Film de Hossein Amini (Grande-Bretagne – 2013 – 1h37) avec Viggo Mortensen, Oscar Isaac et Kirsten Dunst…


2 faces of january affiche uneVersion française ou Version Originale Sous-Titrée selon les séances

1962. Un couple de touristes américains très élégants, le charismatique Chester MacFarland et sa jeune épouse Colette, arrive à Athènes. À l’Acropole, ils rencontrent Rydal, jeune guide américain parlant grec, arnaqueur de touristes à l’occasion. Séduit par la beauté de Colette et impressionné par la fortune de Chester, Rydal accepte sans hésiter leur invitation à dîner. Les McFarland se révèlent moins lisses qu’il n’y paraît : le luxe et leur raffinement cachent bien mal leur part d’ombre. En acceptant d’aider Chester à déplacer le corps inanimé d’un homme qui l’aurait soi-disant attaqué, Rydal se retrouve prisonnier d’un engrenage malsain sous-tendu par un triangle amoureux.

 

 

Critique « aVoir-alire.com »

Spécialiste de l’adaptation littéraire (on lui doit celle de Jude d’après Thomas Hardy en 1995 ou encore Les ailes de la colombe d’après Henry James en 1997), le scénariste d’origine iranienne Hossein Amini s’est dernièrement illustré grâce aux scripts soignés de Drive et de Blanche Neige et le chasseur. Pour son passage à la réalisation, le scénariste s’attaque au bouquin éponyme de Patricia Highsmith publié en 1964. Si cette histoire ne fait aucunement partie de la série sur le talentueux Mr Ripley, on retrouve ici les mêmes fêlures des personnages, la même ambiance ensoleillée qui contraste avec la noirceur des sentiments et des situations, ainsi qu’un goût pour les intrigues qui enserrent les protagonistes dans un destin qu’ils ne contrôlent jamais vraiment.
Le film débute sous les auspices du Thé au Sahara de Bernardo Bertolucci en suivant pas à pas les déambulations touristiques d’un couple dont on sent bien qu’il n’est pas vraiment aussi solide qu’il veut le faire croire. On retrouve ici la même ambiance que dans le long-métrage de Bertolucci, avec ce sentiment profond d’être comme un funambule au-dessus d’un gouffre qui n’attendrait qu’un coup de pouce du destin pour vous engloutir. La rencontre avec un petit arnaqueur local – le film se déroule en Grèce durant les années 60 – va précipiter les événements et entraîner les trois personnages dans une spirale infernale faite de fatalité (tous les meurtres arrivent par accident), tout en révélant au fur et à mesure la noirceur d’âme de l’ensemble des protagonistes. Si l’on prend d’abord naturellement partie pour le personnage fort incarné avec charisme par Viggo Mortensen, puis pour celui du petit arnaqueur (Oscar Isaac qui prend de l’étoffe), il faudra se rendre à l’évidence : seule la femme interprétée avec douceur par Kirsten Dunst peut vraiment être sauvée dans ce jeu de massacre où la tromperie, la jalousie et la haine ont pignon sur rue.

Une fois la mécanique du film noir enclenchée, le spectateur passe de surprises en surprises – que nous ne révélerons pas – sous l’œil expert du réalisateur qui parvient à instaurer un véritable suspense quant à la destinée des protagonistes. Parfois un peu trop tenté par les images de carte postale, il sait faire preuve d’habileté, y compris dans ses citations (on pense évidemment à Hitchcock, mais aussi au Plein soleil de René Clément). Il se laisse également aller à quelques morceaux de bravoure comme l’étourdissant plan séquence dans la gare qui multiplie les changements d’axe avec une belle virtuosité, sans que cela soit gratuit puisque cet effet traduit la perte de repères d’un des personnages. Certes, le long-métrage n’évite pas toujours les lieux communs et une certaine forme de classicisme, mais il demeure suffisamment enthousiasmant pour combler d’aise le spectateur avide de divertissement solidement charpenté.

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