Film de Tsui Hark (Chine – 2014 – 2h19) avec Mark Chao, William Feng, Angela Baby…


Détective-Dee-II-La-Légende-du-Dragon-des-Mers-Affiche uneFilm proposé en 2D ou en 3D selon les séances

L’Impératrice Wu règne sur la dynastie Tang aux côtés de l’empereur Gaozong. Elle envoie sa flotte vers l’empire Baekje afin de soutenir cet allié de longue date, envahi par le belliqueux empire Buyeo. Mais, juste après leur départ, les navires sont attaqués par une mystérieuse et gigantesque créature surgie du fond des mers. Les habitants de Luoyang, la capitale orientale, pensent qu’il s’agit d’un dragon des mers. Afin d’apaiser ce dernier, la courtisane Yin, « la plus belle fleur de Luoyang », est choisie pour être enfermée dans le Temple du Dragon des Mers ; en fait une punition qui lui est infligée pour avoir refusé les avances de riches notables. L’impératrice Wu, qui n’a guère de temps à accorder à ces superstitions, ordonne à Yuchi Zhenjin, le Commissaire en chef du Temple suprême d’enquêter sur l’acte de sabotage dont la flotte a été victime. Elle suspecte en fait les sympathisants de l’empire Buyeo d’être à l’origine du complot. Par chance, Dee Renjie arrive à Luoyang le même jour pour prendre ses fonctions de magistrat au Temple suprême. Son poste englobe les fonctions de détective, juge et bourreau. Dans la rue, Dee et Yuchi assistent à la procession menant la courtisane Yin jusqu’au Temple du Dragon des mers. Tous deux sont époustouflés par sa beauté. Sur le chemin du Temple suprême, Dee aperçoit un groupe d’étrangers sortir d’une maison de thé, s’envelopper dans des vêtements de moines taoïstes, et se diriger vers un canal menant au temple… Ce n’est que le début des péripéties qui amèneront le Détective Dee à résoudre l’énigme de la Légende du Dragon des Mers…

 

 

 

Critique “Culturebox”

La désormais franchise “Detective Dee” s’inspire d’un personnage ayant réellement existé dans la Chine médiévale sous la dynastie Tang (618-907). S’il a laissé sa trace dans l’Histoire, il est devenu une légende, et un héros de romans sous la plume du diplomate Néerlandais Robert van Gulik, dont la série a été prolongée par le Français Frédéric Lenormand. Les deux films de Tsui Hark sont loin d’être les premiers sur celui que l’on présente comme l’ancêtre de Sherlock Holmes. Mais ce deuxième opus, sous-titré “La Légende du dragon des mers” atteint des sommets rarement atteints dans la démesure de la mise en scène.

L’ouverture visualisant une armada au milieu de l’océan attaquée par un prodigieux dragon marin est époustouflante. Le film ne dérogera plus sur toute sa longueur d’une qualité plastique de haute volée. Dès cette scène, l’apport de la 3D est éblouissant, sans doute le plus beau relief à l’écran depuis “Avatar”. L’action va occuper l’écran jusqu’à la fin dans une débauche de décors et de costumes somptueux, constamment renouvelés, sur une quarantaine de lieux différents, d’un luxe merveilleux. Les intrigues de cour, les luttes de pouvoir, les sentiments sous-tendent des scènes de combats martiaux magistraux, tant dans les chorégraphies, leur rythme et les armes exotiques mises à contribution. Avec le relief, les lames frôlent les têtes. Chaud devant !

Tsui Hark, qui avait déjà révolutionné le film d’action fantastique avec “Zu”, atteint ici une forme de perfection en continuité avec sa filmographie dédiée au divertissement spectaculaire. Cette pure “fantasy” ne dénigre pas pour autant des qualités d’écriture. Car si les scènes d’action s’enchaînent, l’intrigue, l’enquête, les rebondissements, l’épaisseur des personnages ne sont jamais laissées de côté.

On se passionne de bout en bout pour cette aventure située dans une des époques les plus fastes de l’Empire du milieu, où resplendit une civilisation raffinée des plus sophistiquées. Cela fait longtemps que de telles splendeurs ont été déversées sur les écrans. Tsui Hark allie l’art au divertissement avec un rare talent respectueux de sa culture originelle, en la rendant universelle. On l’aura compris au nombre de superlatifs répartis ici, “Detective Dee II : La Légende du dragon des mers” est le film à ne pas rater cet été.

 

Critique “aVoir-aLire.com”

Le film se concentre sur un détective Dee plus jeune que celui chargé d’enquêter sur le mystère de la flamme fantôme dans le précédent opus. Cette suite fait donc office de prequel pour en apprendre davantage sur ce personnage attachant, roi de l’anticipation qui a toujours une longueur d’avance sur tout le monde.
Derrière la caméra on retrouve une fois de plus Tsui Hark qui confirme son sens inné de la mise en scène. À la différence du premier volet, il intègre ici un brin de fantastique dont les explications, ayant pour but d’offrir une légitime crédibilité aux monstres à l’écran, oscillent entre le rationnel et les légendes chinoises. Grâce à cet angle, on sent le réalisateur véritablement libéré de toute contrainte, pouvant s’en donner à cœur joie dans les effets de styles, les ralentis et autres prouesses visuelles.
En véritable cinéaste virtuose, il offre une réalisation impressionnante. Les chorégraphies virevoltantes jouissent d’une lisibilité infaillible, et sur une durée peut être un peu trop longue de 2h15 le spectacle est tout de même généreux, parfois grandiose. Tsui Hark s’amuse avec la 3D qui embellit ses images telles des peintures en mouvements à la fois imposante et poétique. Le mouvement toujours le mouvement, parfois chorégraphié à l’extrême, c’est vraiment sur ce point qu’on ressent la fascination du réalisateur qui cherche par tous les moyens à le capter et à le magnifier avec une facilité prodigieuse. Certaines productions américaines qui préfèrent un montage haché illisible pour créer artificiellement cette impression de mouvement devraient en prendre de la graine.

Très attaché au visuel et à la force de l’image, Tsui Hark n’en lâche pas moins son récit, tout à fait honorable même s’il est évident que certaines scènes sont prétextes à orchestrer des tourbillons chorégraphiés sans réel développement narratif. De plus la partie romance qui lorgne du côté de la belle et la bête est parfois traitée de manière trop accessoire.

L’excentricité, point commun de nombreuses réalisations asiatiques, est de la partie et prête plus à un sourire bienveillant qu’à la moquerie. Il en va de même pour les quelques invraisemblances voulues par le metteur en scène, toujours au profit de la beauté formelle.
Qu’importe ces légères faiblesses, ne boudons pas notre plaisir en présence d’un cinéaste hongkongais en pleine maîtrise de son art.
Détective Dee, parfait mélange d’un Sherlock Holmes et d’un expert en arts martiaux, est une sorte de réponse aux super-héros américains. La Chine trouve en lui son propre héros avec des aptitudes physiques et mentales proches des super-pouvoirs.

 

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