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Samba (Avant-Première et Sortie Nationale)

Samba (Avant-Première et Sortie Nationale)

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Film d'Olivier Nakache et Eric Toledano (France - 2014 - 1h58) avec Charlotte Gainsbourg, Omar Sy, Izia Higelin, Tahar Rahim...






Samba affiche uneSamba, sénégalais en France depuis 10 ans, collectionne les petits boulots ; Alice est une cadre supérieure épuisée par un burn out. Lui essaye par tous les moyens d'obtenir ses papiers, alors qu'elle tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association. Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu'au jour où leurs destins se croisent... Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d'imagination qu'eux ?

 


 

 

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Saint Laurent

Saint Laurent

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Film de Bertrand Bonello (France - 2014 - 2h15) avec Gaspard Ulliel, Jérémie Rénier, Louis Garrel, Léa Seydoux, Amira Casar, Aymeline Valade et Helmut Berger...






Saint Laurent affiche uneInspiré de la vie du grand couturier Yves Saint Laurent, notamment pendant la période 1965/1976 au cours de laquelle la maison Saint Laurent connaît sa fulgurante ascension.

 


 

Critique "Les Inrockuptibles"




1974. Un hall d’hôtel filmé en plan très large à la manière d’une caméra de surveillance, vaste et froid comme un aéroport. Un élégant visiteur, de dos, s’approche du réceptionniste, demande une chambre, indique son nom : “Swann.” “Vous venez pour affaires, M. Swann ?” “Non, je viens pour dormir!” “Je suis si fatiguée, je voudrais dormir mille ans”, disait déjà au début du film une pensionnaire de L’Apollonide. Nous n’avons toujours pas vu son visage. Au plan suivant, toujours de dos, en ombre chinoise, dans sa chambre marronnasse, M. Swann décroche le téléphone : “Bonjour, ici Yves Saint Laurent.” Saint Laurent sera l’histoire d’une identité multiple, d’un homme très fatigué, d’une irrépressible envie de dormir, d’une tension entre se montrer et se cacher, d’un lent mouvement pour regarder (au dernier plan) cet homme en face. Une histoire de Swann aussi. Une histoire de cygne. De signes ? Mais de quoi ce Swann serait-il le signe ?

Un signe proustien en premier lieu, bien sûr. Saint Laurent, grand monomaniaque amoureux, obsédé jusqu’à en dépérir par un sulfureux jeune homme à la moustache diablement proustienne. Comme Odette, Jacques de Bascher n’était-il pas son genre ? Il disparaîtra en tout cas aussi brutalement qu’Albertine. Et après son évaporation, il ne restera à l’amoureux démuni qu’à errer dans la chambre de Proust, dont Pierre Bergé lui avait offert une petite reproduction peinte, et qui dans le dernier tiers du film, le plus mental, le plus onirique, devient un décor réel que traverse le héros.

Tout à son identification au martyre de son idole souffreteuse, le couturier ouvre les draps et se blottit foetalement dans la couche de Proust. Vivre dans La Recherche, souffrir comme le petit Marcel, à la fois grand mondain et handicapé social, enfant éternel et vieillard précoce, c’est le destin fantasmatique que s’est choisi le personnage. Une certaine sensibilité proustienne du temps, une façon de dénouer les fils dramatiques d’un récit pour ne le concevoir que comme un jeu d’échos, de réminiscences, d’associations, c’est la forme qu’a choisie Bertrand Bonello pour son biopic.

Un biopic peu épique, aux antipodes du rise and fall archétypal, plutôt une apnée dans les grands fonds marins d’un psychisme, l’exploration scrupuleuse d’une vie intérieure. C’est peu dire que la beauté du film gît dans sa construction, l’élaboration de son montage, ses images rémanentes, son charivari où s’entremêlent toutes les étapes d’une vie. Le temps n’est pas une flèche, il n’avance pas. Il s’enroule plutôt en anneaux, comme ces serpents qui hantent Saint Laurent la nuit. On est jeune et vieux en même temps. Tout se diffracte dans le grand kaléidoscope, et le film en restitue génialement le perpétuel scintillement.

Un cou tout allongé, une façon malhabile de se tenir les pieds sur terre, mais incomparablement majestueux lorsqu’il glisse dans son habitat aquatique, cet homme est à n’en pas douter un cygne. A propos des costumes de scène qu’il crée pour Zizi Jeanmaire, il dit à sa mère qu’il s’est peut-être un peu trop lâché, qu’il voulait faire disparaître les danseurs sous les plumes blanches, comme s’ils n’allaient plus toucher terre. “C’est toi qui a cessé de toucher terre”, rétorque sa mère.

Tout chez Saint Laurent fait cygne. Particulièrement son agonie. Dans le ballet (La Mort du cygne, d’après Saint-Saëns), le cygne n’en finit pas de mourir. Saint Laurent aussi, toujours déjà blessé, toujours encore survivant. Dès les premières minutes, on croit voir sa dépouille, abandonnée sur un chantier un lendemain de nuit sexuelle et sauvage. Dans la dernière séquence, les éditeurs du quotidien Libération le croient mort et cherchent un titre à sa nécro. Pierre Bergé les détrompe en les conduisant à son atelier. “Bouge un bras, Yves, pour que ces messieurs voient que tu n’es pas mort.” Il sourit étrangement. Quand est-il vraiment mort ? Peut-il vraiment mourir ?

Le film rumine cette énigme, la pétrit dans tous les sens, voltige comme un trapéziste d’une petite mort à une autre, jusqu’à ce devenir-zombie emmuré dans son luxueux sarcophage (sublime Helmut Berger). La mort du cygne est un état permanent. Le film célèbre jusqu’à s’y confondre son chant.

1974. Tandis que Saint Laurent prend un nom d’emprunt pour dormir, le Charles Swann proustien est concurrencé dans son patronyme par un personnage de cinéma qui naît cette année-là : Swan, le méphistophélique patron de Death Records dans Phantom of the Paradise de Brian De Palma. Qui est Swan, cet omnipotent patron qui n’autorise pas son compositeur vedette à mourir car il lui est contractuellement lié ? Une vision horrifique et hallucinée de Pierre Bergé ? N’y a-t-il pas dans cet attelage professionnel et conjugal un pacte faustien, signé dans le sang par-delà la vie et la mort ?

Il y a en tout cas du De Palma dans le film de Bertrand Bonello. Ne serait-ce que par l’époustouflante puissance expressive dans sa façon d’utiliser le split-screen. Que ce soit pour juxtaposer les mutations d’une France en plein choc post-68 et les inventions de la maison Saint Laurent, ou encore dans l’éblouissant défilé 1976, où dans une orgie de turbans et de volants les modèles tournoient de case en case sur un écran découpé comme une toile de Mondrian.

De Palma/Bonello. Une même appréhension de la mise en scène comme pur exercice d’un fétichisme. Avec Saint Laurent, Bonello embrasse tous ses fétiches (la nuit, le Velvet, la drogue, la damnation…) et les entraîne dans une danse macabre, suave, lyrique, et de bout en bout fascinante.


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Sin City : j’ai tué pour elle (VF & VOST)

Sin City : j’ai tué pour elle (VF & VOST)

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Film Frank Miller & Robert Rodriguez (Etats-Unis - 2014 - 1h42) avec Bruce Willis, Mickey Rourke, Christopher Lloyd.......





Sin city 2 affiche une


- Film Interdit aux moins de 12 ans


- Film proposé en Version Française ou en Version Originale Sous-Titrée selon les séances


Dans une ville où la justice est impuissante, les plus désespérés réclament vengeance, et les criminels les plus impitoyables sont poursuivis par des milices.

Marv se demande comment il a fait pour échouer au milieu d'un tas de cadavres. Johnny, jeune joueur sûr de lui, débarque à Sin City et ose affronter la plus redoutable crapule de la ville, le sénateur Roark. Dwight McCarthy vit son ultime face-à-face avec Ava Lord, la femme de ses rêves, mais aussi de ses cauchemars. De son côté, Nancy Callahan est dévastée par le suicide de John Hartigan qui, par son geste, a cherché à la protéger. Enragée et brisée par le chagrin, elle n'aspire plus qu'à assouvir sa soif de vengeance. Elle pourra compter sur Marv…

Tous vont se retrouver au célèbre Kadie's Club Pecos de Sin City…

 

 





 

Critique "aVoir-aLire.com


Sin City, c’est l’efficacité, la beauté et la pertinence réunies en un seul long métrage, à présent deux. Adapté des comics de Franck Miller, qui conserve ainsi à la réalisation la forme caractéristique des bandes dessinées d’origine, le premier volet avait fait sensation. Pour cause, de sombres histoires d’amour meurtries et mortelles, un graphisme plongé dans les ténèbres et ponctué de touches de couleur vives, des acteurs charismatiques et une mise en scène de pointe, le film avait toutes les "cartes" en main pour accéder au succès.

Rien de bien surprenant à ce qu’on reprenne les mêmes et qu’on recommence. Si ce n’est que Franck Miller et Robert Rodriguez ne comptaient pas en rester là. Au même titre que la ville, le film se réinvente dans le fait de perdurer... et d’endurer. Sept ans après le premier épisode, les fameuses cartes sont redistribuées par Johnny, interprété par Joseph Gordon-Levitt, au cœur d’une nuit où se jouent et s’entrecroisent les destinées de chaque personnage. En véritables "gueules cassées", Jessica Alba, Mickey Rourke, Eva Green, Josh Brolin et Bruce Willis complètent le tableau.

Tout est contenu dans le titre : l’affrontement et la passion, souvent dévastateurs. Sculpturale et déifiée, Eva Green n’en incarne pas moins une prédatrice cupide et vénéneuse, qui utilise les hommes pour assouvir sa soif de puissance. Elle devient "la" femme à abattre. Quant à Jessica Alba, si l’utilisation de son corps est considéré comme "sale", son âme reste pure et dévouée à un seul homme, Bruce Willis, dont elle rêve de venger la mort, dont elle espère "tuer pour lui".
Mickey Rourke, sans motivation autre que l’amour de la violence, fait le lien entre ces personnages torturés, telle la représentation du côté sombre qui hante tout un chacun et ne demande qu’à s’exprimer. Seul Joseph Gordon-Levitt rompt avec la continuité du récit puisqu’il court après son père et la prospérité dans un dédale d’événements et de ruelles en vain, de façon presque incohérente et interrompu brutalement, ce qui nous laisse perplexe.

La réalisation, toujours aussi époustouflante, épouse à la perfection la dualité des protagonistes, dans un noir et blanc épuré qui les sublime et les dévalorise à la fois, les renvoyant inexorablement à leur condition humaine. A double tranchant, ce souci de l’esthétisme prononcé à l’extrême instaure une certaine distance. Très stylisées, les images émeuvent peu mais invitent à la réflexion. C’est le parti pris de Sin City.


 

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Brèves de comptoir

Brèves de comptoir

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Film de Jean-Michel Ribes (France - 2014 - 1h40) avec Didier Bénureau, Laurent Gamelon, Yolande Moreau, François Morel, André Dussollier, Chantal Neuwirth, Laurent Stocker, Bruno Solo, Grégory Gadebois...






Breves de comptoir affiche uneUne journée de la vie du Café L’Hirondelle, sur une petite place de banlieue, en face d’un cimetière.
De l’ouverture à 6h30 jusqu’à la fermeture à 22h30, les clients entrent, boivent, parlent, sortent, rerentrent, re-boivent et reparlent de plus belle. Ils composent un drôle d’opéra parlé, une musique tendre et cocasse, un cantique de pensées frappées au coin du plaisir d’être ensemble, un verre de vin blanc à la main. Le génie populaire danse.

 



 

Critique "Télérama"





C'est un bistrot comme on en fait tant, comme on n'en fait plus. Hors temps et hors norme. Un vrai bistrot de cinéma, aussi faux qu'il faut, plus vrai qu'un vrai. Jean-Michel Ribes l'a coincé entre deux fantômes : le réalisme poétique du cinéma français d'avant guerre et la poésie réaliste d'Alain Resnais, dont il a été le collaborateur pour Coeurs. Juste en face du bistrot s'étend, d'ailleurs, un cimetière qui pourrait bien être celui où se réunissent les personnages des deux derniers films de Resnais : Vous n'avez ­encore rien vu ! et Aimer, boire et chanter. Avec l'humour noir qu'on lui connaît, Jean-Michel Ribes fait défiler, à plusieurs reprises, dans la rue qui sépare le bar des tombes, de superbes convois funéraires. Sans doute comme pour rappeler aux soiffards inconscients l'issue fatale et, vu la quantité des boissons qu'ils avalent, extrêmement proche.


Le dialogue n'est fait que des « brèves de comptoir », recueillies, durant des années, par Jean-Marie Gourio, mais on croirait inventées les formules. « L'avenir, je préférais celui d'avant. » « Mon plus grand chagrin d'amour, c'est que personne ne m'aime. » Sans oublier celle-là, vraiment extra : « J'ai joué la date de naissance de ma femme, celle de ma mère, celle de ma fille, j'ai pas eu un seul numéro. C'est vraiment une famille de cons. »


L'habileté du cinéaste, c'est d'avoir su, autour de ces répliques, créer un monde. Cabossé. Excentrique. Peuplé de silhouettes magnifiques : ce peintre (Bruno Solo), de plus en plus hagard à force d'alterner la bière et le blanc. Ou cet irrésistible croque-mort (Laurent Gamelon) versant, en fin de ­journée, dans une démesure digne de W.C. Fields. L'irréalisme frôle, alors, le surréalisme. Quand un chauffeur de taxi massif, flanqué d'un chien minuscule, se voit répondre par la fille qu'il drague qu'elle aimerait avoir de grands pieds parce qu'elle aime les chaussures, on est en plein dada. Et lorsque la patronne, comme saisie de nostalgie, se met à danser face à un vieux client qui titube, ivre d'alcool et de chagrin, on est dans l'émotion pure. Une émotion émotionnante qui se moque d'être légèrement ridicule.


Peu à peu naît l'inquiétude. La nuit est là, le cimetière devient tout proche. Tous les clients, qu'ils soient affreux, sales et méchants ou gentils, purs et ­esseulés, se rapprochent ; ils ne veulent pas quitter ce lieu qui les tue et les sauve... C'est pas simple de boire. C'est pas simple de vivre non plus. Féroce et tendre, le film défend une notion surannée et essentielle : la solidarité.







 

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Un Homme très recherché (VOST)

Un Homme très recherché (VOST)

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Film d'Anton Corbijn (Grande-Bretagne - 2013 - 2h01) avec Rachel Mcadams, Philip Seymour Hoffman, Robin Wright, Willem Dafoe, Grigoriy Dobrygin....





Un homme tres recherche affiche une


- Film proposé en Version Originale Sous-Titrée


Plus de dix ans après les attentats du 11 Septembre 2001, la ville de Hambourg a du mal à se remettre d’avoir abrité une importante cellule terroriste à l’origine des attaques contre le World Trade Center.

Lorsqu'un immigré d'origine russo-tchétchène, ayant subi de terribles sévices, débarque dans la communauté musulmane de Hambourg pour récupérer la fortune mal acquise de son père, les services secrets allemands et américains sont en alerte. Une course contre la montre s'engage alors pour identifier cet homme très recherché : s'agit-il d'une victime ou d'un extrémiste aux intentions destructrices ?

 

 


 

Critique "Télérama"




Tous les films inspirés par John Le Carré se ressemblent. Mise à part une sophistication plus grande dans la manière de surveiller autrui, il y a peu de différences entre L'Espion qui venait du froid, que Martin Ritt tourne en 1966, et l'adaptation par Anton Corbijn d'Un homme très recherché. Même angoisse sourde. Même sens de la dérision chez les héros. Même sens du devoir, aussi, comme si leur patriotisme s'avérait le seul rempart contre un double échec : leur mission et leur vie... Même physiquement, Richard Burton, chez Martin Ritt, et Philip Seymour Hoffman, chez Anton Corbijn, correspondent : lourds, déphasés, alcooliques, cyniques et tristes. Si ce n'est que le premier, gallois, interprétait un Anglais, ce qui était un moindre mal. Alors que le second, américain, incarne un Allemand, ce qui est moins évident, même si Philip Seymour Hoffman (1) savait étonnamment se fondre dans un film tout en l'attirant constamment à lui. Tout de même, lorsque Günther Bachmann —son personnage — rencontre un agent américain (Robin Wright, formidable, elle aussi), on a l'impression d'assister à la naissance d'une compli­cité possible entre clans rivaux soumis à une guéguerre de chefs, plutôt qu'à l'affrontement de deux espions oeuvrant pour leurs pays respectifs. Impression renforcée par la langue de ce film international : tout le monde y parle anglais, même les Allemands entre eux...


A Hambourg, donc, au début des années 2000, débarque un jeune homme hirsute, barbu, le prototype du terroriste à surveiller de près. En fait, musulman pur et dur — pur, surtout —, le jeune Tchétchène cherche, par l'entremise d'une avocate idéaliste (Rachel McAdams), à récupérer l'héritage d'un père russe qu'il hait de tout son être. Günther Bachmann va se servir de sa naïveté et de sa fortune pour piéger un homme d'affaires qui, sous couvert d'associations caritatives, finance le terrorisme international... Tous trahissent. Chacun se piège. Le réalisateur filme une ville automnale et sombre, les taudis où le héros boit avec obstination, ses bureaux qui ressemblent à des bouges, où il travaille avec la même obstination qu'il se soûle. Les êtres qui l'entourent sont beaux — ses deux collaborateurs, le jeune Tchétchène et son avocate — comme si leur beauté était un gage d'innocence dans ce monde sans repères. Pour en conserver un tant soit peu, notre agent se salit les mains, élabore des plans machiavéliques, en déjoue d'autres ; bref, il se démène, il se maintient en vie. On le voit, donc, marcher, s'arrêter, repartir, convaincre l'espionne américaine de lui laisser du temps et le fils de son adversaire de ­berner son père pour mieux le sauver. Le suspense ne faiblit pas, les scènes d'action restent constamment spectaculaires. Mais ce qui passionne, c'est ce suicidaire, appliqué à se détruire, qui sous nos yeux se défait.





 

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3 coeurs

3 coeurs

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Film de Benoît Jacquot (France - 2014 - 1h46) avec Charlotte Gainsbourg, Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni, Benoît Poelvoorde...






3 coeurs affiche uneDans une ville de province, une nuit, Marc rencontre Sylvie alors qu’il a raté le train pour retourner à Paris. Ils errent dans les rues jusqu’au matin, parlant de tout sauf d’eux- mêmes, dans un accord rare.
Quand Marc prend le premier train, il donne à Sylvie un rendez-vous, à Paris, quelques jours après. Ils ne savent donc rien l’un de l’autre, et c’est bien plus qu’un jeu, c’est comme ça. Sylvie ira à ce rendez-vous, et Marc, par malheur, non. Il la cherchera et trouvera une autre, Sophie, sans savoir qu’elle est la sœur de Sylvie. Marc et Sylvie se retrouveront, leur accord sans pareil n’aura pas disparu, c’est trop tard.

 


 

Critique "Les Inrockuptibles"




Pour son avant-dernier film et ultime grand œuvre, La Femme d’à côté (1981), François Truffaut avait inventé le personnage de Mme Jouve, interprété par Véronique Silver : une femme mûre, portant sur son corps les traces d’une ancienne passion, qui voit et comprend tout, véritable radar amoureux, alors qu’elle a elle-même quitté la table depuis fort longtemps. Ce personnage sublime, à la fois témoin muet et coryphée, Benoît Jacquot se l’approprie et l’offre à Catherine Deneuve, reine mère aux aguets, à laquelle personne ne dit rien mais qui devine tout.

Mais qu’y a-t-il à comprendre, au juste ? Que chaque rencontre amoureuse est un miracle, un moment suspendu, risque maximum et gain peut-être infini, une nuit pascalienne, littéralement hors sol, telle que l’éprouvent Benoît Poelvoorde et Charlotte Gainsbourg dans le premier mouvement du film.

Après, pour que le mélodrame s’enclenche, encore faut-il que la vraie vie vaille la peine d’être menée, plus écrin que corset, passionnante et complète, pas plus aliénante qu’une autre, mais hantée par les objets et les signes d’un glissement de terrain toujours possible. Le point essentiel, celui que le film respecte à la lettre, c’est que ce n’est la faute de personne.

C’est comme ça, ce sont des choses qui arrivent, et il n’y a pas de coupables, à peine de deus ex machina. Dans Elle et lui (Leo McCarey, 1957), l’héroïne avait la tête ailleurs, déjà dans les nuages, rendant inévitable la collision avec le taxi ; ici, notre publicain a le cœur qui flanche au plus mauvais moment.

Plus que le feu sous la glace avant l’inévitable explosion, trame classique, Jacquot filme l’évitement et la contention. Et c’est cela le plus admirable, cette façon magistrale d’orchestrer des regards et des frôlements, autant d’esquisses de gestes aussitôt déniées, des amoureux qui se retiennent autant qu’ils peuvent, non parce que la société et ses conventions les y contraignent sous peine de scandale et d’exclusion, mais parce qu’ils savent – surtout elle – qu’ils risquent de détruire leur être le plus essentiel. Et que cela ne se peut pas.

D’où ce curieux sentiment d’inéluctable, évidemment propre au mélodrame, la certitude que tout cela se terminera très mal et qu’il manquera toujours la pièce manquante, qu’aucun éclaircissement ne suffira à dénouer l’implacable mécanisme de la tragédie. Puisque personne n’est coupable.

Benoît Jacquot filme donc deux comédiens hantés par autre chose que ce qu’ils font à l’écran et qui n’ont pas le droit de se trahir. Qui flottent entre leurs vies matérielles et les ectoplasmes persistants de la nuit de leur rencontre. “On dirait deux fantômes…”, remarque celle qui les aime tous deux, ça se voit donc un peu, malgré tous leurs efforts. Ce constant décalage mâtine le film de fantastique, du miroir de la disparue à son visage atterré via Skype, motif classique du romantisme noir et expérimentation ultra contemporaine, qui ne font que rehausser la précision naturaliste de ces scènes de la vie de province. C’est rare qu’un film gagne ainsi sur tous les tableaux qu’il s’est choisis.


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Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu?

Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu?

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Film de Philippe De Chauveron (France - 2014 - 1h37) avec Christian Clavier, Chantal Lauby, Ary Abittan, Frédérique Bel, Medi Sadoun, Frédéric Chau, Noom Diawara, Julia Piaton, Emilie Caen, Elodie Fontan...






qu'est qu'on a fait affiche uneClaude et Marie Verneuil, issus de la grande bourgeoisie provinciale, sont des parents traditionnels. Mais charité chrétienne avant tout, ils se sont toujours obligés à faire preuve d'ouverture d'esprit.

Quand leurs filles chéries ont pris l'une après l'autre pour époux des hommes d'origines et de confessions diverses, les pilules furent bien difficiles à avaler. Mais pour rien au monde ils ne s'avoueraient racistes... d'ailleurs ils ne le sont pas, c'est contre leurs valeurs !

Leurs espoirs de voir enfin l'une d'elles se marier à l'église se cristallisent donc sur la cadette, qui, alléluia, vient de rencontrer un bon catholique.

Catholique, certes, mais d'origine ivoirienne...

 


 

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L’institutrice (VOST)

L’institutrice (VOST)

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Film de Nadav Lapid (Israël - 2014 - 1h59) avec Sarit Larry....





Institutrice affiche une


- Film proposé en Version Originale Sous-Titrée




Une institutrice décèle chez un enfant de 5 ans un don prodigieux pour la poésie. Subjuguée par ce petit garçon, elle décide de prendre soin de son talent, envers et contre tous.


 

 

 



 

Critique "La Croix"





Il y a des films dont le premier plan a valeur de programme. L’institutrice est de ceux-là. On y voit une femme qui, après avoir regardé un instant et sans enthousiasme une émission de divertissement à la demande de son mari, s’éloigne, entraînant la caméra à sa suite, jusqu’au petit bureau où elle tâche d’écrire malgré le bruit de la télévision.

Nira, institutrice dans une école maternelle, est passionnée de poésie. Pas une passion éthérée ni académique, mais une passion viscérale, urgente, qu’exprime son regard fiévreux. Elle souffre de vivre dans une société israélienne qui, selon elle, « déteste les poètes », valorise l’argent et le prestige social. Cette mère de famille n’a que trop conscience qu’elle est elle-même atteinte d’un mal condamnant ses mots à la banalité ou la prétention. Coupée de sa propre créativité, elle découvre qu’un de ses élèves, Yoav, a un don. Plusieurs fois par semaine, le garçonnet de cinq ans déclame d’une traite l’une de ses créations avant de replonger dans son mutisme et ses jeux d’enfant.

Pour Nira, cette découverte est une convocation. Une poésie pure, que n’a pas entachée l’atmosphère empuantie qui l’oppresse, se perd sans que personne, pas même la nounou, ne s’y intéresse vraiment. Il est de son devoir de recueillir ces mots, de comprendre d’où ils viennent et de préserver l’enfant de l’indifférence de son entourage. Qu’importe s’il lui faut pour cela mentir, dénoncer ou tromper, la voix de Yoav sera entendue et reconnue grâce à elle, l’institutrice.

Ce film de Nadav Lapid, qui a lui-même écrit ces poèmes entre quatre et sept ans, offre une belle leçon de mise en scène. La poésie des mots fait écho à celle des mouvements de caméra, comme celui suivant le parcours trois fois répété de Yoav et son ami dans la cour de récréation, arbitraire, libre et fluide. Les jeunes acteurs s’approchent parfois si près de la caméra qu’ils la heurtent. Mais leur mystère reste entier. Yoav ne semble pas faire de différence entre ses poèmes et les slogans brutaux d’une équipe de foot. S’il s’ouvre un instant à sa protectrice, c’est pour mieux se dérober et peut-être la manipuler par la suite.

Le jeune Avi Shna Idnam incarne cette innocence ambiguë face à une Nira (Sarit Larry) non moins trouble et magnifique. Et l’opposition qu’on aurait pu craindre simpliste entre matérialisme vulgaire et élan spirituel se complexifie lorsque Yoav et son institutrice se confrontent à une communauté artistique tout aussi égocentrique et vaine.



 

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Les Fantastiques livres volants de M. Morris Lessmore

Les Fantastiques livres volants de M. Morris Lessmore

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programme de cinq courts-métrages sur le thème de l’imaginaire et de l’imagination (2014 - 050)





Les fantastiques livres affiche une- Film du Cycle "Cine-Mômes" : Tarif unique : 4€


- Recommandé à partir de 3 ans


M. Hublot - De Laurent Witz et coréalisé par Alexandre Espigares - France - 11min48 (Oscar du meilleur court-métrage d’animation 2014)
M. Hublot déteste le changement et les imprévus. L’arrivée d’un chien-robot va chambouler ses habitudes, car le voilà contraint de cohabiter avec un nouveau compagnon très envahissant.

Le Petit Blond Avec Un Mouton Blanc d'Eloi Henriod - France - 9 min
C’est la rentrée des classes. Le petit Pierre s’évade de la grisaille de l’école à l’occasion d’une rédaction: il se replonge alors dans les souvenirs joyeux de ses vacances en compagnie de... son mouton.

Dripped de Léo Verrier - France - 8min22
Début des années 50 à New York. Jack, un passionné de peinture, écume les musées de la ville pour y voler des tableaux, qu’il dévore pour s’imprégner de leur essence artistique. Mais à trop en manger, les tableaux se font rares et il devra lui-même mettre la main à la peinture pour survivre.

Luminaris de Juan Pablo Zaramella - Argentine - 6min15
Dans un monde dirigé et chronométré par la lumière, un homme ordinaire met en place un plan qui pourrait changer le déroulement normal des choses.

Les Fantastiques Livres Volants De M. Morris Lessmore de William Joyce et Brandon Oldenburg - États-Unis - 14min49
Alors que monsieur Morris Lessmore est en train d’écrire ses mémoires chez lui, une brusque tempête fait rage et l’emporte dans un lointain pays où les livres ont pris vie et lui racontent une grande histoire.

 

 




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