Film de Jorge R. Gutierrez (Etats-Unis – 2014 – 1h35)


Legende de manolo affiche une– Film proposé en 2D

 

Depuis la nuit des temps, au fin fond du Mexique, les esprits passent d’un monde à l’autre le jour de la Fête des Morts.

Dans le village de San Angel, Manolo, un jeune rêveur tiraillé entre les attentes de sa famille et celles de son cœur, est mis au défi par les Dieux. Afin de conquérir le cœur de sa bien-aimée Maria, il devra partir au-delà des mondes et affronter ses plus grandes peurs. Une aventure épique qui déterminera non seulement son sort, mais celui de tous ceux qui l’entourent.

 

 

 

 

 

Critique “La Croix”

Dans La légende de Manolo, on est d’emblée dans la mise en scène. À la manière d’un narrateur de théâtre qui introduit le récit et le commente au fur et à mesure qu’il se déroule, l’histoire de Manolo est présentée à de jeunes adolescents en visite dans un musée comme l’une des histoires du Livre de vie, vieux manuscrit qui y est conservé. Les personnages sont représentés par des figurines en bois qui prennent vie dans l’imagination des enfants et devant les yeux des spectateurs.

Dans le village mexicain de San Angel, Manolo et Joaquin se disputent les faveurs de Maria dont le cœur balance entre les deux garçons. Le premier ne vit que pour la musique alors que sa famille, où l’on est toréadors de père en fils, voudrait le voir reprendre la cape rouge. Le second vit dans l’ombre de son défunt père, général qui a combattu pour l’indépendance du pays.

L’amitié des deux valeureux compagnons est mise à rude épreuve quand la belle Maria, exilée de longues années dans un couvent espagnol où lui ont été inculqués les valeurs chrétiennes et l’art de l’escrime, revient au village.L’affaire est d’autant plus compliquée que les esprits des lieux, le diabolique Xibalba, roi du Pays des âmes oubliées, et La Muerte, enjôleuse reine du Pays des âmes chéries, ont chacun leur champion. Manolo doit alors partir dans un au-delà plein de dangers et affronter ses plus grandes peurs.

Récit picaresque inscrit dans le folklore mexicain, La légende de Manolo est une adaptation colorée et réjouissante de celle d’Orphée et d’Eurydice, voyage à travers les mondes des vivants et des morts pour sauver un amour.Lyre et Cerbère ont été remplacés par une guitare de mariachis et un taureau de corridas, tandis que le royaume des enfers ressemble davantage à un carnaval du Jour des morts (1). Certains personnages sont d’ailleurs directement inspirés des calaveras, têtes de morts décorées de fleurs multicolores qu’affectionne l’art populaire mexicain. Créatures qui pourront effrayer les jeunes âmes sensibles.

Le film, techniquement impeccable et visuellement étourdissant, porte l’empreinte du cinéaste mexicain Guillermo del Toro (Le Labyrinthe de Pan), dont l’imaginaire foisonnant avait déjà imprégné Les cinq légendes, autre très jolie mise en scène de mythes universels.

 

Critique “Le Point”

De quoi s’agit-il ?

D’un film d’animation du petit studio indépendant Reel FX, réalisé par le Mexicain Jorge Gutiérrez. Il met en scène les aventures rocambolesques de Manolo, un jeune rêveur que sa famille pousse à devenir matador mais qui préférerait être chanteur. Il ignore que La Muerte et Xibalba, gardiens du paradis et de l’enfer, ont fait un pari sur sa destinée.

Pourquoi en parle-t-on ?

Parce que ce dessin animé visuellement étonnant tombe à pic pour nous rappeler que les 1er et 2 novembre (la Toussaint et le jour des Morts) ne sont pas forcément synonymes de monstres et de sorcières façon Halloween. “Plus qu’une fête, le jour des Morts est une philosophie”, expose le réalisateur. “Il s’appuie sur la croyance que, tant que l’on perpétue le souvenir des morts, ils continuent de vivre.” On visite ainsi dans La Légende de Manolo “le pays des âmes chéries” et celui “des âmes oubliées”…

En vaut-il la peine ?

C’est à croire que le meilleur du cinéma américain vient désormais du Mexique. On savait déjà que le géant hispanophone avait offert à Hollywood un brillant échantillon d’acteurs (Benicio del Toro, pour n’en citer qu’un). On a eu la preuve, ces dernières années, de la qualité de ses réalisateurs, qu’il s’agisse du prodigieux Alejandro Iñárritu (Babel, Biutiful, palmé à Cannes) ou du génial Alfonso Cuarón (oscarisé pour Gravity). On découvre aujourd’hui que le Mexique s’y connaît aussi en animation !

Produit par Guillermo del Toro, autre figure de la nouvelle vague latina, La Légende de Manolo est un hymne à la culture et au savoir-faire mexicains. On y explore la tradition populaire du “día de Muertos”, où les cimetières sont visités en mémoire des fidèles défunts. Étrange sujet pour un film destiné aux enfants, et pourtant : rien de plus riant que cette histoire vive et colorée qui voit un guerrier et un artiste se disputer le coeur d’une jeune fille. Porté par une bande originale pétillante, melting-pot musical d’Elvis Presley, de Radiohead et de mariachis, on se laisse entraîner dans l’univers pittoresque de cette fête pas comme les autres.

 

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