Film de Marcel Carné (France – 1942 – 1h50) avecArletty, Fernand Ledoux, Marie Déa, Jules Berry

 

Dans le cadre du cycle « Patrimoine »

 

visiteurs du soir affiche uneLe baron Hugues fiance sa fille Anne au chevalier Renaud, dans un beau château fort tout blanc, tout neuf. Cette situation idyllique agace le Diable qui déteste le bonheur des gens. Il délègue deux de ses créatures, Gilles et Dominique, pour créer le désordre et semer la haine. Gilles doit séduire Anne, Dominique se réserve le baron et le chevalier…

 

Critique « Télérama »

Deux séduisants « damnés » s’introduisent dans un château pour y faire moisson d’âmes… Marcel Carné fut accusé sous l’Occupation d’avoir contribué à la défaite de 1940 avec un Quai des brumes jugé « démoralisant ». La légende veut qu’il ait alors choisi, avec Prévert, le sujet le plus détaché des convulsions de son temps : un Moyen Age d’enluminure, une histoire d’amour fichée dans un clair vitrail.

Mais, dans le secret du fabliau, palpite un message d’espoir. Il est tentant d’imaginer, dans cette lutte entre le Bien et le Mal, une transposition des tourments de l’Occupation. Qui est ce démon tentateur incarné par Jules Berry, sinon l’envahisseur nazi, qui « damne » ceux qui commercent avec lui ? Carné entonne une ode discrète à la Résistance, dans l’intimité des coeurs et des âmes. Joyau d’une infinie richesse métaphorique, c’est une parabole sur l’amour vrai, vainqueur des faux-semblants. La lenteur du rythme, la poésie pure et somnambule des images ressuscitent le merveilleux des contes médiévaux.

 

Critique « L’oeil sur l’écran »

Les visiteurs du soir a été réalisé sous l’Occupation. Marcel Carné et Jacques Prévert (qui cosigne le scénario avec Pierre Laroche) choisissent une période la plus éloignée possible pour contourner la censure mais la métaphore avec le présent de 1942, bien que subtilement cachée, est certaine : le Diable est Hitler et le film prône la résistance pour triompher du mal. La dernière scène du film en est le meilleur exemple. Le film est empreint d’une langueur poétique qui n’est pas sans générer une certaine lenteur. L’histoire présente cette simplicité propre aux récits atemporels et aussi un caractère assez manichéen : il y a ceux qui sont capables d’aimer et les autres. Les qualités des Visiteurs du soir, il faut aussi les chercher du côté de la forme : plutôt que de se livrer à une reconstitution montrant l’usure du temps, Marcel Carné opte pour des décors propres et nets, des décors épurés qui paraissent d’ailleurs étonnamment actuels aujourd’hui. Il utilise largement la blancheur des murs, le blanc étant la couleur dominante du film. Cet environnement renforce à la fois son caractère onirique et l’allégorie du présent. Arletty est superbe en beauté androgyne. Les visiteurs du soir connut un grand succès dès sa sortie. Le film a été récemment magnifiquement restauré.

 

 

 

Pricing table with id of "visiteurs" is not defined.