Film de John Wells (Etats-Unis – 2013 – 2h01) avec Meryl Streep, Julia Roberts, Juliette Lewis, Benedict Cumberbatch, Ewan Mcgregor, Abigail Breslin

 

Film proposé en Version Française ou Version Originale Sous-Titrée selon les séances

un ete a osage affiche une En famille on se soutient. En famille on se déchire… Suite à la disparition de leur père, les trois filles Weston se retrouvent après plusieurs années de séparation, dans leur maison familiale. C’est là qu’elles sont à nouveau réunies avec la mère paranoïaque et lunatique qui les a élevées. A cette occasion, des secrets et des rancœurs trop longtemps gardés vont brusquement refaire surface…

 

 

Critique “aVoir-aLire.com”

En Amérique, la famille, c’est sacré… ou presque. Le nouveau film de John Wells (The Company Men ) narre l’histoire des sœurs Weston. Toutes trois ont grandi ensemble, jusqu’à l’âge adulte qui les sépara. Maintenant, elles ont une vie de couple et un quotidien bien ordonné. Mais c’était sans compter sur le suicide brutal de leur père, qui marque des retrouvailles pour le moins mouvementées.
Jadis, Violet, la mère de famille magnifiquement campée par Meryl Streep, était une femme très engagée dans l’éducation de ses enfants, mais pas vraiment aimante, aux dires de ses filles. Rongée par le cancer, solitaire et accro aux médicaments, elle ne semble plus capable de s’occuper d’elle-même et sombre peu à peu dans la folie.Bientôt, la famille se retrouve autour de la table. Cette longue scène de déjeuner est la séquence phare du film, elle contient l’essence même du récit. C’est là que les vieilles rancœurs, les lourds souvenirs d’enfance, les secrets trop longtemps enfouis vont refaire surface. Si le deuil de Beverly, défunt mari de Violet et père des sœurs Weston, tendait implicitement à ramener un semblant de cohésion, de soutien et de fraternité au sein de sa famille, c’est finalement à sa déchirure imminente que le spectateur assiste : le repas se transforme en véritable combat de coqs. Tout le monde se cherche, se pique au vif, s’envoie des vacheries à la figure, teintées d’une sombre ironie. Face à cela, la caméra reste en retrait. En effet, en privilégiant les plans moyens aux plans rapprochés, John Wells crée une certaine distance entre les personnages et le spectateur, et le renvoie à la simple condition de témoin de l’action. Impuissant, il regarde mère et filles s’insulter et se battre. Si cette distance peut paraître frustrante, elle n’en est pas moins importante dans l’esthétique et la réception du film.En vérité, derrière cet humour noir – qui saura, à coup sûr, provoquer les éclats de rire – se cachent des personnages fortement tragiques, une famille fatiguée de tant se déchirer et dont l’été passé ensemble à Osage County ne parvient pas à resserrer – ou plutôt ressouder – les liens. Ainsi, cette comédie dramatique est une enquête remarquable sur le deuil et cette notion complexe qu’est le lien familial.
Au-delà de la dramaturgie, c’est à notre propre condition d’homme, de mère, de père, de fille, de fils que nous renvoie cette histoire grave et touchante qui délivre un véritable hymne à l’amour et à la fraternité. En famille, on se fait du bien, en famille, on peut se faire mal. Mais la douleur, bien que vive, est superflue tant qu’en famille on s’aime.

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