Film de Thomas Szabo et Hélène Giraud (France – 2013 – 1h29)

 

Minuscule affiche uneDans une paisible clairière, les objets d’un pique-nique laissés à l’abandon après un orage vont être le point de départ d’une guerre entre deux bandes rivales de fourmis, ayant pour enjeu une boîte de sucre.
C’est dans cette tourmente qu’une jeune coccinelle va se lier d’amitié avec une fourmi noire et l’aider à sauver sa fourmilière des terribles fourmis rouges.

 

Critique « Le Parisien »

Ils ont osé… et ils ont bien fait. Pourtant, se lancer dans un film d’animation de quatre-vingt-dix minutes, à destination du jeune public, sans aucun dialogue, ce n’était pas gagné. Mais à l’arrivée, les spectateurs de « Minuscule » en restent… sans voix. Parce que ces fourmis, coccinelles et araignées animées nous embarquent dans une histoire digne des meilleurs thrillers, uniquement à coups de bruits, totalement hilarants, émis par les insectes.

Adapté de la série télé française du même nom, « Minuscule » conte la bataille entre deux groupes de fourmis, les gentilles noires et les méchantes rouges. En sous-nombre, les premières vont devoir leur salut à l’aide inespérée d’une petite coccinelle orpheline et temporairement incapable de voler, qui va user de stratagèmes courageux pour venir à la rescousse de ses amies. Et c’est là que l’on assiste à des épisodes dignes des meilleurs classiques du cinéma : poursuite façon James Bond en radeau, qui est en fait une boîte de sucre, scènes de guerre à la « Spartacus », envolées naturalistes dans le style « Lawrence d’Arabie »…
Parvenir à de tels prodiges n’a pas été simple. Il aura fallu presque quatre ans à Thomas Szabo et Hélène Giraud, les deux réalisateurs français de « Minuscule », pour terminer le film, qui mélange les décors naturels, filmés dans les parcs nationaux du Mercantour et des Ecrins en prises de vue réelles et les personnages animés. Sans parler des complexes réglages de la 3D, pour lesquels ils ont fait appel à la meilleure spécialiste du genre. Et on en prend plein les lunettes!Au final, ces microscopiques bestioles animées parviennent à faire trembler, rire ou pleurer enfants et parents comme seuls en sont capables les meilleurs comédiens : petits personnages, grand spectacle.
 
 

Critique « Télérama »

Avez-vous déjà vu une boîte à sucre escalader des rochers ? Descendre des rapides ? Traverser une route de montagne ? Et tout ça à dos de fourmis noires ? Pour elles, cet objet usuel, abandonné par des pique-niqueurs, représente un fabuleux trésor. Une sorte de Graal : assez de délicieux petits cubes blancs pour nourrir toute la fourmilière pendant une éternité. En la transportant, l’escouade d’ouvrières intrépides et déterminées affronte une bande rivale (l’infâme équipe des rouges), adopte au passage une adorable petite coccinelle perdue, et vit un tas d’autres épreuves, hilarantes, tendres ou trépidantes.

Dans Minuscule, tout est affaire d’échelle. Plus c’est petit, plus c’est grand. A hauteur d’insecte, les cailloux sont des falaises, les fleurs s’élèvent aussi haut que des baobabs, les lézards ressemblent à des tyrannosaures. Cette seule idée mérite le déplacement : les deux réalisateurs ont bâti une ébouriffante aventure, rien qu’avec une banale boîte en fer-blanc. Ce n’est certes pas la première fois que le cinéma d’animation observe à la loupe les mandibules et les élytres. Mais Minuscule fait tout oublier : les 1 001 Pattes de Pixar, le Fourmiz de DreamWorks, tout fait toc et plastique à côté de cette odyssée farfelue.

Adapté d’une fameuse série télé­visée du même nom, le film en reprend le principe : les décors, naturels, sont filmés en prises de vues réelles. Sur ces paysages radieux (la montagne, ses sous-bois, ses sommets, tout un crépitement de verts et de bruns), les personnages, animés en 3D, sont… biologiquement corrects : ils ne causent pas (du tout), ne marchent pas sur deux pattes, ne se comportent pas comme un ado capricieux ou une princesse de Disney. Après tant de dessins animés à l’anthropomorphisme forcé, voire niais, c’est rafraîchissant. Un long métrage sans une ligne de dialogue, il fallait oser. C’est réussi : même sans paroles, le film est d’ailleurs tout sauf muet. Ça vrombit, ça trompette, ça bourdonne sans cesse, dans une bande-son très expressive, pleine de surprises et de drôlerie.

Ce culot créatif, les auteurs l’ont poussé jusqu’à restituer, le plus fidèlement possible, les mouvements et comportements des « vrais » insectes. Ainsi une fourmi appelle-t-elle sa « base » en faisant vibrer ses antennes. Mais le bruit qu’elle produit alors n’est pas réaliste : l’aimable tut-tut d’un vieux télégraphe. Minuscule est un conte, un vrai, qui enchante. De l’araignée solitaire à la coccinelle débrouillarde, en passant par un gang de mouches énervantes, les animaux ont de gros yeux ronds et des dégaines cartoonesques.

Cet univers insolite ne s’interdit rien, pas même une incursion du côté de l’épique et du grandiose. Lorsque, entre fourmis rouges et noires, la guerre éclate pour de bon, on se croirait presque dans Le Seigneur des anneaux : plans vertigineux et rougeoyants de la fourmilière assiégée, ambiance héroïque et grand spectacle garantis. Minuscule, mais géant.

 

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