Film d’Animation d’Anthony Stacchi et Graham Annable (Etats-Unis – 2014 – 1h37)


Boxtrolls affiche une– Film proposé en 2D et 3D et selon les séances

 

Les Boxtrolls est une fable qui se déroule à Cheesebridge, une ville huppée de l’époque victorienne, dont la principale préoccupation est le luxe, la distinction et la crème des fromages les plus puants. Sous le charme de ses rues pavées, se cachent les Boxtrolls, d’horribles monstres qui rampent hors des égouts la nuit pour dérober ce que les habitants ont de plus cher : leurs enfants et leurs fromages. C’est du moins la légende à laquelle les gens de Cheesebridge ont toujours cru. En réalité les Boxtrolls sont une communauté souterraine d’adorables et attachantes créatures excentriques qui portent des cartons recyclés comme les tortues leurs carapaces. Les Boxtrolls ont élevé depuis le berceau un petit humain orphelin OEuf, comme l’un des leurs, explorateur de décharge et collectionneur de détritus mécaniques.

Ils deviennent soudainement la cible d’un infâme dératiseur Archibald Trappenard qui voit dans sa disposition à éradiquer les trolls son ticket d’entrée au sein de la bonne société de Cheesebridge. La bande de bricoleurs au grand coeur doit alors se tourner vers celui dont ils ont adopté la responsabilité, ainsi qu’une jeune fi lle de la haute qui n’a pas froid aux yeux, Winnie afin de concilier leurs deux mondes, au gré des vents du changement… et du fromage…

 

 

 

 

Critique « Critikat.com »

Il n’aura pas fallu plus de deux films au studio Laika pour asseoir un style immédiatement reconnaissable, au croisement de l’univers des premiers Tim Burton et de la technique Aardman. Aussi, était-on en droit de frémir lorsque la bande-annonce des Boxtrolls, qui semblait, au lieu de poursuivre dans la veine des contes sombres Coraline et L’Étrange Pouvoir de Norman, vouloir tirer Laika vers les préoccupations plus immédiatement enfantines du tout-venant du cinéma d’animation. Fort heureusement, le film dément cette impression : Les Boxtrolls sont plutôt la confirmation de l’intelligence d’écriture du studio Laika, des amoureux sincères et tendres de la série B fantastique.

Nous voici donc dans la riante contrée de Cheesebridge – Pont-au-Fromage, disons –, haut lieu de la civilisation la plus raffinée, puisqu’on n’y jure que par la dégustation du fromage. La suprême distinction y est le chapeau blanc, accessoire qui donne accès à la table des ripailles fromagères des grands de ce monde, et que convoite ardemment le très roturier Archibald Snatcher. Pour conquérir le prestigieux couvre-chef, il jure d’exterminer les Boxtrolls, petits monstres inoffensifs vivant sous les rues. C’est compter sans Eggs, enfant humain élevé par les Boxtrolls et bien décidé à protéger sa famille d’adoption.

L’idée d’associer l’univers victorien et le fromage n’est pas, de prime abord, évidente. Pourtant, les réalisateurs Graham Annable et Anthony Stacchi parviennent sans peine à orner d’une tranche de bleu bien fait l’élégance un rien ampoulée de ces ladies & gentlemen, à répandre un doux parfum de Stilton sur les créations de métal décadentes de cette histoire furieusement steampunk. Le mélange des genres, la rencontre heurtée de thèmes se fondent dans une aventure échevelée, fille de Jules Verne, de Buster Keaton et des idées matricielles du genre fantastique – en premier lieu, la question de l’innocence du monstre.

Après Norman et Coraline, l’amour inconditionnel du studio Laika pour le fantastique et sa connaissance du genre ne sont plus à prouver. Les Boxtrolls est l’occasion pour eux de caviarder leur film d’une myriade de clins d’œil, de Doctor Who à Elephant Man. C’est aussi l’occasion de pousser plus loin encore des questions sociétales déjà présentes dans Norman : on y parle, en filigrane, d’oppressions des minorités, devoir de désobéissance à l’infamie, de coming-out et d’homoparentalité. Ça peut être l’affaire d’un instant, d’une courte séquence, comme d’un développement bien plus long. C’est toujours intégré dans une narration au dynamisme formidable, à l’humour omniprésent, qui excelle à construire des personnages, particulièrement un Archibald Snatcher qui s’avère être une figure monstrueuse, grotesque, et pathétique, centre d’une scène de confrontation finale d’une émouvante profondeur. Jamais vraiment sérieux vis-à-vis de lui-même, Les Boxtrolls se clôt sur une série de séquences ouvertes troublantes et tendres, d’une candeur plaisante – l’œuvre d’amoureux du cinéma qui savent porter un regard d’enfants, et l’exprimer avec des mots d’adultes.

 

Critique « Télérama »

Les boxtrolls (ou « trolls-en-boîte ») terrorisent Cheesebridge (ou« Pont-de-Fromage ») depuis toujours. Tapis dans les entrailles de la ville, ils attendent la nuit, et le couvre-feu, pour remonter à la surface et piquer des boulons, des roues, des ampoules, des brins de bidules et des bouts de trucs. Il n’y a, en fait, pas plus débonnaires (et pudiques : ils ne sortent jamais sans leur « slip » de carton) que ces gnomes bricoleurs, ces champions de la récup, victimes d’une très mauvaise et très injuste réputation. Le vrai « monstre », c’est Archibald Snatcher, qui a juré de les exterminer tous…

Adapté d’un conte pour enfants, ce film d’animation est une excellente surprise. Dans un décor soigné, à la mode victorienne, des rues tortueuses de la ville aux redingotes et aux calèches, l’aventure fourmille d’idées délicieuses, farfelues — l’antre écolo-steampunk des boxtrolls, entre autres. C’est aussi un tour de force technique, filmé tout en « stop motion » : un carnaval de marionnettes colorées, vives, touchantes ou bizarroïdes. Et en prime, derrière cette affaire de communauté persécutée, se cache aussi un petit plaidoyer antiraciste — en gros, on est tous le « monstre » de quelqu’un. On vous recommande, enfin, de vous attarder un peu pendant le générique de fin : les boxtrolls ont plus d’un tour dans leur boîte..

 

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