Film de Cherien Dabis (Jordanie – 2013 – 1h39) avec Cherien Dabis, Hiam Abbass, Nadine Malouf, Alexander Siddig…

 

May in the summer affiche uneVersion Originale Sous-Titrée

May, jeune jordanienne installée à New York, vient passer l’été en famille à Amman. Chrétienne de confession, elle s’apprête à épouser un musulman, au grand dam de sa mère pratiquante. May peut néanmoins compter sur le soutien de ses deux sœurs cadettes, aux mœurs plus libérées…

 

 

Critique “Métro”

“Je suis chez moi partout et nulle part », constate Cherien Dabis en rajustant une mèche de son imposante chevelure de jais. Cette nouvelle Shéhérazade du cinéma mondial a poussé son premier cri en 1976 à Omaha, une petite ville du Nebraska. Palestinienne de père, jordanienne de mère et new-yorkaise de cœur, elle a dû faire face très tôt aux regards racistes de certains Américains, notamment pendant la première guerre du Golfe. “Mon père était médecin et y a perdu de nombreux patients”, explique-t-elle. Un constat glaçant auquel elle fait en partie référence dans Amerrika, son magnifique premier film en tant que réalisatrice, salué à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2009. “Il y avait par ailleurs certaines rumeurs farfelues concernant ma mère, poursuit-elle. On lui reprochait d’arracher les rubans de soutien aux G. I. Mais le meilleur du pire, c’est le jour où les services secrets ont débarqué au lycée pour enquêter sur ma sœur de 17 ans sous prétexte qu’elle voulait tuer le président des Etats-Unis.”
C’est pour “ faire taire les stéréotypes” que Cherien, longtemps fascinée par la télévision et le pouvoir des images, a décidé de se lancer dans le septième art. Une carrière qui lui permet aussi, au quotidien, de s’interroger sur sa propre identité. Alors qu’Amerrika racontait l’histoire d’une Arabe en terre américaine, son nouveau long métrage, May in The Summer, relate les pérégrinations d’une Américaine sur le sol arabe. “Ces deux films peuvent être perçus comme un diptyque”, précise l’intéressée, qui en a profité pour camper l’héroïne en question.La belle brune explique : “May est une trentenaire américaine et orientale qui essaie de se détacher de son passé, de lâcher prise, de couper le cordon ombilical et d’être libre d’assumer ses choix.” Un peu comme elle-même, éduquée entre tradition et modernisme et prisonnière de cet entre-deux. Fière d’être américaine et palestinienne, Cherien Dabis, également scénariste réputée pour la télé (The L Word), avoue que ses combats premiers sont de “rassembler ses identités et de changer le regard des Occidentaux sur la femme arabe”. Tout à son honneur.

La réalisatrice Cherien Dabis se met en scène dans ce second film doux-amer dont l’écriture scanne justement les contradictions du monde arabe. Un univers dans lequel l’héroïne qu’elle incarne évolue comme une funambule sur un fil fragile

 

Critique “20 minutes”

On avait remarqué la réalisatrice américano-palestinienne Cherien Dabis en 2009 avec Amerrika où elle décrivait l’adaptation difficile d’une Palestinienne aux Etats-Unis. May in the Summer, son deuxième long-métrage poursuit son étude sur le multiculturalisme.

Elle y incarne le personnage principal: une chrétienne, Américaine d’adoption, venue passer l’été à Amman, en Jordanie, pour préparer son mariage en famille. Entre sa mère qui désapprouve ses noces avec un musulman et ses sœurs aux caractères bien trempés, les rapports sont vite explosifs… La sincérité affleure dans cette chronique au féminin riche en scènes touchantes. Si l’ensemble souffre de légères baisses de régime, l’énergie des actrices (notamment Hiam Abbass, toujours exceptionnelle dans le rôle de la maman) emporte le morceau. Une scène épatante filmée au bord de la Mer Noire confirme que la cinéaste s’y entend pour capter la complicité féminine.

La découverte de la Jordanie actuelle se révèle également passionnante pour le spectateur guidé cette observatrice fine qui pointe du doigt la difficulté de concilier tradition et modernité. «Tourner là-bas sonnait donc comme une évidence car mon film ambitionne de montrer précisément la contradiction entre ce mépris pour la politique étrangère américaine et cette fascination pour sa culture», déclare Cherien Dabis. Les regards concupiscents dont les messieurs entourent la belle quand elle fait innocemment son jogging témoignent d’un choc de civilisations que la réalisatrice dépeint avec acuité.

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