Film de Philippe De Chauveron (France – 2013 – 1h37) avec Christian Clavier, Chantal Lauby, Ary Abittan, Frédérique Bel, Medi Sadoun, Frédéric Chau, Noom Diawara, Julia Piaton, Emilie Caen, Elodie Fontan….


qu'est qu'on a fait affiche uneClaude et Marie Verneuil, issus de la grande bourgeoisie provinciale, sont des parents traditionnels. Mais charité chrétienne avant tout, ils se sont toujours obligés à faire preuve d’ouverture d’esprit.

Quand leurs filles chéries ont pris l’une après l’autre pour époux des hommes d’origines et de confessions diverses, les pilules furent bien difficiles à avaler. Mais pour rien au monde ils ne s’avoueraient racistes… d’ailleurs ils ne le sont pas, c’est contre leurs valeurs !

Leurs espoirs de voir enfin l’une d’elles se marier à l’église se cristallisent donc sur la cadette, qui, alléluia, vient de rencontrer un bon catholique.

Catholique, certes, mais d’origine ivoirienne…

 

 

Critique “Le Parisien”

Et si c’était par l’humour que se résolvaient les problèmes ? Dans une société où les questions de mixité raciale n’ont jamais été aussi à fleur de peau, la nouvelle comédie de Philippe de Chauveron (« l’Elève Ducobu ») est une irrésistible entreprise de dynamitage des clichés tenaces qui en forment le cortège. Très efficacement écrite par le réalisateur et le scénariste Guy Laurent, « Mais qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? » raconte comment de grands bourgeois provinciaux très vieille France, Claude et Marie Verneuil (Christian Clavier et Chantal Lauby), parents de quatre filles, sont jusqu’ici tombés de Charybde en Scylla en matière de gendre à leurs yeux idéal.

Dans la chic et proprette mairie de Chinon, Isabelle (Frédérique Bel) a épousé Rachid Benassem (Medi Sadoun), qui est musulman, Odile (Julia Piaton) s’est donnée à David Benichou (Ary Abittan), qui est juif ; quant à Ségolène (Emilie Caen), elle a convolé avec Chao Ling (Frédéric Chau), qui est chinois. Autant dire que la quatrième, Laure (Elodie Fontan), est dans ses petits souliers blancs. Certes, son amoureux (Noom Diawara) s’appelle Charles, de quoi satisfaire Claude Verneuil resté fervent gaulliste ; certes, il est d’une famille catholique et pratiquante, mais il y a un hic. Car Charles se nomme aussi Koffi et il est de Côte d’Ivoire… La jeune femme s’est bien gardée d’apporter cette précision à ses parents, lesquels se consolaient de ce signe du ciel.

Il y a tout lieu de croire que ce film est appelé à prendre de belles couleurs dès sa sortie sur les écrans, aujourd’hui. En témoigne la salve d’éclats de rire décrochée jeudi dernier par un public jeune et… mixte, lors de l’avant-première au Grand Rex, à Paris. Une scène dans laquelle David, Rachid et Chao entonnent la main sur le coeur, devant leur beau-père éberlué, une sonore « Marseillaise » — et pas seulement le premier couplet — a déclenché hilarité et applaudissements. Il s’en est fallu de peu que la salle se lève elle aussi. « On peut rire de tout avec tous », s’exclamait Ary Abittan, tandis que Christian Clavier a vanté un film remarquablement écrit. Et dialogué, aurait-il pu ajouter, tant les répliques, pépites d’humour, sont appelées à faire florès.

Il faut y ajouter une interprétation sans faille qui révèle au passage le jeune Noom Diawara dans la peau (noire) de Charles Koffi ; sans oublier son père, le comédien Pascal N’Zonzi, alias André Koffi, véritable interface au personnage de Christian Clavier. André aussi est opposé à ce mariage. Lui aussi a des idées arrêtées sur les Blancs. La confrontation des deux fournit quelques scènes qui pourraient bien être d’anthologie. Il faut dire tout le bien qu’on pense de ce film parce qu’il est tout simplement bourré d’humanité, d’intelligence et d’une revigorante générosité.

 

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