Film d’Anne Villacèque (France – 2014 – 1h30) avec Karin Viard, Noémie Lvovsky, Jacques Gamblin….

week ends affiche uneUn rien suffit parfois à gâcher un week-end à la campagne. Un simple malentendu sur un parking de supermarché, un mauvais réflexe, et voilà que tout se détraque. Rien ne va plus pour Christine. Jean la quitte. Ses amis de toujours, Sylvette et Ulrich, sont un peu moins ses amis. Tout fout le camp. Mais la vie est toujours pleine de surprises.
Amours et désamours dans la vie de deux couples, le temps des week-ends.

 

 

Critique « Télérama »

Il y a vingt ans, les deux couples étaient inséparables. Au point d’acheter deux maisons de vacances mitoyennes près de la mer. Ils s’y retrouvent encore les week-ends, chacun invitant l’autre pour l’apéro. Sylvette (Noémie Lvovsky) et Ulrich (Ulrich Tukur) s’aiment toujours, ou du moins font semblant. Mais, de l’autre côté de la rue, Jean (Jacques Gamblin) s’en va, laissant Christine (Karin Viard) dévastée. Et ses amis dans le doute.

Un décor presque unique, un récit au fil des quatre saisons : avec Week-ends, son troisième film de fiction, ­Anne Villacèque signe une sorte de remake normand d’Another year — Karin Viard joue un rôle de maniaco-dépressive, comme Lesley Manville chez Mike Leigh. Mais le ton est encore plus désespéré. Chez Christine et Jean, l’amour fusionnel a viré à la haine et le poids du passé empêchera toujours les deux ex-conjoints de trouver le bonheur dans les bras d’un(e) autre. Quant à Sylvette et Ulrich, leur union paisible en façade est plombée par la routine, sans paroles ou presque — ou alors pour s’envoyer des vacheries. On n’ose imaginer le quotidien de ces deux-là une fois que les enfants auront quitté le nid. Ou plutôt si, on les imagine très bien, vivant les tourments de Fréhel chantés par Ulrich Tukur dans la dernière scène du film : « Dans la tristesse et la nuit qui revient / Je reste seule, isolée sans soutien / Sans nulle entrave, mais sans amour / Comme une épave mon coeur est lourd. »

Les amours de ces antihéros sont banals, mais leur chronique n’a rien d’ordinaire. Dès les premières minutes, Anne Villacèque bouscule le naturalisme apparent par une irruption violente du bizarre. Christine, qui vient de se garer sur la dernière place dis­ponible d’un parking, se fait insulter par une automobiliste furibarde. C’est drôle, puis de plus en plus inquiétant. A l’image de cette scène tendue, Week-ends va rarement là où on l’attend, grâce à un récit tout en ellipses et non-dits. Grâce, aussi, à d’étonnantes ruptures de ton. Dans la douceur (belle apparition de Gisèle Casadesus) comme dans la terreur, avec la soudaine crise d’angoisse de Jean. On n’est plus alors chez Mike Leigh. Mais du côté de chez Bergman

 

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