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At Berkeley (VOST)

At Berkeley (VOST)

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Documentaire de Frederick Wiseman (Etats-Unis - 2013 - 4h04)


 

Film proposé en Version Originale Sous-Titrée

Séance unique


At berkeley affiche uneUn semestre sur le campus de la plus prestigieuse université publique américaine : Berkeley.
Frederick Wiseman nous montre les principaux aspects de la vie universitaire et plus particulièrement les efforts de l’administration pour maintenir l’excellence académique et la diversité du corps étudiant face aux restrictions budgétaires drastiques imposées par l’Etat de Californie.
A travers les différentes facettes de cette institution mythique, At Berkeley nous donne accès au débat sur l'avenir de l'enseignement supérieur aux États-Unis.

 


 

Critique "Critikat .com"




Avec ses manières d’inspecteur de bâtiments, on pourrait croire que Frederick Wiseman, infatigable peintre des institutions, serait plus attentif à l’espace qu’au temps (à l’exception peut-être du temps de tournage et de la durée des films qu’il en tire). Pourtant, dans ce qu’il restitue ici de son exploration de la prestigieuse université de Berkeley, Californie, c’est bien la dimension temporelle qui s’impose – et qui presse. La tranquillité de la méthode bien rodée de Wiseman, la durée patiente du film (quatre heures), les quelques pauses montrant les activités artistiques des étudiants ne doivent pas nous tromper : sur les mois passés at Berkeley, c’est bien un état d’urgence qui se dessine.

Dans l’immensité du campus, il est un lieu qui s’impose sur tous les autres dans le film, parce que celui-ci y revient régulièrement, mais aussi parce qu’il en met particulièrement en valeur l’espace et la répartition des personnes en son sein pour mieux attirer l’attention sur ce qui s’y joue : la salle du conseil d’administration. On y évoque sans ambages ce qui fragilise cette vénérable institution universitaire publique : réduction des aides de l’État, question de dépendance vis-à-vis d’autres institutions voire de communes voisines sur certains plans (la sécurité, notamment), sans oublier la contestation étudiante, tradition qui ne s’est pas perdue depuis la grande époque du « Free Speech Movement » né en ces lieux mêmes en 1964, et qui a même conservé des accents d’une gauche qu’on pouvait croire dissoute dans le libéralisme économique américain triomphant. Le rappel régulier de ces difficultés crée au fil du long métrage une discrète montée de tension dramatique qui rend prégnant le combat permanent de Berkeley pour maintenir, au XXIe siècle, la qualité de son enseignement, mais surtout l’idéal qu’elle représente.

Milieu oblige, plus encore que dans les récents films de Wiseman, la parole est au centre des activités captées par le film, qui dès lors lui confie aussi sa propre place centrale : cours professoraux, réunions, échanges entre professeurs et étudiants, revendications clamées au mégaphone. Cette parole qui révèle les failles du système est aussi celle par laquelle celui-ci peut perdurer et faire perdurer les vertus dont il se targue. Car la Berkeley qui s’y dévoile n’est pas si éloignée de celle d’où la contestation s’échappa il y a un demi-siècle, avec son recours aux discussions posées, mais franches où, à travers les questions d’organisation des relations entre étudiants, se renouvellent des questions à l’échelle de la société entière (notamment celle, toujours malaisée aux États-Unis, des relations interethniques). Avec sa patience lui autorisant la collecte avant l’épure, son sens de l’écoute sachant composer un tout à partir d’un tout, et surtout une totale honnêteté dans sa restitution du monde, Wiseman rend le meilleur des hommages à une institution dont le grand âge n’en fait en rien une relique du passé, et qui continue d’être de son temps en assurant une fonction non écrite mais essentielle : un vivier toujours bouillonnant de la démocratie américaine.

 

Critique "Les Inrockuptibles"


Rien ne va plus à Berkeley, la mythique université publique (c’est important) de Californie fondée en 1868 à San Francisco. C’est la crise, et les budgets alloués par le gouverneur sont encore une fois à la baisse…

Comment faire survivre cette véritable entreprise où se regroupent plus de 33 000 étudiants ? Connue pour son accueil de la “diversité”, son ouverture aux classes défavorisées, forte de son histoire politique (les mouvements contestataires de la fin des années 60), Berkeley se trouve
dans une situation critique et ses dirigeants (pour la plupart anciens étudiants “gauchistes”) doivent trouver un équilibre budgétaire et pourtant continuer non seulement à accueillir des jeunes issus des milieux les plus pauvres mais aussi, désormais, garantir l’accès aux études aux jeunes issus des classes moyennes, également touchées…

C’est le moment que choisit le grand Frederick Wiseman, 85 ans, pour planter pendant le premier semestre sa caméra au sein d’une de ces institutions (hôpitaux, écoles diverses, commissariats, conservatoires, clubs de sport, tribunaux, agences de mannequins, etc.) auxquelles il a consacré la plus grande partie de son œuvre (trente-huit films à ce jour !). Mais celle-ci lui est peut-être plus chère encore, puisqu’il a longtemps enseigné le droit (notamment à Harvard) avant de devenir producteur de cinéma puis documentariste.

Quatre heures durant, qui ne laissent aucun répit et ne lassent jamais, Wiseman filme des cours (parfois, on ne comprend rien), magistraux ou non. On découvre aussi un art de l’enseignement assez peu fréquent de notre côté de l’Atlantique : les étudiants peuvent exprimer et argumenter leurs points de vue, dans un respect de la parole de l’autre assez revigorant.

Dès le début du film, une jeune femme noire pose sur la table ce qui va devenir le nœud du film : elle qui est issue d’un milieu modeste ne comprend pas pourquoi aujourd’hui elle devrait se montrer solidaire des étudiants de la middle class. Ont-ils jamais été dérangés par la pauvreté ? D’autres étudiants lui répondent. Puis la professeur reprend la parole et tente de synthétiser la situation d’un point de vue historique et politique…

Grâce à la durée des scènes et des plans, les recteurs et directeurs de départements nous deviennent peu à peu familiers, et nous partageons leurs angoisses, leurs espoirs, leur ironie (notamment face aux étudiants agitateurs qui réclament tout et n’importe quoi sans discernement), leur fatalisme. Quel sera l’avenir de la culture dans une civilisation occidentale en plein déclin économique ? C’est tout le débat qui agite ce film salutaire et stimulant.


 

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Diplomatie

Diplomatie

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Film de Volker Schlöndorff (France - 2013 - 1h24) avec André Dussollier et Niels Arestrup...


 

diplomatie uneLa nuit du 24 au 25 août 1944.
Le sort de Paris est entre les mains du Général von Choltitz, Gouverneur du Grand Paris, qui se prépare, sur ordre d'Hitler, à faire sauter la capitale.
Issu d'une longue lignée de militaires prussiens, le général n'a jamais eu d'hésitation quand il fallait obéir aux ordres.
C'est tout cela qui préoccupe le consul suédois Nordling lorsqu'il gravit l'escalier secret qui le conduit à la suite du Général à l'hôtel Meurice.
Les ponts sur la Seine et les principaux monuments de Paris Le Louvre, Notre-Dame, la Tour Eiffel ... - sont minés et prêts à exploser.
Utilisant toutes les armes de la diplomatie, le consul va essayer de convaincre le général de ne pas exécuter l'ordre de destruction.

 

 

Critique "Culturebox"




Le film va droit au but en se resserrant sur la nuit du 24 au 25 août 1944, où tout s’est joué. L’introduction dévoile le scénario prévu par Hitler pour raser Paris de la carte. L’explosion de tous les ponts, sauf le Pont neuf pour permettre une circulation des troupes nazies de la rive droite à la rive gauche, suivie de la destruction de l’Opéra Garnier (bâtiment préféré du Führer), de l’Assemblée Nationale, de la place de la Concorde, de l’Arc de Triomphe, de Notre-Dame, de la tour Eiffel… La crue de la Seine, suite à ces dommages, devant être similaire à celle de 1910, en entraînant la mort de centaines de milliers de Parisiens.Avant la reconnaissance de la confrontation Dusollier/Arestrup tout le long du film, venons-en à celle de la mise en scène de Volker Schlöndorff , visiblement porté par son sujet, qui s’évertue à une magnifique reconstitution de l’hôtel Meurice en 1944, lieu de l’action, et à minutieusement éclairer ses scènes au rythme de la levée d’une aube qui pourrait être fatale. Comme pour "Titanic" dont tout le monde connaît la fin, "Diplomatie" entretient un même suspense jusqu’à l’ultime scène, alors que chacun sait que Paris a été sauvé.
Si la rencontre Von Choltitz/Nording sur le sauvetage de Paris relève de l'imaginaire, elle permet de synthétiser le sujet, d'en évoquer les enjeux et d'offrir un formidable duel de comédiens. Le film s’ouvre sur une anecdote exquise qui explique la présence du diplomate dans la suite du Général Von Choltitz pour arriver à ses fins. Cyril Geily, auteur de la pièce et coscénariste, au côté de Volker Schlöndorff, nous absorbe d’emblée dans un récit prometteur. La suite ne sera pas moindre. Alors que la légende veut que Von Choltitz a réfuté l’ordre de Berlin par son amour de la Culture et de la Civilisation, "Diplomatie" met en lumière tout le travail psychologique de Nordling pour lui faire rebrousser chemin.Une approche qui demeure teoutefois plus métaphorique que respectueuse de la vérité historique.

La source théâtrale ne se fait aucunement sentir, hormis dans un texte extrêmement ciselé, servi par deux grands acteurs habités. Le rythme est enlevé, en passant de la suite du général allemand, aux autres parties de l’hôtel et à l’extérieur. Mais il y a surtout cette lumière parfaitement maîtrisée qui fait monter l’adrénaline avant l’échéance toujours hypothétique de la destruction ou non de la capitale. Leçon d’histoire et beau film, "Diplomatie" participe de cette belle rentrée cinématographique en à peine trois mois, et s’offre comme un des meilleurs films sur les écrans, avec de grands noms à l’affiche. Remarquable.

 

Critique "L'Humanité"


Le titre ne serait-il pas aux mains d’Ettore Scola, on aurait pu appeler ce film Une journée particulière. Mais ici, c’est de la nuit du 24 au 25 août 1944 qu’il s’agit, celle qui avait déjà été évoquée en 1966, par notre chantre de la Résistance qu’était René Clément dans sa fresque, Paris brûle-t-il ?, près de trois heures avec le gratin du cinéma français tiré par Jean-Paul Belmondo poussant notre veine épique dans ses ultimes retranchements.

Ici, le point de vue est inverse puisque les trois unités de base théâtrales sont respectées, l’action se résumant à un face-à-face entre deux comédiens formidables jouant en français au chat et à la souris, d’un côté Niels Arestrup, qui incarne le général von Choltitz, Prussien borné aux ordres, gouverneur du Grand Paris, qui vient de faire miner tous nos ponts et monuments et s’apprête sur ordre de Hitler à transformer en champ de ruines notre capitale ; de l’autre, André Dussollier, qui personnifie le consul général suédois en poste à Paris, chargé en tant que représentant d’une puissance neutre, et peut-être pas uniquement, de ramener la culotte de peau prussienne dans la voie de la raison. Cela ressemble à de la fiction mais peut-être pas seulement. Les personnages ont existé, le livre de Raoul Nordling, Sauver Paris. Mémoires du consul de Suède, vient de retrouver le chemin des bacs, préfacé par Fabrice Virgili, sous couverture de la Petite Bibliothèque Payot (on se souvient que c’est Orson Welles qui tenait le rôle de Nordling dans le film de Clément). Comme le précise la jaquette du livre : « Raoul Nordling (1881-1962), homme d’affaires et diplomate suédois, né à Paris, ayant fait ses études au lycée Janson-de-Sailly, est nommé consul général en 1925 mais se sentait surtout “citoyen de Paris”. » Ses mémoires, écrits en 1945, ne furent retrouvés qu’en 1995 et publiés en 2002… Un square du 11e arrondissement de Paris porte son nom. La nuit de rencontre, telle que l’a décrite le film, est une invention de scénariste due en fait à l’auteur de la pièce, le dramaturge français Cyril Gély, ce qui n’empêche le général et le consul de s’être réellement rencontrés à plusieurs reprises. Quant au travail de mise en scène de l’Allemand Volker Schlöndorff, il est tout simplement magnifique.

Après la Vénus à la fourrure, voici le deuxième grand texte français de l’année, exhumé pour le bienfait du cinéma et qui tire toute sa force de ce moyen d’expression.

 

Critique "aVoir-aLire.com"


De Volker Schlöndorff, réalisateur allemand à qui l’on doit notamment Le tambour, Le Faussaire et Un amour de Swann, on n’attendait plus grand chose. Son nom était resté associé aux années 70-80. C’est donc avec grand respect et une vraie satisfaction qu’on le retrouve à diriger Diplomatie, d’après la pièce de Cyril Gély.

La fiction au service de l’Histoire. Avec un talent manifeste, le réalisateur palmé filme les deux acteurs de la pièce, André Dussollier dans le rôle du consul suédois Raoul Nordling, et Niels Arestrup qui incarne le Général Dietrich Von Choltitz, dans une suite de l’hôtel Meurice, pour une longue nuit de discussions où tout pourrait se décider. L’éradication de la "putain", telle que la surnommait Hitler, jaloux des splendeurs de la capitale occupée alors que Berlin gisait sous les décombres, aura-t-elle lieu ? On connaît forcément la réponse, mais la nuit précédant la libération de la ville, les Nazis avaient de bien noirs desseins et avaient même soigneusement placé des explosifs sous chaque monument historique centraux, pour mieux détourner la Seine, provoquer une crue, l’effondrement du métro et noyer quelques centaines de milliers de personnes qui avaient cohabité avec l’ennemi depuis 1940.
La caméra est fine ; elle investit les lieux avec sobriété et gravité. Alors que les décors jouissent d’une magnifique photographie, Schlöndorff fait montre d’un savoir-faire indubitable dans les champs contre-champs, respectant le décorum diplomatique et l’ampleur des événements qui pèsent sur les protagonistes. Il filme la nuit avec une théâtralité apaisée, l’on sent le matériau dramatique, notamment dans les dialogues, mais le cinéaste surmonte la difficulté avec des techniques de cinéma qui aèrent cette nuit étouffante où le Général Dietrich von Choltitz, l’un des derniers généraux à ne pas avoir trahi le Führer, doit choisir entre être celui qui mettra en péril pour longtemps les relations franco-allemandes en détruisant le trésor le plus précieux du pays, ou devenir celui qui sauvera la ville des Lumières et deviendra ironiquement un héros malgré lui, mais un héros que l’on détestera.

La grande Histoire que nous connaissons est ici ouverte au récit fait de supputations, que d’aucuns appelleront fiction, puisque l’essentiel s’est décidé dans l’intimité ; il faut donc ici percer le vernis des personnages, vaquer à les étoffer d’une psychologie et de motivations.
Dans ce couloir hors du temps, au milieu d’une ville musée immuable que les Nazis ne semblent pas avoir réussi à altérer, Niels Arestrup et André Dussollier connaissent bien le moindre recoin de leur personnage et semblent habités par ces enjeux mystérieux qui reposent sur leurs épaules ; l’ambiance étrange qui en ressort, nourrie au mythe (un passage secret derrière les murs de la suite, qui permettait à Napoléon de surveiller Joséphine) et aux mystères, comme ceux qui permettent à un homme de trouver les bons mots pour sauver le monde, est pesante. Le suspense fonctionne malgré l’inéluctable accomplissement historique que l’on parvient parfois à oublier.
Sur une formule qui était celle du Souper de Molinaro (1992), autre adaptation de matériau théâtral avec son lot d’enjeux historiques autour de deux personnages dans la démonstration de force, Diplomatie évite tous les écueils, du procédé documentaire lourd à l’académisme stérile, pour bâtir sa réussite sur la persuasion de jeu, celui de deux acteurs solides, mais aussi de deux personnages historiques qui avaient autant à perdre qu’à gagner durant cette nuit bien singulière.



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Situation amoureuse : C’est compliqué

Situation amoureuse : C’est compliqué

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Film de Manu Payet et Rodolphe Lauga (France - 2013 - 1h40) avec Manu Payet, Anaïs Demoustier, Emmanuelle Chriqui...


 

situation amoureuse affiche uneA trente ans, Ben est sur le point d'épouser Juliette. Sa petite vie tranquille et sans danger va basculer lorsqu'il retombe sur la personne qu'il a secrètement le plus envie de revoir : Vanessa, la bombe du lycée qui ne l'avait jamais regardé. Elle est de retour à Paris et ne connaît, aujourd'hui, que lui...

 

 

Critique "EcranLarge.com"




Cédant à la mode de plus en plus répandue de l'acteur qui s'improvise réalisateur parce que..., Manu Payet a eu l'intelligence de se faire bien accompagner (Rodolphe Lauga et son solide background de cadreur en co-réalisateur, Romain « Radiostar » Levy en co-scénariste) afin de ne pas commettre les erreurs de bon nombre de ses collègues l'ayant précédé dans l'exercice. Et comme en plus, le monsieur s'est amusé à raconter des choses qu'il a bien vécu, du moins ressenti dans sa chair, il se dégage un sentiment très rassurant de ce(tte) Situation amoureuse : c'est compliqué. L'occasion de découvrir un artiste certes brillant amuseur public mais aussi vrai romantique au cœur battant la chamade.

Car, son premier film, Manu l'a voulu bien plus proche de la réalité que de la simple comédie romantique formatée que l'on a trop souvent l'habitude de mater. Dans Situation amoureuse : c'est compliqué, on a beau rigoler beaucoup, notamment grâce à d'exceptionnels seconds rôles, grands voleurs de scènes devant l'éternel (Duquesnes en papa poule éperdu d'amour pour une bien étrange jeune femme et Cayrey en ami collant au grand cœur sont de bout en bout épatants), on n'en oublie pour autant jamais qu'il y a une belle part d'affect dans ce trio amoureux qui sert de fil rouge à l'intrigue (l'homme, la future femme et l'ancienne amoureuse fantasmée du lycée). Les dilemmes et possibles turpitudes de notre héros bien gêné au moment de choisir celle qui sera sa promise, sonnent si justes que le rire se mêle ainsi souvent à une vraie émotion.

Il faut dire que Payet a eu la bonne idée d'admirablement corser son choix cornélien en se mettant deux magnifiques jeunes femmes entre les pattes : Anaïs Demoustier et Emmanuelle « veux-tu m'épouser » Chriqui. De quoi largement prolonger et intensifier la réflexion et les péripéties d'un récit toujours plaisant et de faire de Situation amoureuse : c'est compliqué un choix très facile pour se divertir agréablement.

 


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Les Grandes Ondes (à l’ouest)

Les Grandes Ondes (à l’ouest)

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Film de Lionel Baier (Suisse - 2013 - 1h24) avec Valérie Donzelli, Michel Vuillermoz...


 

grandes ondes affiche uneAvril 1974. Deux journalistes de la radio sont envoyés au Portugal pour réaliser un reportage sur l’entraide suisse dans ce pays. Bob, technicien proche de la retraite, les accompagne à bord de son fidèle combi VW. Mais sur place, rien ne se passe comme prévu : la tension est à son comble entre Julie, la féministe, et Cauvin le reporter de guerre roublard. La bonne volonté de Pelé, le jeune traducteur portugais, n’y fait rien : la petite équipe déclare forfait. Mais le vent de l’Histoire pousse le Combi VW en plein coeur de la Révolution des Oeillets, obligeant cette équipe de Pieds nickelés à prendre part, et corps, à cette folle nuit du 24 avril 1974.

 


 

Critique "Les Inrockuptibles"




La dernière fois qu’on a pris des nouvelles de Lionel Baier, il nous parlait d’outre-tombe, dans un prodigieux petit film proustien intitulé Low Cost (Claude Jutra), élégie pleine de joie cherchant à fixer les souvenirs d’une vie dans les images basse def d’un téléphone portable. C’était en 2010 et depuis, nous apprend sa fiche biographique, il aurait réalisé pas moins de cinq films : un long métrage inédit (Toulouse),un documentaire sur son collègue et compatriote suisse Claude Goretta (Bon vent), deux courts métrageset, donc, le film qui nous occupe ici, Les Grandes Ondes (à l’ouest).

Viennent s’y ajouter, depuis 2000, trois documentaires (sur son père, sur la Gay Pride…) et trois beaux longs métrages de fiction sortis en France : Garçon stupide, Comme des voleurs (à l’est), Un autre homme. Baier, qui vit entre Paris et Lausanne, où il enseigne le cinéma, semble ainsi ne jamais s’arrêter de tourner. Quand ça lui chante, où bon lui semble. Les Grandes Ondes (à l’ouest) (passion parenthèse) s’inscrit en fait dans une “cartographie sentimentale des Européens en quatre volets”, dont il occupe la seconde place, après l’est de Comme des voleurs… (road-trip autofictionnel en Pologne). Le nord de l’Ecosse et le sud de l’Italie viendront plus tard.

L’ouest, en l’occurrence, c’est le Portugal. Et les grandes ondes, ce sont d’abord celles de la radio (suisse romande) qui envoie, en 1974, trois journalistes faire un reportage, si possible complaisant, sur l’aide de la riche nation helvète au “sous-développé et néanmoins sympathique” Portugal de Salazar.

Dans le combi Volkswagen affrété par la station, prennent place un grand reporter amnésique (campé par le toujours excellent Michel Vuillermoz), une jeune présentatrice pleine d’idéaux et choquée par la muflerie de son collègue (Valérie Donzelli, au jeu délicieusement perché), et un preneur de son placide (le méconnu et parfait Patrick Lapp).

Mais en 1974, les grandes ondes sont aussi celles de la révolution, qui dans un mouvement concentrique finit par atteindre ce petit pays du bout de l’Europe sous la coupe d’un régime fasciste depuis quarante ans. Les trois reporters de choc, bientôt rejoints par un jeune traducteur local à la langue fleurie d’expressions marseillaises apprises dans les œuvres de Marcel Pagnol – le film est rempli de ce genre d’idées saugrenues –, choisiront on s’en doute les œillets contre les œillères.

Sans vouloir exagérément rattacher Baier à son pays d’origine – il est trop franc-tireur pour se réclamer d’une identité fixe –, il y a quelque chose dans son art qui tient de l’horlogerie : ses films, quels que soient leur genre, leur budgetou leur format, sont des mécaniques d’une intelligence et d’une précision folles, d’autant plus simples à la visionqu’ils sont complexes à concevoir. Frisant l’anecdotique, flirtant avec le théorique, ils finissent toujours par toucher en plein cœur lorsque, de tic en tac, tout se met en branle par la grâce de la mise en scène : en témoigne ici, par exemple, une fabuleuse scène de musical inattendue.

Avec Les Grandes Ondes…, l’ambition est de retrouver l’esthétique des comédies populaires 70’s, leur liberté de ton et leur appel à l’insubordination (de la comédie italienne à celles réalisées par Pierre Richard), pour donner un peu d’air à une époque, la nôtre, qui en manque cruellement. Le geste n’est pas isolé : c’est peu ou prou le même qui anime,en France, Antonin Peretjatko (La Fille du 14 Juillet) ou, aux Etats-Unis, Adam McKay et Will Ferrell lorsqu’ils font Anchorman.

Peut-être moins punk que ces derniers (son truc, c’est plutôt Gershwin, qu’il convoque ici à foison), Baier teinte en revanche son film d’une opportune mélancolie. Le rire s’y double de la conscience aiguë du temps qui file, subtilisant trop vite les amis et les pères d’élection, broyant sans pitié les souvenirs. 1974, c’était hier, et ça paraît pourtant loin. Sans nostalgie aucune, il faut alors, avance Baier, tenter de les faire revivre par le cinéma (au présent).


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Un été à Osage County (VF & VOST)

Un été à Osage County (VF & VOST)

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Film de John Wells (Etats-Unis - 2013 - 2h01) avec Meryl Streep, Julia Roberts, Juliette Lewis, Benedict Cumberbatch, Ewan Mcgregor, Abigail Breslin...


 

Film proposé en Version Française ou Version Originale Sous-Titrée selon les séances


un ete a osage affiche une En famille on se soutient. En famille on se déchire... Suite à la disparition de leur père, les trois filles Weston se retrouvent après plusieurs années de séparation, dans leur maison familiale. C’est là qu’elles sont à nouveau réunies avec la mère paranoïaque et lunatique qui les a élevées. A cette occasion, des secrets et des rancœurs trop longtemps gardés vont brusquement refaire surface…

 


 

Critique "aVoir-aLire.com"


En Amérique, la famille, c’est sacré… ou presque. Le nouveau film de John Wells (The Company Men ) narre l’histoire des sœurs Weston. Toutes trois ont grandi ensemble, jusqu’à l’âge adulte qui les sépara. Maintenant, elles ont une vie de couple et un quotidien bien ordonné. Mais c’était sans compter sur le suicide brutal de leur père, qui marque des retrouvailles pour le moins mouvementées.
Jadis, Violet, la mère de famille magnifiquement campée par Meryl Streep, était une femme très engagée dans l’éducation de ses enfants, mais pas vraiment aimante, aux dires de ses filles. Rongée par le cancer, solitaire et accro aux médicaments, elle ne semble plus capable de s’occuper d’elle-même et sombre peu à peu dans la folie.Bientôt, la famille se retrouve autour de la table. Cette longue scène de déjeuner est la séquence phare du film, elle contient l’essence même du récit. C’est là que les vieilles rancœurs, les lourds souvenirs d’enfance, les secrets trop longtemps enfouis vont refaire surface. Si le deuil de Beverly, défunt mari de Violet et père des sœurs Weston, tendait implicitement à ramener un semblant de cohésion, de soutien et de fraternité au sein de sa famille, c’est finalement à sa déchirure imminente que le spectateur assiste : le repas se transforme en véritable combat de coqs. Tout le monde se cherche, se pique au vif, s’envoie des vacheries à la figure, teintées d’une sombre ironie. Face à cela, la caméra reste en retrait. En effet, en privilégiant les plans moyens aux plans rapprochés, John Wells crée une certaine distance entre les personnages et le spectateur, et le renvoie à la simple condition de témoin de l’action. Impuissant, il regarde mère et filles s’insulter et se battre. Si cette distance peut paraître frustrante, elle n’en est pas moins importante dans l’esthétique et la réception du film.En vérité, derrière cet humour noir – qui saura, à coup sûr, provoquer les éclats de rire – se cachent des personnages fortement tragiques, une famille fatiguée de tant se déchirer et dont l’été passé ensemble à Osage County ne parvient pas à resserrer – ou plutôt ressouder – les liens. Ainsi, cette comédie dramatique est une enquête remarquable sur le deuil et cette notion complexe qu’est le lien familial.
Au-delà de la dramaturgie, c’est à notre propre condition d’homme, de mère, de père, de fille, de fils que nous renvoie cette histoire grave et touchante qui délivre un véritable hymne à l’amour et à la fraternité. En famille, on se fait du bien, en famille, on peut se faire mal. Mais la douleur, bien que vive, est superflue tant qu’en famille on s’aime.


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Supercondriaque

Supercondriaque

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Film de Dany Boon (France - 2013 - 1h47) avec Dany Boon, Kad Merad, Alice Pol et Judith El Zein...


 

Supercondriaque affiche uneRomain Faubert est un homme seul qui, à bientôt 40 ans, n’a ni femme ni enfant. Le métier qu’il exerce, photographe pour dictionnaire médical en ligne, n’arrange rien à une hypocondrie maladive qui guide son style de vie depuis bien trop longtemps et fait de lui un peureux névropathe. Il a comme seul et véritable ami son médecin traitant, le Docteur Dimitri Zvenska, qui dans un premier temps a le tort de le prendre en affection, ce qu’il regrette aujourd’hui amèrement. Le malade imaginaire est difficilement gérable et Dimitri donnerait tout pour s’en débarrasser définitivement. Le docteur Zvenska pense avoir le remède qui le débarrassera en douceur de Romain Flaubert : l’aider à trouver la femme de sa vie. Il l’invite à des soirées chez lui, l’inscrit sur un site de rencontre, l’oblige à faire du sport, le coach même sur la manière de séduire et de se comporter avec les femmes. Mais découvrir la perle rare qui sera capable de le supporter et qui par amour l’amènera à surmonter enfin son hypocondrie s’avère plus ardu que prévu...

 


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Linnea dans le jardin de Monet

Linnea dans le jardin de Monet

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Film d'animation de Christina Björk & Lena Anderson (Suède - 1992 - 0h30)


 

Linnea affiche uneFilm recommandé à partir de 3 ans

Linnéa, une fillette curieuse, accompagnée de son voisin M. Blom, se rendent en France pour découvrir l’œuvre de Monet et le jardin de Giverny.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 



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