affiche uneAprès avoir vécu à l’étranger de nombreuses années, Pierre Dulaine, danseur professionnel maintes fois récompensé, retourne à Jaffa, en Israël, où il est né en 1944. Nostalgique des rues de son enfance, mais conscient de la tension qui règne entre les différentes communautés vivant à Jaffa, Pierre veut réaliser le rêve de toute une vie : faire danser ensemble les enfants palestiniens et israéliens, mettant ainsi à l’épreuve les croyances des familles et des enfants.

 

 

Critique “aVoir-aLire.com”

Le grand danseur de salon Pierre Dulaine n’est peut-être pas un inconnu pour les cinéphiles amateurs de danse. Effectivement, son expérience dans les écoles américaines a largement inspiré le scénario du long-métrage Dance With Me (2006) de Liz Friedlander avec Antonio Banderas. Dans ce film de fiction, les auteurs retraçaient la création par ce quadruple champion du monde de danse de salon de plusieurs écoles à New York où il encourageait la mixité sociale et le rapprochement entre les communautés. Depuis, le danseur devenu professeur s’est lancé de nombreux défis en créant des structures dans des pays où la situation politique est encore plus difficile. Etant lui-même né à Jaffa de parents palestiniens, Pierre Dulaine rêvait de retourner dans sa ville natale afin de créer une structure fixe qui encouragerait des enfants palestiniens à danser avec des gamins juifs. C’est cette expérience difficile menée sur plus de 15 semaines que la documentariste Hilla Medalia suit dans ce très beau documentaire qu’est Dancing in Jaffa.

La réalisatrice, en suivant pas à pas la mise en place de ce programme éducatif, n’élude en rien les difficultés rencontrées, notamment auprès d’enfants d’abord pleins de préjugés envers ceux qu’ils considèrent comme leurs ennemis naturels, sans vraiment les connaître. Si la réalisatrice montre les réticences des israéliens envers une population qu’elle considère comme marginale sur un territoire conquis, elle ne cache pas non plus les résistances des palestiniens proches de l’islam. Il y avait effectivement un double défi à relever durant cette expérience : il fallait bien entendu vaincre les réticences de populations qui sont en guerre larvée depuis 70 ans, mais également faire accepter l’idée qu’un garçon puisse danser avec une fille (et donc la toucher) sans que cela implique nécessairement un mariage. En filmant avec une réelle attention les réactions à fleur de peau des enfants, la réalisatrice révèle l’état de tension qui règne encore au sein des deux communautés. Lorsqu’elle sort des écoles, elle ne peut que constater l’incessant défilé des manifestants palestiniens réclamant une égalité de traitement et la présence d’une armée israélienne sur les dents. C’est dans ce contexte politique fort que s’inscrit une action pédagogique qui tient uniquement par la force de persuasion de Pierre Dulaine, homme chaleureux, mais exigeant, qui se bat pour obtenir le consentement de tous sur un projet casse-gueule. Son optimisme forcené finit pourtant par abattre un à un les murs dressés entre les communautés.

La dernière demi-heure est une magnifique leçon d’espoir lorsque l’on découvre des gamins de plus en plus confiants et ouverts sur les autres. Les auteurs établissent ainsi la preuve irréfutable que la haine naît de la méconnaissance de l’autre. Sans tomber dans le pathos, ce documentaire grisant redonne de l’espoir en une région du monde où les raisons de croire en l’avenir sont plutôt minces. Et puis le concours final parvient même à nous donner une sacrée pêche, et cela vaut tous les trésors du monde.

 

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