Documentaire de Claudia Soto Mansilla et Jaco Bidermann (France- 2013 – 1h30)

 

Film proposé en Version Originale Sous-Titrée

Soirée spéciale Chili

Deux films et rencontre avec Eduardo Olivares, journaliste et éditeur du site Francochilenos.com

Les films seront suivis d’un débat et d’un pot de l’amitié

Tarif unique soirée complète : 8€ (ou un abonnement + 3€)

enfants des mille jours uneCe documentaire revient à l’aide de témoins non pas sur la répression mais sur les années de l’Unité populaire du gouvernement de Salvadore Allende entre 1970 et 1973. Le film a été construit à partir de témoignages de personnes ayant participé à la vie active chilienne durant ces années, d’images d’archives de cette époque et les images de l’hommage du Chili au chanteur Victor Jara, exécuté en 1973.

 

 

Critique “Les Inrockuptibles”

“Que peut-on lire sur les visages ?”, interroge Septembre chilien en 1973, dans les rues de Santiago. Nous sommes quelques jours après le coup d’Etat militaire de la junte fasciste, dirigée par le général Pinochet avec l’aide de la CIA. Bruno Muel et Théo Robichet – alors membres des groupes Medvedkine de cinéastes ouvriers – captent sur place les premières secousses de la catastrophe. Sans attendre, il fallait s’efforcer de voir et d’écouter : les regards perdus dans lesquels subsiste la lueur de l’espoir trahi, les voix forcées au murmure mais encore fermes de ceux, ouvriers, étudiants, qui avaient fêté et vécu les mille jours de mandat du président Allende. A l’enterrement du poète Pablo Neruda, ces regards et ces voix en choeur résistent, scandant les noms de la révolution assassinée : “Camarade Salvador Allende ? – Présent ! – Camarade Víctor Jara ? – Présent !”

En 2009, le défilé en hommage au chanteur Jara à Santiago fait résonner le même cri. Claudia Soto Mansilla et Jaco Bidermann lisent à leur tour sur les visages des Chiliens, rescapés de la dictature et continuateurs plus jeunes, la lutte contre l’oubli dans Les Enfants de mille jours. Et ces visages aujourd’hui parlent, alors que dans les rues retentissent les cris des partisans du futur président milliardaire Piñera : “Communistes pédés, vos parents ont été tués par leur connerie !” Ils parlent, avec ferveur et précision, des réalisations du régime socialiste, d’une révolution entièrement démocratique, de leur participation à un changement bientôt annulé par la première version d’un néolibéralisme dérégulé qui allait être mondialement adopté.

Ces deux films fortement liés et programmés ensemble cherchent à quarante ans d’intervalle les formes cinématographiques les plus directes pour contredire l’idée que l’argent commande et que le passé est mort. Il ne s’agit pas seulement de mémoire, mais de l’élan retrouvé à constater, en s’attelant à l’écriture de l’histoire des vaincus, qu’ils sont restés jeunes, de cette jeunesse révolutionnaire, et qu’ils le resteront toujours.

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