Film de Nicole Garcia (France – 2013 – 1h31) avec Louise Bourgoin, Pierre Rochefort, Dominique Sanda…

 

Un beau dimanche affiche def uneBaptiste est un solitaire. Instituteur dans le sud de la France, il ne reste jamais plus d’un trimestre dans le même poste.
A la veille d’un week-end, il hérite malgré lui de Mathias, un de ses élèves, oublié à la sortie de l’école par un père négligent.
Mathias emmène Baptiste jusqu’à sa mère, Sandra.
C’est une belle femme, qui après pas mal d’aventures, travaille sur une plage près de Montpellier.
En une journée un charme opère entre eux trois, comme l’ébauche d’une famille pour ceux qui n’en ont pas.
Ça ne dure pas. Sandra doit de l’argent, on la menace, elle doit se résoudre à un nouveau départ, une nouvelle fuite.
Pour aider Sandra, Baptiste va devoir revenir aux origines de sa vie, à ce qu’il y a en lui de plus douloureux, de plus secret.

 

Critique « L’Humanité »

Il y a des films simples et lumineux comme leur titre, qui peuvent néanmoins se révéler plus complexes qu’ils n’en ont l’air simultanément. Ainsi celui-ci avec ses apparences prometteuses, affichant les couleurs d’une œuvre de la transparence et qui va pourtant pratiquement dès le départ se révéler d’emblée être un film du secret. Passe encore pour le titre, même si l’action se déroule non sur un mais sur trois jours, ce long week-end de la Pentecôte qui sonne comme le début des congés estivaux, même s’il est promis à une fin imminente imposant de remettre le couvert au moins un petit peu. Passe encore sur l’unité de lieu aussi circonscrite précisément que l’est l’unité de temps. Nous sommes dans le Midi sur la Côte, baignés de cette belle lumière irradiante que Nicole Garcia s’est si volontiers plu à capter d’une caméra sensuelle qui ne saurait volontiers installer son nid dans les frimas et les brumes. En revanche l’unité d’action relève de la pure coïncidence.Rien ne se serait passé si un père imprévoyant n’avait omis d’arriver à temps retirer sa progéniture de l’école. C’est ainsi qu’est introduit le premier personnage, humble parmi les anonymes. C’est Baptiste, et le rôle est tenu par Pierre Rochefort dans le cadre de sa première vraie prestation. Ce jeune homme, qui a été l’enjeu et l’initiateur du film, est aussi le fils de la réalisatrice, qui incarne là un instituteur solitaire refusant les affectations et préférant, malgré la modicité du salaire, ne jamais rester plus d’un trimestre dans le même poste. C’est ainsi qu’il hérite devant la porte de son établissement de son élève Mathias, et le voilà du coup propulsé à la rencontre du deuxième personnage, Sandra, mère de Mathias, rôle tenu par Louise Bourgoin, toujours aussi sûre d’elle-même que du temps où elle était parvenue à imposer l’écoute du bulletin météo comme une figure obligée.

Entre celle qui gagne ses sous en toute liberté en cachetonnant dans un restaurant de plage du coin et le fil à la patte de l’instituteur provisoirement chargé du gosse de l’autre, l’attraction va pourtant se produire, sans qu’il soit évident de déterminer qui tient le rôle de la limaille et qui tient celui de l’aimant. Disons que chacun a sa vie privée, sa part d’ombre, son jardin secret. Il faudra tardivement pour découvrir le secret derrière la porte qu’émerge le troisième et dernier personnage important, Liliane, mère de Baptiste, rôle confié à la toujours émouvante Dominique Sanda qui retrouve l’aura qui était la sienne chez Bresson ou Visconti. Écrit avec Jacques Fieschi, ce film aurait dû nous déplaire, trop de plans, trop de caméra portée, trop d’intrigue familiale, trop de ce qu’on n’aime pas en général. Pourtant, toutes ces prévenances se sont muées en vertus. On est ressorti de la salle ému et comblé. Et si Nicole Garcia avait donné là son meilleur film ?

Critique « aVoir-aLire.com »

Baptiste est un solitaire. Instituteur dans le sud de la France, il ne reste jamais plus d’un trimestre dans le même poste. A la veille d’un week-end, il hérite malgré lui de Mathias, un de ses élèves, oublié à la sortie de l’école par un père négligent. Mathias emmène Baptiste jusqu’à sa mère, Sandra. C’est une belle femme, qui après pas mal d’aventures, travaille sur une plage près de Montpellier. En une journée un charme opère entre eux trois, comme l’ébauche d’une famille pour ceux qui n’en ont pas. Ça ne dure pas. Sandra doit de l’argent, on la menace, elle doit se résoudre à un nouveau départ, une nouvelle fuite. Pour aider Sandra, Baptiste va devoir revenir aux origines de sa vie, à ce qu’il y a en lui de plus douloureux, de plus secret. Notre avis : Plus de vingt ans après son premier long métrage Un week-end sur deux, Nicole Garcia renoue, après plusieurs films à gros budget, avec un cinéma d’auteur beaucoup plus intimiste. Elle s’est entourée d’une équipe de jeunes acteurs ayant fait leurs premières classes au théâtre. Fini les travellings dispendieux pour un retour à un tournage vagabond, caméra à l’épaule qui, en collant au plus près des personnages, traduit parfaitement le caractère hésitant, fragile et tendu des situations. Le résultat : Un beau dimanche – film où Nicole Garcia, toujours avec beaucoup de sensibilité, retrouve une certaine liberté. Le scénario d’Un beau dimanche, coécrit avec son fidèle complice Jacques Fieschi, est une histoire toute simple, linéaire, qui se déroule sur trois jours. On nous invite à y entrer avec délicatesse et bonheur.

Baptiste (Pierre Rochefort), prof des écoles remplaçant dans le sud de la France, va de ville en village, de classe en classe, enseigner avec conviction conjugaisons, divisions et autres figures géométriques. Baptiste aime ses élèves mais tient à les maintenir à distance. Nomade, solitaire étrange, faussement serein, ne voulant s’attacher nulle part ni avec personne. Nous le voyons ainsi rouler nonchalamment en scooter et fumer seul des joints dans sa chambre meublée plutôt sinistre. Pierre Rochefort a-t-il un jeu hésitant dans son rôle de prof des écoles ? Est-il le personnage hésitant que Nicole Garcia a souhaité mettre en scène ? Nous hésitons, nous, à trancher.
La veille du week-end de la Pentecôte un élève, Mathias, attend son père qui l’a oublié à l’école… Brinquebalé entre son père et sa mère, le gamin va finalement être le « catalyseur » de la rencontre entre sa mère Sandra (Louise Bourgoin) et Baptiste.
Louise Bourgoin, que nous avons vue récemment en odieuse mère supérieure dans La Religieuse, après d’autres rôles plus légers, joue avec crédibilité dans ce « beau dimanche » Sandra, une saisonnière de la restauration au bord d’une plage populaire. Belle fille paumée, traquée par des individus qui lui réclament 50 000 euros…

L’abandon de Mathias permet donc la rencontre de ces deux êtres qui se révèlent, chacun dans son registre, des ratés de la vie, des fracassés en fuite avec eux-mêmes et avec les autres. Ils vont rapidement découvrir leurs sentiments amoureux l’un pour l’autre. Ils s’aiment parce qu’ils sont « tristes »… Baptiste décide alors de ne plus fuir et trouve la force, grâce à Sandra et Mathias, d’affronter son passé. En fait tout se passe comme si les personnages de ce trio étaient depuis longtemps en quête les uns des autres.
Le film devient captivant lorsque ledit trio part en voiture ce fameux dimanche pour se retrouver dans la propriété de la famille de Baptiste. Une famille rassemblée là pour un dimanche certainement comme les autres, à ses yeux. Des gens de la haute bourgeoisie, qui s’adonnent aux loisirs et aux conversations futiles, aux plaisirs du tennis et de la piscine. On s’ennuie et on se fatigue en famille. Baptiste, le fils rebelle, qu’ils n’ont pas vu depuis longtemps, arrive au milieu de sa tribu d’origine, flanqué de cette fille (sans doute « une passade »…) et de son fils.
Apparaît alors la mère de cette dynastie, Liliane – éblouissante Dominique Sanda – et l’atmosphère du film prend alors des tonalités proches de Tchékhov ou de Bergman. Deux mondes, celui de la précarité et celui de l’argent et de l’héritage s’affrontent. Au bungalow de Sandra, la sœur de Baptiste oppose sans arrogance les « dix chambres » de la propriété familiale.

Nicole Garcia évite subtilement les clichés. Pas question de juger ces gens dont la vie se confond à l’univers de l’argent, de la Bourse et autres affaires financières. À chacun sa logique sociale, et puis, à leur façon, ils peuvent même nous émouvoir dans leur recherche désespérée de l’argent. Baptiste est revenu certes – mais uniquement pour venir chercher les fameux 50.000 euros… La mère martèle impérieusement que la place de Baptiste est parmi eux. Les frères assurent péremptoirement qu’il n’a pas le droit de laisser sa part d’héritage… Les tensions entre mère, frères, sœurs et Baptiste sont bien là dans le film, mais parfaitement retenues. Plusieurs scènes, magnifiquement maîtrisées – notamment celle du déjeuner-règlement de comptes – doivent beaucoup à la présence de Dominique Sanda qui irradie le film.
Baptiste repartira de la maison familiale en cette fin de dimanche. Apaisé, libéré, autrement libre.
À partir d’un sujet douloureux, Nicole Garcia nous offre un film décidément ravigotant.

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