Film de Yossi Aviram (France – 2013 – 1h27) avec Lior Ashkenazi, Niels Arestrup et Emma De Caunes…


Dune affiche uneHanoch, un homme d’une quarantaine d’années, décide de quitter sa vie à Tel Aviv et de s’envoler pour Paris. Pour des raisons mystérieuses, il commence à suivre secrètement un homme de 65 ans, Ruben, avant de quitter soudainement la capitale. Ruben est un policier sur le point de prendre sa retraite. Alors qu’il va de mal en pis, un collègue lui demande d’enquêter sur un dernier de cas de disparition. A travers les nombreux évènements qui surviennent et au hasard des rencontres, les deux hommes finiront pas se rencontrer et affronter une page de leur histoire personnelle, une page qu’ils ont tous les deux besoin de tourner.

 

 

Critique “Libération”

S’il ne fallait qu’une seule raison d’aller voir la Dune, le premier film de l’Israélien Yossi Aviram, ce serait l’étonnant couple que forment Niels Arestrup et Guy Marchand. Les deux hommes ont assez de bouteille et de talent pour transformer l’improbable en évidence, sans surjouer, ni minimiser l’affaire. L’image de ces deux vieux homos à l’orée de la retraite, qu’accompagne un chien lourd et fatigué, n’est semble-t-il pas née par hasard dans l’imaginaire de Yossi Aviram qui, il y a quelques années, signait un documentaire (Deux Vieux Garçons) narrant l’histoire de son oncle et de son compagnon en couple depuis trente-cinq ans à Paris.

Mais ce serait dommage de réduire l’étonnant charme de ce film à ce duo d’acteurs. Ce serait oublier le silence, qui en est le héros principal. Un silence percé des bruits de la nature – le pépiement d’un oiseau au petit matin ou le grondement du tonnerre avant la pluie – ou chargé des sentiments complexes que moulinent les différents personnages : la honte, la quête, la souffrance, la solitude, l’entre-deux.

L’intrigue tient en quelques lignes. Un homme, que l’on voit d’abord évoluer en Israël, son pays, est retrouvé un matin inconscient sur une plage déserte d’un village des Landes. A son réveil, il se mure dans le silence. Il attend quelque chose ou quelqu’un. A Paris, l’inspecteur Ruben Verdi, vieux briscard dépressif de la section des disparus, décide pour une raison inexpliquée de descendre dans les Landes à la rencontre de l’inconnu. Yossi Aviram s’est, dit-il, largement inspiré de l’histoire de celui qu’on avait appelé «le pianiste», cet homme retrouvé il y a quelques années sur une plage en Angleterre, muet mais génial dès qu’il s’asseyait devant un piano.

Dans la Dune, le piano est remplacé par les échecs, et l’inconnu est interprété par le magnifique Lior Ashkenazi, acteur fétiche du réalisateur israélien Eytan Fox (The Bubble, Tu marcheras sur l’eau…) qui réalise cette prouesse de séduire une femme (Emma de Caunes, tout en douceur et pétillance) sans prononcer le moindre mot.

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