Film de Stephen Frears (Angleterre – 2012 – 1h38) avec Judi Dench et Steve Coogan….

 

Film proposé en VOST

Philomena affiche uneIrlande, 1952 : Philomena Lee, encore adolescente, tombe enceinte. Considérée comme une « femme déchue », elle est envoyée au couvent de Roscrea. Alors que l’enfant est encore un nouveau-né, il est arraché aux mains de sa mère pour être adopté par des américains. Philomena passe les quinze années suivantes à essayer de le retrouver, en vain. Elle rencontre ensuite Martin Sixsmith, un journaliste désabusé, aussi cynique qu’elle est naïve. Ensemble, ils partent pour l’Amérique, au cours de ce voyage ils découvriront l’extraordinaire vie du fils de Philomena et tisseront une relation à la fois drôle et profondément émouvante.

 

Critique “Le Parisien”

Le réalisateur des « Liaisons dangereuses » et de « The Queen », le Britannique Stephen Frears, qui achève le tournage d’un biopic sur Lance Armstrong, revient aujourd’hui sur les écrans avec ce « Philomena », film surprenant, attachant et bouleversant tiré d’une histoire vraie*. Celle d’une vieille dame, Philomena, à la recherche d’un fils perdu depuis cinquante ans, et d’un journaliste, Martin Six-smith, désabusé par son métier, auquel elle raconte son incroyable histoire.

Le reporter, au départ perplexe, flaire le scoop, charmé par la vieille dame qui le persuade de l’accompagner aux Etats-Unis pour retrouver son enfant disparu. Très vite, les deux vont faire la paire, bien qu’ils soient très éloignés et différents.

On est rapidement conquis par ces deux personnages lancés à la recherche quasi impossible d’un fils que Philomena, une Irlandaise bon teint, a dû abandonner à l’âge de 3 ans à des religieuses d’un couvent, et qui a été adopté par des Américains.

Conquis d’abord par une histoire vraiment bien écrite par l’acteur comique Steve Coogan lui-même, qui incarne remarquablement le journaliste. Séduit aussi par la formidable interprétation que livre Judi Dench, grande dame du théâtre et du cinéma anglais, dans la peau de Philomena. Malgré le caractère dramatique de l’histoire, Stephen Frears, grâce à des dialogues souvent drôles, humour anglais oblige, et de quiproquos crédibles, ne tombe jamais dans le pathos, tout en réussissant à nous émouvoir. C’est la force de ce voyage à la recherche de l’enfant perdu que raconte le cinéaste. Il est d’ailleurs très possible que l’on retrouve bientôt cette « Philomena » dans la course aux Oscars.

 

Critique “aVoir-aLire.com”

Il y a de cela plusieurs années, le comédien britannique Steve Coogan (24 hour party people et Tournage dans un jardin anglais tous deux de Michael Winterbottom) tombe par hasard sur un article de journal évoquant l’extraordinaire histoire d’une vieille dame à la recherche de son fils qui lui a été enlevé une cinquante d’années auparavant par des religieuses afin d’être revendu à de riches américains. Bouleversé par cette nouvelle étonnante, le comique décide de prendre une option sur le livre du journaliste Martin Sixsmith et de commencer à en écrire une adaptation cinéma. Généralement cantonné aux rôles désopilants, Steve Coogan souhaite ainsi s’attribuer un emploi plus dramatique qu’à l’accoutumée et gagner en quelque sorte une respectabilité artistique qui lui fait encore parfois défaut, surtout dans son pays d’origine. Très tôt impliquée dans le projet, Judi Dench apporte non seulement son expérience, mais aussi une amitié certaine avec le réalisateur Stephen Frears. Ce dernier a été emballé à l’idée de pouvoir tourner un film à la fois puissant sur le plan émotionnel, tout en gardant de nombreuses pointes humoristiques.
© Alex Bailey

Toujours difficile à obtenir, le savant dosage entre moments vraiment désopilants – Steve Coogan incarne ce journaliste condescendant et prétentieux avec toute la verve comique qu’on lui connaît – et instants dramatiques qui nous laissent au bord des larmes constitue la plus grande réussite de cette œuvre. La confrontation entre les classes sociales (d’un côté une vieille dame très respectueuse des traditions et issue du prolétariat, et de l’autre un intellectuel bourgeois qui se veut progressiste) donne lieu à une réflexion échappant aux conclusions binaires. De même, l’attaque non dissimulée contre certaines institutions religieuses est contrebalancée par un respect réel et sincère envers la religiosité du personnage principal. Stephen Frears et Steve Coogan, tout en dénonçant certaines pratiques scandaleuses, sont suffisamment intelligents pour ne pas se laisser enfermer dans un discours simpliste et peuvent ainsi toucher plus juste. Parce qu’ils respectent tous leurs personnages, ils arrivent à rendre crédible leur évolution, leurs confrontations et aussi leur rapprochement.
© Alex Bailey

Parfois proche par sa thématique des Magdalene Sisters de Peter Mullan, Philomena se révèle finalement supérieur par sa capacité à éviter la complaisance dans le sordide. Le rapprochement final entre la mère et son fils inconnu, par-delà la mort, devrait même bouleverser durablement les spectateurs, sans que cela soit ressenti comme un chantage à l’émotion. Avec une suprême élégance toute britannique, ce nouveau jalon dans la carrière de Stephen Frears et de ses acteurs (tous formidables) parvient à susciter l’empathie et la réflexion sans jamais accabler le spectateur. Ce qui, vu le thème de départ, tient vraiment du miracle.

 

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