Film de Lisa Azuelos (France – 2013 – 1h21) avec Sophie Marceau et François Cluzet….


une rencontre affiche uneElsa (Sophie Marceau) écrivain, et Pierre (François Cluzet), avocat, se croisent lors de la soirée de clôture d’un salon du livre : un regard, un briquet qui change de mains, des rires un peu trop nerveux, le frémissement d’une histoire possible…
Une rencontre ?
Sauf que la vie de Pierre, c’est d’abord sa famille : ses enfants et Anne (Lisa Azuelos), sa femme depuis quinze ans, celle qui l’aimera toujours, et qu’il aimera toujours, en dépit de la routine et du temps qui passe, il le sait.
Elsa, de son côté, se reconstruit peu à peu suite à un divorce compliqué, se partageant entre l’écriture, ses ados qui grandissent trop vite, ses amies et une histoire légère comme l’air avec Hugo (Niels Schneider), son jeune amant. Pour elle, l’homme marié est un tabou et même pire : une erreur.
Pourtant… Dès le premier regard, la rencontre de Pierre et Elsa s’inscrit dans une temporalité différente, comme si présent et futur possible se dédoublaient, s’entrechoquaient… jusqu’à créer une réalité où tout serait possible.

 

Critique « aVoir-aLire.com »

A 48 ans, Lisa Azuelos ne délaisse pas son microcosme bourgeois parisien, elle l’assume avec force et conviction, il est son cinéma. La réalisatrice chanceuse de LOL et moins heureuse de LOL USA, revient en force sur son terrain pour prendre la température du couple après les 45 ans. Il y a la divorcée affranchie (Sophie Marceau) et ceux qui sont toujours mariés (François Cluzet et la réalisatrice qui joue son épouse à l’écran), qui s’aiment toujours, par habitude, mais la flamme n’est évidemment plus là… Doit-on remettre en question le confort relatif du quotidien le jour où la passion ardente, qui vous brûle de toute son intensité, se pointe comme à un dernier rendez-vous avec la force adolescente, irrationnelle et désirable ?

Retour à l’état d’adolescence pour Cluzet et Marceau qui se rencontrent un beau soir mondain de coup de foudre, mais ils demeurent riches de leur expérience, conscients que le mariage heureux avec enfant ne doit pas pâtir de cette tentation impromptue qui pourrait tout bouleverser avec la force d’un ouragan… Ils vont alors lutter contre leur attirance réciproque, refuser les nuits câlines à découvrir l’autre, à trouver les menus défauts de son partenaire mignons quand ils deviennent insupportables avec le temps.
Azuelos épouse les rouages de la romcom qui brille, celle à l’Américaine où tout est bonheur trognon ou gros chagrin, mais avec classe et quelques bonnes idées de montage et de narration qui permettent au script de sortir du lot.

Intensément visuelle, voire sensorielle, cette passion où l’on se croise à répétition dans un Paris et un Londres de gens heureux, fait l’objet d’une réalisation pointue de la part de Lisa Azuelos qui, forte de sa maturité de femme et d’artiste, apporte toute sa conviction personnelle pour décupler l’intensité du fantasme qui gonfle de façon érectile.
Jouant avec la réalité et conduisant ses personnages à des choix universels qui dépassent le postulat romantique, Une rencontre s’étoffe d’un bien bel apparat pour susciter l’émotion féminine (premier public du film, on ne se trompera pas) et une réflexion pertinente sur les saisons de l’amour. Sophie Marceau y est resplendissante. François Cluzet fait le job, le charisme inhérent à ce type de sucrerie en moins.
Dans tous les cas, le meilleur film, et de loin, de la réalisatrice.

Pricing table with id of "rencontre" is not defined.