Film de Fabrice Begotti (France – 2014 – 1h25) avec Lannick Gautry, Medi Sadoun, Cyril Guei, Thierry Neuvic, Alice David, Thomas Vdb, Jenifer Bartoli, Elie Semoun, Claudia Cardinale…


Les Francis affiche unePour respecter la dernière volonté de son grand-père, Jeff décide de partir en Corse à la recherche d’un secret de famille, accompagné de ses 3 amis d’enfance : Medi, Willy et Seb.
Suite à un quiproquo impliquant la ravissante Vanina, les 4 amis se mettent à dos une famille Corse un peu particulière, Les Campana, qui, pour venger l’honneur de leur sœur, vont déclarer ouverte la chasse aux « Francis » : les Français du continent.
Les vacances tournent rapidement à la course poursuite infernale mêlant gendarmes dépressifs et chasseurs à la gâchette facile.
Bienvenue du côté obscur de la Corse !

 

 

Critique “le Parisien”

Depuis « l’enquête corse » avec Christian Clavier et Jean Reno, on avait eu peu l’occasion de rire de l’Ile de Beauté, du caractère ombrageux de ses habitants et des clichés que véhicule la Corse vue du continent. La comédie « les Francis » s’y essaie avec une certaine audace, jouant la carte de la caricature dans un registre humoristique qui, s’il ne fait pas dans la dentelle, se révèle efficace. L’histoire met aux prises une bande de quatre copains de la région parisienne, les Francis comme les surnomment les gars du cru, venus sur l’île à la recherche d’un secret de famille pour respecter la volonté du grand-père de l’un d’eux. Mais un plan drague en boîte de nuit fait capoter l’affaire, et les voilà bons pour prendre le maquis, poursuivis par une famille de furieux armés de fusils qui ne rigolent pas avec le sens de l’honneur. On découvre au passage des paysages de l’île — moyenne montagne, rivière à rapides — qui changent des habituelles cartes postales.

Thierry Neuvic, le ténébreux caïd de la série « Mafiosa », s’offre un rôle de chasseur de sanglier au sang chaud et à l’accent rocailleux qui l’a ravi. « J’avais envie de me frotter à la comédie, et puis de montrer une autre facette de l’île que Mafiosa », dit-il. Résidant de longue date à Monticello et régional de l’étape, Jacques Dutronc, qu’on n’avait plus vu au cinéma depuis quatre ans, incarne un berger madré qui prend sous son aile les fugitifs quand les hordes les menacent. Il forme avec la toujours pétillante Claudia Cardinale un tandem drôle et attachant. « Pour jouer un berger, j’ai eu juste à m’inspirer de copains », sourit l’acteur. « Le genre de situations que décrit le film est assez crédible ici, les quiproquos sont fréquents, c’est une terre insoumise, à la fois meurtrière et gentillette », approuve-t-il. Dutronc adore notamment les gendarmes tels qu’on les dépeint ici. L’irrésistible Elie Semoun campe le chef de brigade, le désastreux lieutenant Martineau. Chacune de ses apparitions est hilarante. Avec sa casquette, il fait tache dans le paysage. C’est un Francis de tout premier ordre.

 

Critique “aVoir-aLire.com”

Mettre en scène une comédie estivale n’est pas toujours chose facile. Si, en plus, celle-ci se déroule en Corse, le risque de sombrer dans les clichés les plus tenaces semble encore plus grand (avec notamment le souvenir de l’adaptation ratée d’une BD de Pétillon avec un certain Christian Clavier). Néanmoins, le tournage en Corse avait fait l’objet il y a quelques mois d’un certain engouement parmi les habitants de l’île de Beauté.

Alors, comment s’en sort Fabrice Begotti, dont c’est le 1er long métrage, et ses compères insulaires ? Pas si mal… Le casting, pourtant hétéroclite, est le 1er atout du film : Lannick Gaudry, Medi Sadoun, JiB Pocthier (déjà repérés dans Les Kaïra) Alice David, Jenifer (la chanteuse, donc), Thierry Neuvic, Thomas VDB, Pierre-Marie Mosconi (également scénariste), Michel Ferracci, sans oublier des stars comme Jacques Dutronc, Claudia Cardinale et une apparition de Francis Perrin. Dans l’ensemble, force est de constater que l’alchimie fonctionne assez bien. Certaines apparitions sont particulièrement réjouissantes même si déjà aperçues ailleurs (celles d’Elie Semoun, dans le rôle d’un gendarme tenace venant d’arriver dans l’île et qui entend faire respecter la loi). Qui dit film se déroulant en Corse, dit accent corse : pour les non-insulaires, un effort a particulièrement été fait sur ce point même si certains excès peuvent prêter à sourire et constituent l’une des limites du film.
Côté scénario, rien de bien nouveau sous le soleil local (un groupe d’amis pris dans une aventure qui les dépasse) mais une volonté de jouer l’efficacité, de faire la place aux clichés (la famille, les « étrangers » en Corse) mais pour mieux s’en amuser. Ces Francis (appellation imaginaire désignant les Français) rencontrent toutes sortes de péripéties, prétextes à une série de gags qui font plus ou moins mouche. Si plusieurs répliques sont assez drôles, certains moments (notamment autour de l’un des personnages amateur de voitures et de tunning) sont plus poussifs. Le rythme du film est parfois assez inégal, pas toujours convaincant, et la réalisation sans doute trop tournée vers le clip et ses codes (mouvements de caméra en accéléré). Du coup, Les Francis est plutôt à situer du côté de Very Bad Trip que de La Chèvre (Francis Veber), 2 références revendiquées par les auteurs.

Lors de la projection en avant-première à Ajaccio au mois de juin dernier, le producteur Jean-Charles Felli a précisé au public qu’il s’agissait d’un film « sur les Corses d’origine » (ceux qui ne sont pas nés dans l’île) et qu’il fallait voir cette fiction par ce prisme là. La sincérité d’un tel projet n’est sans doute pas à remettre en cause, tout comme la volonté de susciter le rire en montrant une certaine image de la Corse, pleinement assumée. Sur ce point, Les Francis réussit là où L’enquête Corse avait lamentablement échoué. Tel est le seul credo de ce qui apparaît comme un divertissement estival ensoleillé, pas plus, pas moins, mais un antidote plutôt sympa à la morosité ambiante… et aux blockbusters américains.

 

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