Film de Luc Besson (France – 2014 – 1h30) avec Scarlett Johansson et Morgan Freeman…


Lucy affiche une

A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini.
Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.

 

 

Critique « aVoir-aLire.com »

Tout ce qui tourne autour de Luc Besson sombrerait aujourd’hui dans le cliché.
- Cliché 1 : Besson : l’homme qui aime les femmes, avec toutes ces personnalités féminines fortes qui s’accaparent les premiers rôles de ses productions bourrins.
- Cliché 2 : Besson le mal-aimé oeuvre pour le grand public et non pour la critique qui le lui rend bien, d’où une suspicion infernale de la part du service presse, qui de façon désagréable nous a répondu par un persona non grata lors de notre intérêt pour découvrir le film en projection.
- Cliché 3 : Besson détruit désormais toutes ses bébés par un humour frustre, notamment avec une vilaine façon de dépeindre la police française, qui semble toujours issue d’une comédie franchouillarde des années 70. Chez un auteur, ajouter des éléments de bis à la Paul Préboist, c’est sûr que cela n’engendre pas la clémence.
- Cliché 4 : Besson est avant tout un homme d’affaires opportuniste et désormais, ses productions ne sont là que pour rassurer les trésoriers et les actionnaires d’EuropaCorp. La formule et le placement de produits l’emportent donc sur la raison artistique.
- Cliché 5 : Besson est la référence marketing et commerciale française aux USA, le seul à rivaliser d’une certaine manière avec les produits des studios hollywoodiens sans cervelle en baignant ses gourmandises dans des effets spéciaux et des cascades sucrés salés, forcément délicieux pour une séance pop corn calorique.

Tous ces lieux communs se mélangent évidemment comme jamais dans Lucy, que l’on pourrait rebaptiser « Besson’s Samsung-movie » et dont on nous bassine avec les excellents chiffres aux USA. Toutefois, doit-on se laisser aller à un massacre annoncé du dernier film du réalisateur de Léon et de Nikita. Pas forcément. Dès le départ, Lucy a au moins le mérite, de se bâtir sur un postulat de science-fiction frais et exaltant. Et si l’homme, enfin la femme puisque c’est la bombe Scarlett Johansson qui joue aux super-héroïnes de S.F., pouvait utiliser 100% de ses capacités mentales et cognitives, qu’en ferait-elle vraiment ? Et jusqu’où pourrait-elle aller dans un monde où l’humain est limité ?
Le film se déroule en 2 temps, la première partie pose sa toile en Asie, à Hong Kong plus précisément, pour capter l’attention des masses chinoises qui ont fait de Transformers 4 un triomphe (bref, un poncif géographique dont on aurait pu se passer). Lucy, touriste de club qui aime la fête et l’électro se retrouve embarquer dans un cauchemar de sang et de cachetons difficiles à gober. L’autre se déroule en France, pour développer un peu plus le tourisme local, notamment asiatique. Lucy, ex-touriste devenue captive de trafiquants de drogue, a réussi à se défaire de ses bourreaux et, dopée aux amphétamines qu’elle véhiculait secrètement dans le corps, essaie de donner un sens à ses nouvelles facultés mentales et sensorielles, puis à la vie sur Terre. Rien que cela…Libéré de la honte d’un script qui échappe à toutes les difficultés d’écriture grâce aux pouvoirs insensés de son héroïne éponyme (capable de remonter le temps jusqu’aux dinosaures de notre pote Terrence Malick, celui de Tree of life), Besson s’amuse comme un môme, déployant un talent de casseur reconnu lors de scènes de courses poursuites impressionnantes dans la capitale française, et surtout pousse le bouchon du thriller 3.0, entièrement connecté et tactile sans y toucher, à son paroxysme, en le rattachant à un trip philosophique qui vire au grand n’importe quoi. Loin de toute religion rébarbative et d’ésotérisme « new-age », Besson envisage les origines du monde et confronte notre « Lucy Johnasson » internationale, aux mythes de la préhistorique Lucy, bipède de 3 millions d’années, découverte en Ethiopie dans les années 70, à la Lucy in the sky with Diamonds des Beatles sous acide.Finalement, le divertissement d’anticipation, sorte de jumeau récréatif du Her de Spike Jonze, où Johansson incarnait déjà un O.S. métaphysique doué d’ubiquité, est surtout un audacieux blockbuster qui, à l’instar du boulot accompli sur Le Cinquième élément, confirme que Besson, avant d’être un paroissien de la formule qui fâche, est surtout un auteur sacrément barré. Alléluia.

 

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