Film de Michael Noer (Danemark – 2013 – 1h31) avec Gustav Dyekjaer Giese, Oscar Dyekjaer Giese, Lene Maria Christensen, Roland Møller ….

 

Soirée Cinéma danois : “un pays si tranquille…”
Prix du Jury et Prix de la Critique au 5e Festival International du Film Policier de Beaune
Film proposé en VOST

Interdit aux moins de 12 ans

northwest affiche def uneNordvest est l’un des quartiers multiethniques les plus pauvres de Copenhague.
Casper, jeune homme de 18 ans, y vit avec sa mère, son petit frère et sa petite sœur. Il s’acharne à joindre les deux bouts en vendant des biens volés à l’un des chefs des gangs du quartier.
Quand le crime organisé arrive à Nordvest, la hiérarchie au sein du quartier change et Casper y voit une chance de monter en grade. Bientôt, il est projeté dans un monde de drogues, de violence et de prostitution entraînant son frère dans son sillage.
Alors que les choses s’aggravent, l’aire de jeu de leur enfance devient un champ de bataille.

 

 

Critique “La Croix”

Ce second long-métrage du jeune cinéaste danois Michael Noer évoque la vie d’une petite frappe d’un quartier populaire de Copenhague, bientôt investi par des caïds du crime organisé. Vivotant jusque-là de cambriolages et de petits trafics, Casper, 18 ans, voit dans cet envahissement l’occasion d’une ascension, quitte à se mettre en danger en changeant de camp.

Northwest (Nordvest en langue originale, du nom d’un quartier « chaud » de la capitale danoise) est la chronique de cette ascension, pleine de violence et de fureur. Extrêmement tendu, contaminé par la fièvre qui s’empare du personnage principal, le film tout en poussées vrillantes d’adrénaline, est d’une intensité d’autant plus rare qu’elle sonne très juste.

L’apport le plus intéressant de cette œuvre remarquablement maîtrisée consiste cependant à alterner ces moments où tout peut basculer avec la vie de famille que Casper tente de préserver, aîné d’une fratrie de trois qu’il chérit, soutien efficace d’une mère seule travaillant de nuit. Northwest prend alors une dimension sociale qui éclaire – sans la justifier – la volonté de ce jeune homme sans horizon d’user de tout ce qui semble à sa portée pour venir en aide aux siens, considérant sans doute qu’il est trop tard pour lui, pour son frère qu’il lie involontairement à ses actes, mais peut-être pas pour sa petite sœur, toute à l’innocence de ses huit ans.

Interdite aux moins de 12 ans, déconseillée à un public non averti, cette œuvre radicale et sans issue témoigne d’un terrible constat, à l’opposé des idées préconçues sur l’aisance sereine des sociétés nord-européennes.

 

Critique “aVoir-aLire.com”

Issu de la nouvelle génération de réalisateurs danois, Michael Noer commence à faire ses armes sur Vesterbro, un documentaire sur la jeunesse de son pays en 2007. On le retrouve en association avec Tobias Lindholm (Hijacking) pour signer leur premier long métrage R en 2010. Avec Northwest, Michael Noer nous convie à plonger tête la première dans le quotidien de l’un des quartiers les plus difficiles de Copenhague.

Si la comparaison avec la trilogie Pusher de Nicolas Winding Refn est évidente de par son origine, son sujet et cette caméra qui suit chaque protagoniste comme un acolyte, le résultat est tout aussi renversant. Caspar, 18 ans, vit de petits cambriolages pour le compte de Jamal un délinquant local. Un jour il fait la connaissance de Björn qui lui propose des deals beaucoup plus intéressants, l’envie de gagner plus d’argent va le pousser à s’associer avec ce dernier. On va alors très vite comprendre que dans le monde sans pitié de la petite criminalité du ghetto, chaque acte engendre des conséquences. Avec son jeune frère Andy et pris sous l’aile de Björn (dealer et proxénète impulsif), Caspar doit faire face au désir de vengeance de Jamal et sa bande. L’oeuvre de Noer est armée d’une réalisation brillante, d’un scénario réellement prenant mais surtout de deux jeunes acteurs principaux à fond dans leurs rôles (les frères Dyekjaer Giese).

Certaines scènes de complicité et de fraternité entre voyous viennent désamorcer un climat oppressant avec une pointe d’humour bienvenue (Björn interprété par l’excellent Rolland Moller est aussi attachant que dangereux) et fait ressortir une part d’humanité dans un univers réputé impitoyable. Bien que très présente dans le film, la violence n’est pas toujours montrée explicitement et de manière frontale, ce qui accentue davantage le sentiment de malaise. Michael Noer nous sert une descente aux enfers authentique et brute sur un plateau d’argent, le genre d’oeuvre qui vous colle encore longtemps à la peau après visionnage. On ressort chamboulé et entièrement conquis par ce choc visuel qui fera sûrement date dans l’histoire du cinéma indépendant danois (comme la trilogie Pusher en son temps ?).

 

 

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