Film de Jean-Paul Salomé (France – 2013 – 1h45) avec François Damiens, Géraldine Nakache, Lucien Jean-baptiste et Anne Le Ny…

 

je fais le mort affiche uneA 40 ans, Jean, comédien, est dans le creux de la vague…
Il court le cachet sans succès. Au Pôle Emploi Spectacle, sa conseillère lui propose un job un peu particulier : prendre la place du mort pour permettre à la justice de reconstituer les scènes de crime.
Son obsession du détail bluffe les enquêteurs et va permettre à Jean de revenir sur le devant de la scène dans une affaire délicate à Megève, hors saison, suite à une série de meurtres…

 

 

Critique « aVoir-aLire.com »

Je fais le mort part d’une idée de scénario toute simple, mais pourtant très originale. Jean, ancienne vedette de cinéma, aujourd’hui devenu un comédien raté qui peine à enchaîner les contrats, accepte la drôle de proposition que lui offre son conseiller Pôle emploi : jouer la victime, et donc le cadavre, lors des reconstitutions de crimes sordides organisées par la police. Très rapidement, son appétit d’investigation va s’avérer être un atout précieux pour la police, qui piétine dans son enquête.Jean-Paul Salomé, qui renoue ici avec la comédie, l’affirme lui-même sans détour : en réalisant Je fais le mort, le réalisateur souhaitait mettre en avant un métier totalement inconnu du grand public, et étonnement très peu porté sur les écrans, alors que celui-ci possède toutes les spécificités nécessaires à en faire l’habit d’un personnage de cinéma. Transposé dans le contexte d’un crime ayant eu lieu à la montagne en été, le film s’oriente alors autant vers le polar que la comédie puisque, de manière fort habile, l’univers dans lequel il évolue est en parfaite conformité avec les classiques rouages du film à rebondissements – multiples personnages, lieu reculé, ambiance inquiétante, crimes mystérieux. Le principal dilemme pour Salomé fut alors de trouver ce précieux équilibre entre les deux registres dans lequel évolue son long-métrage – dont le scénario est, par ailleurs, inédit.


Pour trouver cet équilibre, Jean-Paul Salomé effectue un choix judicieux : celui du casting. En choisissant François Damiens, devenu depuis peu l’une des étoiles montantes de la comédie hexagonale, pour incarner le rôle principal, le cinéaste offre à son film les moyens de faire évoluer son intrigue sans négliger sa matière principale, à savoir la comédie. L’acteur belge, habité par la dérision et le cynisme, parvient en effet à insuffler à de multiples scènes une ambition comique qui pourtant ne leur était pas forcément destinée. Il faut dire qu’armé de ses mimiques volontairement chancelantes, Francois Damiens désamorce autant qu’il alimente les portées dramatico-comiques de nombreuses séquences. Las, on ne peut pas en dire autant sur Géraldine Nakache qui, par des expressions terriblement figées, ne paraît que très peu convaincante dans son rôle de jeune juge d’instruction.

Parallèlement à son intrigue principale, Je fais le mort développe une intrigue sentimentale assez terne, mais qui réussit néanmoins à agrémenter le récit d’un certain rythme. Si les traditionnelles balourdises du genre – principalement la naissance d’une histoire d’amour incongrue entre deux êtres que tout sépare – sont évidemment de la partie, celles-ci viennent tout-de-même saupoudrer le récit d’une dose pas forcément désagréable d’ironie – l’acteur raté qui charme la charmante juge débutante. Car force est de constater que l’usage des artifices comiques simplistes sur lesquels se repose le film – les séquences absurdes s’enchaînent – fonctionne à merveille, notamment grâce à des répliques savoureuses et, évidemment, à un comique de situation qui constitue l’essence-même du long-métrage. Ne vous fiez donc ni à son casting peu risqué, ni au nom de son réalisateur qui ne laisse généralement pas de très bons souvenirs dans la mémoire des cinéphiles que nous sommes : Je fais le mort est une belle surprise, une agréable comédie de fin d’année qui parviendra sans difficulté à distraire et faire rire le plus grand nombre.

 

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