Film de Georges Lautner (France – 1963 – 1h45) avec Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Claude Rich, Robert Dalban…

 

Dans le cadre du cycle “Patrimoine”

 

tontons_flingueurs affiche uneUn ex-gangster retiré des affaires promet à un ami mourant de prendre en charge sa fille, une donzelle qui ne pense qu’à l’amour. Il doit également mettre de l’ordre dans les affaires louches de son ami – tripot, distillerie clandestine et maison close – convoitées par sa bande. Aidé du notaire, de son majordome et de son garde du corps, le truand repenti a bien du mal à jouer à la fois les papas et les chefs de bande !

 

Critique “Libération (1963)”

C’est dans le genre “film de détente” (dans tous les sens du mot) une manière de chef-d’œuvre.

 

Critique “Télérama”

Y a pas moyen de devenir honnête. Fernand, gangster rangé, en fait la pénible expérience. Juste avant de rejoindre le paradis des arsouilles, Louis, dit le Mexicain, lui confie sa « mouflette », une remuante bachelière. Honnie à sa sortie, cette bouffonnerie déguisée en polar, franchouillarde et franchement décousue, ne cesse de se bonifier. Le rouge qui tache est aujourd’hui devenu un grand cru. Pas grâce à l’intrigue ni à l’action : quelques baffes, deux ou trois coups de feu et une séance de beuverie dans la cuisine, ça ne fait pas un film. Mais comment rester insensible aux trognes impavides de Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Jean Lefebvre, terreurs pour rire, apaches mythiques, entre superbe et ridicule ?

Pour cet extraordinaire ballet d’acteurs, Michel Audiard compose la meilleure de ses partitions, enchaîne les aphorismes brillants et bidonnants. De « Touche pas au grisbi, salope ! » à « Vos opinions sur la musique contemporaine, je vous conseille de les utiliser en suppositoires », les truands inspirés de Lautner se sont immiscés dans les conversations et sont devenus les piliers de l’humour collectif.

 

Critique “aVoir-aLire.com”

“C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule”. Le conseil de Michel Audiard tombe à plat car il y a beaucoup à dire justement. La sortie en salles de ce classique du rire en version intégralement numérisée et remasterisée constitue l’un des événements de cette rentrée. Les inconditionnels d’Audiard peuvent enfin se réjouir. L’attente a été longue (seuls un laser-disc, puis un DVD sont sortis à la fin des années 90). Mais la patience des cinéphiles est récompensée à sa juste valeur. Presque quarante-cinq ans après leur sortie en salles, Les tontons flingueurs n’ont rien perdu de leur fraîcheur. Cette adaptation du roman Grisbi Or Not Grisbi d’Albert Simonin a été l’occasion pour le scénariste d’écrire des dialogues aux petits oignons. Evidemment, la bande du Lipp (Blier et Blanche notamment) s’en donne à cœur joie (un peu moins Lino Ventura habitué – au début de sa carrière – aux rôles tout en muscles).
“Je crois que le dialogue est essentiel”, déclarait ce dernier. Ses mésaventures dans le rôle de Fernand Naudin, aux prises avec Mademoiselle Patricia (Sabine Sinjen) et son fiancé Antoine (Claude Rich), ne sont donc qu’un prétexte pour des bons mots qui appartiennent déjà à l’histoire du 7e Art : “Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît” ; “Mais moi, les dingues, je les soigne, j’m’en vais lui faire une ordonnance, et une sévère. Je vais lui montrer qui c’est Raoul.” Fraîchement accueilli à sa sortie, ce film reste une référence absolue en matière de parodie et de délire. Un film-culte indispensable dans toute DVDthèque, même si rien ne remplace l’expérience en salle. Audiard avait raison : “Vivant, je veux bien être modeste, mais mort, il me paraît naturel qu’on reconnaisse mon génie…”

 

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