Film d’animation de Marc Boreal et Thibaut Chatel

(France – 2013 – 1h15) avec les voix de Marc Lavoine, Julie Depardieu

Mention spéciale au Festival du Film d’Animation d’Annecy 2013

Cycle « Ciné-Mômes » – Tarif unique : 3 euros

 

Ma maman est en amerique affiche uneUne petite ville de province. Les années 70. Jean a 6 ans, il fait sa rentrée à la grande école. Quand la maîtresse demande à chaque enfant la profession de son père et de sa mère, Jean réalise qu’il n’est pas comme les autres, s’inquiète et invente une réponse : « ma maman est secrétaire ». En fait, elle est tout le temps en voyage sa maman, alors elle envoie des cartes postales à Michèle. Cette petite voisine, qui sait déjà lire, les lit à Jean et celui-ci se prend à rêver. A moins que la réalité ne soit toute autre. Et ça, entre septembre et Noël de cette année-là, Jean commence tout juste à le comprendre…

 

 

Critique « aVoir-aLire.com »

A la fois drôle, émouvant et toujours juste sur le plan psychologique, ce très joli dessin-animé sur l’enfance confrontée à la disparition d’un proche sait bouleverser sans faire de chantage à l’émotion.

L’argument : Une petite ville de province. Les années 70. Jean a six ans, il fait sa rentrée à la grande école. Quand la maîtresse demande à chaque enfant la profession de son père et de sa mère, Jean réalise qu’il n’est pas comme les autres, s’inquiète et invente une réponse : « ma maman est secrétaire ». En fait, elle est tout le temps en voyage sa maman, alors elle envoie des cartes postales à Michèle. Cette petite voisine, qui sait déjà lire, les lit à Jean et celui-ci se prend à rêver. A moins que la réalité ne soit toute autre. Et ça, entre septembre et Noël de cette année-là, Jean commence tout juste à le comprendre…

Notre avis : Publié en 2007, le roman graphique Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill raconte avec beaucoup de pudeur et de retenue l’enfance de son auteur, Jean Regnaud, marqué par l’absence ô combien intrigante de sa mère. Grâce aux coups de crayons à la fois simples et efficaces d’Emile Bravo, la bande-dessinée touchait au plus profond par sa capacité à saisir l’esprit d’un enfant de 6 ans, sans jamais lui attribuer des réflexions hors de sa portée. La grande force du long-métrage animé ici présent est d’avoir su conserver cet état d’esprit sans pour autant paraître simpliste. Ainsi, les enjeux narratifs tournent autour des préoccupations d’un petit gamin dont l’univers se résume à la maison familiale et à l’école du quartier.
Tandis qu’un mystère plane quant à l’absence de la mère de famille, remplacée par une nounou plutôt rigolote, le petit Jean est également confronté au harcèlement moral exercé par un gamin forte tête qui fait régner la terreur sur la cour de récréation. Autant de thèmes universels qui feront assurément l’effet d’une madeleine de Proust pour une large majorité des spectateurs, tout en interrogeant avec beaucoup de tact et de pudeur nos chères têtes blondes sur un sujet ô combien délicat, à savoir la disparition de nos proches. Alors que l’ombre de la mort plane sur l’ensemble du long-métrage, les auteurs ont opté pour un traitement plutôt léger, le rêve servant d’exutoire vis-à-vis d’une réalité trop lourde à porter. C’est d’ailleurs ce ton volontairement évasif qui fait tout le charme de cette plongée au cœur de l’enfance.
Ceux qui ont vécu la fin des années 70 éprouveront un plaisir supplémentaire en se replongeant dans cette période reconstituée avec fidélité. La présence d’objets et même de jouets de l’époque vient d’ailleurs ajouter une note de réalisme qui crédibilise un peu plus cette histoire à la première personne du singulier. Chargé de nostalgie – et parfois de mélancolie – ce très joli dessin-animé bénéficie en plus d’une musique inspirée de Fabrice Aboulker (ancien complice de Marc Lavoine que l’on retrouve d’ailleurs au casting voix), décidément très à l’aise pour napper de ses notes vaporeuses des atmosphères rêveuses. Totalement en phase avec l’esthétique et la thématique du film, sa musique est un atout de plus faisant de Ma maman est en Amérique une vraie réussite.

 

Critique « Télérama »

C’est une maman bien aventureuse qui caracole dans les rêves de Jean, 6 ans. Elle arpente le Far West, la muraille de Chine, elle est partout, sauf auprès de lui… Mélancolique, jamais mélo, ce dessin animé, tiré de la BD autobiographique d’Emile Bravo et Jean Regnaud, nous plonge dans la France des années 1970. A l’intérieur de la 4L de la baby-sitter, face à sa télé noir et blanc ou devant son chocolat Poulain, le petit Jean entame une enquête : où est-elle, cette maman qui manque tant ? Qui écrit vraiment les drôles de cartes postales qu’elle envoie des quatre coins du monde ? En mettant au jour le secret qu’on lui cache, Jean s’en va là où le Père Noël, la Petite Souris, et même Buffalo Bill n’ont plus vraiment leur place. Le sujet est plutôt grave, mais les réalisateurs le traitent avec fantaisie. De cours de récré en batailles de boule de neige, le ton est vif, drôle, charmant. Quelque part entre Benoît Brisefer et le Petit Nicolas, la bouille toute ronde du héros donne le sourire.

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