Film d’Anton Corbijn (Grande-Bretagne – 2013 – 2h01) avec Rachel Mcadams, Philip Seymour Hoffman, Robin Wright, Willem Dafoe, Grigoriy Dobrygin….


Un homme tres recherche affiche une

– Film proposé en Version Originale Sous-Titrée

Plus de dix ans après les attentats du 11 Septembre 2001, la ville de Hambourg a du mal à se remettre d’avoir abrité une importante cellule terroriste à l’origine des attaques contre le World Trade Center.

Lorsqu’un immigré d’origine russo-tchétchène, ayant subi de terribles sévices, débarque dans la communauté musulmane de Hambourg pour récupérer la fortune mal acquise de son père, les services secrets allemands et américains sont en alerte. Une course contre la montre s’engage alors pour identifier cet homme très recherché : s’agit-il d’une victime ou d’un extrémiste aux intentions destructrices ?

 

 

 

Critique “Télérama”

Tous les films inspirés par John Le Carré se ressemblent. Mise à part une sophistication plus grande dans la manière de surveiller autrui, il y a peu de différences entre L’Espion qui venait du froid, que Martin Ritt tourne en 1966, et l’adaptation par Anton Corbijn d’Un homme très recherché. Même angoisse sourde. Même sens de la dérision chez les héros. Même sens du devoir, aussi, comme si leur patriotisme s’avérait le seul rempart contre un double échec : leur mission et leur vie… Même physiquement, Richard Burton, chez Martin Ritt, et Philip Seymour Hoffman, chez Anton Corbijn, correspondent : lourds, déphasés, alcooliques, cyniques et tristes. Si ce n’est que le premier, gallois, interprétait un Anglais, ce qui était un moindre mal. Alors que le second, américain, incarne un Allemand, ce qui est moins évident, même si Philip Seymour Hoffman (1) savait étonnamment se fondre dans un film tout en l’attirant constamment à lui. Tout de même, lorsque Günther Bachmann —son personnage — rencontre un agent américain (Robin Wright, formidable, elle aussi), on a l’impression d’assister à la naissance d’une compli­cité possible entre clans rivaux soumis à une guéguerre de chefs, plutôt qu’à l’affrontement de deux espions oeuvrant pour leurs pays respectifs. Impression renforcée par la langue de ce film international : tout le monde y parle anglais, même les Allemands entre eux…

A Hambourg, donc, au début des années 2000, débarque un jeune homme hirsute, barbu, le prototype du terroriste à surveiller de près. En fait, musulman pur et dur — pur, surtout —, le jeune Tchétchène cherche, par l’entremise d’une avocate idéaliste (Rachel McAdams), à récupérer l’héritage d’un père russe qu’il hait de tout son être. Günther Bachmann va se servir de sa naïveté et de sa fortune pour piéger un homme d’affaires qui, sous couvert d’associations caritatives, finance le terrorisme international… Tous trahissent. Chacun se piège. Le réalisateur filme une ville automnale et sombre, les taudis où le héros boit avec obstination, ses bureaux qui ressemblent à des bouges, où il travaille avec la même obstination qu’il se soûle. Les êtres qui l’entourent sont beaux — ses deux collaborateurs, le jeune Tchétchène et son avocate — comme si leur beauté était un gage d’innocence dans ce monde sans repères. Pour en conserver un tant soit peu, notre agent se salit les mains, élabore des plans machiavéliques, en déjoue d’autres ; bref, il se démène, il se maintient en vie. On le voit, donc, marcher, s’arrêter, repartir, convaincre l’espionne américaine de lui laisser du temps et le fils de son adversaire de ­berner son père pour mieux le sauver. Le suspense ne faiblit pas, les scènes d’action restent constamment spectaculaires. Mais ce qui passionne, c’est ce suicidaire, appliqué à se détruire, qui sous nos yeux se défait.

 

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